A l’issue de la réunion hebdomadaire du bloc parlementaire de la Réforme et du Changement, l’ancien premier ministre Michel Aoun a répondu aux différentes accusations portées par l’ancienne majorité du 14 Mars au sujet des armes du Hezbollah.

« Nous savons par Wikileaks que l’opération du 5 Mai (NDLR : lors de la tentative de démentelement du réseau de télécommunication du Hezbollah) était contre nous et, Dieu merci, nous en sommes victorieux », a déclaré le Général Michel Aoun, qui avait auparavant fait allusion à une dépêche de Wikileaks concernant une réunion entre l’ambassadrice américaine et le ministre des télécoms Marwan Hamadé et d’un possible complot face à l’alliance politique entre le CPL et le Hezbollah.

Le dirigeant chrétien a également abordé la question des prérogatives du président de la république Michel Sleiman, indiquant qu’il n’existe pas de loi fixant le nombre de candidats qu’il pourra posséder au sein d’un gouvernement à constituer. Michel Aoun s’est cependant prononcé en faveur de l’adoption d’un cadre légal permettant au locataire du Palais de Baabda de surveiller la formation d’un gouvernement dans le cadre de la constitution libanaise. « La représentation des communauté était injuste et inconstitutionnelle dans l’ancien gouvernement (Saad Hariri). L’autorité du président n’était pas respectée sous le mandat de Saad Hariri et l’irrespect continue, a-t-il poursuivi.

Abordant la question de la formation du gouvernement Nagib Mikati, le député Michel Aoun a réfuté les accusations portées par l’ancienne majorité et nouvelle opposition du 14 Mars, de coup d’état, indiquant que la paralysie du précédent gouvernement, allusion au refus du premier ministre Saad Hariri de voter sur la question des faux témoignages ayant émaillé l’enquête sur l’assassinat de l’ancien premier ministre, a amené à la démission des ministres proches de l’actuelle majorité.

« Nous ne demandons pas l’impossible », estime l’ancien premier ministre, avant d’indiquer que le député Walid Joumblatt a adopté une stature neutre depuis 2009. « Il a voté en notre faveur lors des consultations parlementaires, et nous pouvons en conclure qu’il s’agit d’une opération constitutionnelle et non un coup d’état », a-t-il déclaré à ce sujet, accusant le camp du 14 Mars d’être « un cas d’Alzheimer » et indiquant que ce dernier doit admettre d’avoir été battu démocratiquement.

L’ancien premier ministre a également accusé l’Occident de soutenir, sous couvert de la liberté et de la démocratie, des gens corrupus, rappelant que le ministère des finances ne verse pas les compensations normalement dûes à l’armée libanaise. Le Général s’est déclaré en faveur de l’ouverture des dossiers judiciaires, défiant quiconque de recourir à la rue.

« Ceux qui descendent dans la rue, défendent ceux qui nous ont volé ».

Concluant sur la polémique concernant les armes du Hezbollah, le Général Aoun rappelle que les principaux partis du 14 Mars ont coexisté avec ces dernières depuis 1990, s’interrogeant sur le sort du Liban sans la Résistance face à Israël.

Sur le Net:

HAMADEH PREPARES INTERNAL CAMPAIGN (Wikileaks)

HAMADEH PREPARES INTERNAL CAMPAIGN