Beyrouth, le 31 aout – Quatre ans après son arrestation dans le cadre de l’attentat perpétré contre l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, l’ancien directeur de la Sûreté Générale général Jamil El Sayyed s’en est pris contre le Premier ministre désigné Hariri et ses alliés politiques, se demandant comment est-il possible de croire que le Tribunal spécial pour le Liban n’est pas politisé tant que le magistrat Detlev Mehlis et sa commission ainsi que tous ceux qui s’occupaient de l’enquête du temps de Mehlis et qui ont présenté des documents falsifiés durant quatre ans, n’ont toujours pas poursuivis et jugé.
Qualifiant le juge Said Mirza ainsi que « le gouvernement qui garde dans ses rangs le magistrat Sakr Sakr » de « criminels », Sayyed a également accusé Marwan Hamadé, Johnny Abdo, Hani Hammoud, Fares Khachane, Wissam el-Hassan, et Samir Chehadé, qui sont tous proches de Saad Hariri, d’avoir fabriqué de « faux-témoins ».
S’adressant à Saad Hariri, Jamil Sayyed a estimé qu’il est inacceptable que ce dernier puisse évoquer le nom du Tribunal International avant d’ouvrir une enquête afin de voir qui est derrière les faux-témoins qui ont été pris en considérations.
Le général Sayyed a souligné que les trois généraux et lui sont innocents du sang de Rafic Hariri beaucoup plus que son propre fils Saad Hariri, qu’il accuse d’être l’assassin de son père jusqu’à ce qu’il affirme que son équipe est responsable des faux témoignage qui ont induit la justice en erreur, expliquant que le Premier ministre désigné a accepté la falsification et la ruine du pays pendant une période de quatre ans.
Rappelant que la détention des quatre généraux et le fait de les avoir accusés d’être impliqués dans l’assassinat de Rafic Hariri avaient été basés sur les faux témoignages de Mohamed Zouheir Siddik, sans oublier ceux de Houssam Houssam, d’Ibrahim Jarjoura, d’Abdelbasset Bani Audi et d’Ahmed Merhi, Sayyed a décrit Mehlis de « maudit », et a indiqué qu’il a porté plainte contre lui et contre Johnny Abdo auprès de la justice française.
Evoquant le chef du PSP et député Joumblatt, Sayyed a indiqué que ce dernier voulait pendre les généraux pour que leurs familles perdent des larmes de sang, ajoutant que depuis sa libération, Joumblatt n’a plus abordé un tel sujet. « Pourquoi Joumblatt ne tire pas l’oreille à Marwan Hamadé ? » a-t-il dit, signalant que Hamadé est même arrivé à célébrer l’anniversaire de Mehlis dans son domicile.
Se déclarant déçu par les paroles du Mufti de la République Mohamed Kabbani qui ne ratait aucune occasion pour railler les quatre généraux et leurs familles, Sayyed s’est demandé où peut être Dieu dans ses paroles lorsqu’il menaçait d’une révolution populaire au cas où le magistrat Elias Eid libèrerait les quatre généraux.
Abordant le sujet des extrémistes détenus dans les prisons libanaises, Jamil Sayyed a affirmé qu’ils sont traités d’une façon très spéciale, révélant que le magistrat Mirza a permis qu’ils puissent détenir des téléphones portables « pour le business », et que ces fondamentalistes sont « vendus » aux Etats-Unis afin de collaborer à des missions spéciales.
Estimant que l’ancien Premier ministre Rafic Hariri a été tué à trois reprises, le 14 février 2005 physiquement, le 30 aout 2005 par les faux-témoignages de la part de l’équipe politique, sécuritaire et médiatique proche de Saad Hariri, et le 29 avril 2009 lorsque le Tribunal International a déjoué le complot des faux témoins et que Saad Hariri refuse de juger tous ceux qui ont présenté de fausses dépositions.
Déplorant l’état dans lequel se trouvent les institutions étatiques, Sayyed a estimé que le président de la République actuel a été élu pour être commandé par les autres, lui rappelant ses multiples exploits lorsqu’il était à la tête de l’Armée libanaise, et l’appelant à se démettre de ses fonctions si son poste le rend prisonnier des accords de Taëf.
Enfin, Sayyed a remercié le patriarche maronite pour avoir été le seul à plaider en faveur des quatre généraux lors de leur détention.
Libnanews



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