President Michel Aoun meets Minister Hector Hajjar. Photo crédit Dalati & Nohra

Plus de 500 000 personnes se sont déjà enregistrées sur la plateforme Daam mise en place au bénéfice des personnes les plus touchées par la crise économique, indique le ministre des affaires sociales Hector Hajjar à l’issue d’une réunion avec le président de la république, le général Michel Aoun, alors que le délai d’enregistrement s’achève le 31 janvier à minuit.

Les paiements en dollar devraient débuté dès mars, précise le ministre, après que le processus de vérification des personnes répondant aux critères d’attribution de l’aide puisse être achevé.

Ce programme – dont le coût annuel est estimé à 1.6 milliards de dollars – était longtemps attendu par la population libanaise dont 82% vivrait désormais sous le seuil de pauvreté, estime les auteurs d’un rapport de l’ONU et devait être mis en place avant la levée des subventions pour un montant annuel de 6 milliards de dollars mais moins ciblées par rapport aux populations plus vulnérables accordées jusqu’en septembre dernier via la Banque du Liban aux produits de première nécessité comme le blé au bénéfice des minoteries locales, des médicaments et de l’essence. Depuis la fin de ces subventions, les prix des produits essentiels ont fortement augmenté, induisant une détérioration accrue du pouvoir d’achat.

Il a été retardé d’abord par le refus de la Banque du Liban à permettre le versement de l’aide financé par la Banque Mondiale directement en dollar ou en équivalent en livre libanaise à parité réelle, c’est -à-dire à l’époque sur base du taux au marché noir, lui préférant un taux de parité de 6 450 LL/USD comme ce qui était le cas pour l’aide internationale aux réfugiés syriens, la différence bénéficiant ainsi à certains établissements bancaires.

Ainsi, en juin dernier, la fondation Thomson Reuters estimaient que les banques libanaises auraient bénéficié de 250 millions de dollars de l’aide destinée aux réfugiés et aux personnes vulnérables face à la crise économique. Les établissements bancaires auraient ainsi perçu ces sommes via la différence entre taux de change officiel et taux de change parallèles mis en place par la Banque du Liban, soulignerait un rapport interne aux Nations-Unies. Ainsi, si l’aide internationale versée aux réfugiés syriens était de 27 USD par mois soit 40 500 LL avant la mise en place de taux de change parallèles, celle-ci n’équivaudrait aujourd’hui plus qu`à 7 USD soit 100 000 LL/USD versés par mois par les banques, cette différence étant au bénéfice du secteur financier pourtant très critiqué au Liban.

Face à cela, des interrogations portent toujours concernant le financement de ce programme via la Banque du Liban et non la Banque Mondiale qui s’est montrée ferme à ce sujet.

Par ailleurs, le programme de rationnement a également fait l’objet d’une controverse concernant l’attribution de l’aide. Précédemment à la mise en place de la plateforme, les bénéficiaires, qui doivent désormais accepter la levée du secret bancaire de leurs comptes, étaient précédemment enregistrés par les autorités municipales locales. Certaines personnes qui devaient en bénéficier essuyaient ainsi le refus des autorités locales et d’autres qui ne répondaient pas aux critères d’attribution étaient pourtant enregistrés par elles. Le gouvernement d’alors avait chargé l’Armée Libanaise de vérifier le processus d’attribution au niveau local avant de finalement abandonner et de lui préférer un système de plateforme électronique.

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