Le siège de l'Association des Banques du Liban (ABL). Crédit Photo: NNA.

Le 16 février dernier, le chef du parti des Forces libanaises (FL) Samir Geagea avait stigmatisé la volonté de la procureure du Mont-Liban la juge Ghada Aoun de faire comparaitre la veille le gouverneur de la Banque du Liban (BDL) Riad Salamé de destruction des institutions de l’Etat. Par son soutien affiché à Riad Salamé, Samir Geagea a prouvé qu’il appartient bien au parti des banques. 

De même que Michel Mecattaf, agent de change et principal transporteur de devises étrangères (depuis et vers le Liban, principalement pour le compte des banques). Mecattaf est l’ex-gendre d’Amine Gemayel. C’est également un ancien cadre du parti Kataëb, et il était la tête de liste du Parti des FL aux dernières élections législatives de 2018 au Metn-Nord. 

Le député du Chouf et vice-président du parti des FL Georges Adwan a assuré il y a moins d’un an que les dépôts bancaires « n’ont pas disparu », que l’argent reviendra et que le système bancaire libre sera maintenu mais a surtout limité dans le temps la levée du secret bancaire sur les comptes de la BDL afin d’entraver l’audit juricomptable des comptes de la banque centrale par le cabinet Alvarez & Marsal. 

Le chef du parti Kataëb Samy Gemayel et son cousin Nadim Gemayel vont s’allier aux élections législatives avec les candidats soutenus par l’actionnaire de la banque SGBL Antoun Sehnaoui et confirment ainsi leur appartenance au parti des banques. 

Le chef du courant Marada Sleiman Frangié est quant à lui un allié du chef du mouvement Amal et Président du Parlement Nabih Berri, la principale figure politique du parti des banques. 

Le président de la Commission des Finances et du Budget Ibrahim Kanaan (membre du Courant patriotique libre fondé par le Président de la République Michel Aoun et dirigé par Gébran Bassil), le rapporteur Nicolas Nahas (membre du mouvement Azem et conseiller économique du Premier ministre Najib Mikati, actionnaire de banque) et les autres membres de cette commission parlementaire ont saboté le plan Lazard devant sortir le Liban de la crise financière, accepté par le Président Aoun, le gouvernement Diab et le Fonds monétaire international (FMI) pour démarrer les négociations avec le gouvernement libanais mais refusé par le gouverneur de la BDL et l’Association des banques du Liban (ABL) dirigée par Sélim Sfeir, actionnaire et patron de Bank of Beirut. La commission s’est ainsi montrée comme un organe important du parti des banques. 

Le président de l’Association des commerçants de Beyrouth, vice-président de Cedrus Bank et candidat malheureux aux législatives sur la liste du Courant patriotique libre (CPL) à Beyrouth, avait surnommé le plan Lazard de « plan de faillite financière », s’en était d’ailleurs virulemment pris à Nehmé (ex-patron des banques BLC Bank et de Bankmed) alors ministre de l’Economie et du Commerce et avait défendu les idées du parti des banques. Le crime de Raoul Nehmé ? Avoir été l’un des principaux contributeurs du plan Lazard avec notamment Alain Bifani alors directeur général du ministère des Finances et Henri Chaoul alors conseiller du ministre des Finances.

Enfin, le conseiller aux affaires russes du Président de la République et ancien député CPL de Jezzine Amal Abou Zeid est le cofondateur et président de Money Transfer s.a.l (OMT), agent libanais de Western Union, et a obtenu des faveurs de Riad Salamé d’après Mégaphone[1].  

Le gouverneur de la BDL a aussi le soutien indéfectible de Séjean Azzi, le conseiller du patriarche maronite Béchara Rai.  Cela explique le positionnement du patriarche maronite vis-à-vis de Riad Salamé et confirme l’appartenance de Séjean Azzi au parti des banques. 

Le vice-président du Parlement Elie Ferzli, actionnaire de la banque IBL et allié de Nabih Berri, a lui-même déclaré dans une émission télévisée : « Oui, nous sommes le parti des Banques ! » 

Samir Geagea, Samy Gemayel et Sleiman Frangié ou encore dans une moindre mesure Antoun Sehnaoui se présentent comme des figures contre le pouvoir, comprendre contre Michel Aoun, alors que, constitutionnellement, le vrai pouvoir n’est pas entre les mains du Président de la République quel qu’il soit mais entre celles d’une bureaucratie à laquelle ils appartiennent eux et qui a autorisé le Hezbollah à rester armé au moment de l’accord de Taëf et a confié le pouvoir exécutif au gouvernement et à son chef, le pouvoir législatif au Parlement et à son chef et le pouvoir judiciaire pénal au procureur général près la Cour de Cassation. Malgré ses critiques contre Riad Salamé, le Hezbollah s’est même avéré plus proche de la bureaucratie et notamment de Nabih Berri que de Michel Aoun et du CPL. 

Pour être complet, il est important de rappeler que le cofondateur des Forces libanaises Fouad Abou Nader a soutenu le plan Lazard et s’oppose donc au parti des banques et veut que l’Etat libanais dispose du monopole des armes sur l’ensemble du territoire. 

[1] https://www.facebook.com/MegaphoneNews/videos/363059488970158

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