Le ministre de l’information, Georges Cordahi, a confirmé quitter son poste, lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée ce vendredi à 13 heures.

Il indique avoir accepté de démissionner à la demande de la France dont le président Emmanuel Macron devrait entamer une tournée dans la péninsule. Le Président Français aurait ainsi estimé que cette démission est nécessaire afin d’évoquer le dossier libanais avec les autorités saoudiennes.

Précédememnt, le désormais ancien ministre de l’information avait dénoncé la campagne lancée contre lui dans les médias et les médias sociaux, décrivant ses propos comme un crime contre l’Arabie saoudite. Cette campagne comportait des insultes à son égard et à l’écard de sa famille, estime-t-il également.

Comment prétendre que tout un peuple est responsable de ce que j’ai dis avec sincérité et amour. Par conséquent, j’ai trouvé logique de ne pas démissioner sous cette injustice délibérée, parce que le Liban ne mérite pas un traitement pareil même en dépit des difficultés actuelles et apparait comme un état faible.

Georges Cordahi

Cependant, les nouveaux développement à ce sujet l’amènent à prendre cette décision, note le ministre, qui estime également que la guerre du Yémen devrait un jour s’achever et que les protagonistes seront assis à la même table. “Ils se souviendront alors qu’un homme au Liban a demandé la fin de la guerre au Yémen”, conclu à ce sujet Georges Cordahi.

J’ai décidé d’abandonner mon poste de ministre parce que le Liban est plus important que moi, et je n’accepte pas qu’on me serve de prétexte pour nuire aux Libanais des pays du Golfe car les intérêts de mon pays et de mes proches sont au dessus de mes intérêts personnels

Georges Cordahi

“J’espère que ma démission pourra ouvrir la voie à de meilleures relations avec les états du golfe, poursuit Georges Cordahi, estimant que son poste au gouvernement était inutile et donc qu’il peut quitter le gouvernement actuel. Il a aussi conclu en disant ignorer s’il se représentera comme candidat aux prochaines élections parlementaires.

Précédemment à cette conférence, le ministre de l’information avait présenté sa démission au président de la république, le général Michel Aoun, et au premier ministre Najib Mikati, ce dernier lui ayant demandé hier de démissionner.

Najib Mikati aurait été lui même informé par le président français, Emmanuel Macron, que seule la démission du ministre de l’information pourrait aboutir à des résultats tangibles dans la crise diplomatique entre le Liban et l’Arabie saoudite. Ce dernier devrait évoquer ce dossier lors de sa tournée qu’il entamera dans la péninsule arabique dès le 4 décembre, tournée au cours de laquelle il devrait rencontrer le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane.

Le ministre de l’information devrait tenir une conférence de presse vers 13 heures pour l’annoncer officiellement. Il pourrait s’agir de la première étape en vue d’un règlement des multiples crises politiques que traverse actuellement le Liban. 

Cette démission constituait une demande préalable de l’Arabie saoudite en vue de régulariser les relations diplomatiques entre les 2 pays. 

Pour rappel, Georges Cordahi avait accusé l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis d’agression contre le Yémen, allusion aux opérations militaires saoudiennes et émiratis qui visent depuis 2014 principalement les rebelles chiites houthis dans une interview diffusée le 5 août dernier. Le ministre libanais a depuis reconnu “sa faute”, estimant qu’il fallait replacer ses propos dans le contexte “d’amour” au peuple saoudien et yéménite. 

Pour sa part, l’Arabie saoudite avait considéré alors ces propos comme une insulte à son égard, rappelant que Riyad considère les houthis – soutenus par l’Iran – comme une menace à la sécurité et à la stabilité régionale. Le royaume avait alors renvoyé l’ambassadeur du Liban et rappelé son ambassadeur au Liban. Par ailleurs, l’Arabie saoudite avait interrompu l’octroi de visas aux ressortissants libanais sauf ceux déjà résidant sur son territoire et annoncé une série de mesures de rétorsion comme l’arrêt des importations libanaises. 

D’autres pays comme les Émirats arabes unis, le Koweit et Bahrein avaient suivi Riyad dans ce bras-de-fer. 

Pour sa part, Georges Cordahi était soutenu localement par le mouvement Marada auquel il appartient, le mouvement Amal et le Hezbollah qui refusaient sa démission.

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