Riad Salamé sur Al Hadath, 24 mai 2021

Le procureur de la république, le juge Ghassan Oweidat aurait demandé le gel des biens du gouverneur de la Banque du Liban en Europe, indique-t-on de source médiatique, une décision toutefois tardive après que la France, l’Allemagne ou encore la Belgique et le Luxembourg ont déjà décidé d’une telle mesure, il y a 2 semaines, dans le cadre de l’enquête portant sur le détournement de plus de 300 millions de dollars.

Cette mesure intervient alors que le procureur de la république, un proche de Saad Hariri comme Riad Salamé, avait été jusqu’à présent mis en place des mesures visant à protéger ce dernier face à la justice libanaise et à la demande du premier ministre Najib Mikati, jusqu’à être accusé d’entrave à la justice par ses homologues étrangers. Selon les observateurs, le procureur de la république considère aujourd’hui déjà Riad Salamé comme un homme du passé et tente ainsi de protéger les autres acteurs financiers également impliqués dans l’enquête comme les dirigeants de banques locales.

En effet, dans le cadre de cette même affaire, 6 banques et leurs dirigeants dont Salim Sfeir lui-même, président de la Bank of Beirut et de l’Association des Banques du Liban, font l’objet d’une enquête au Liban et d’un gel de leurs avoirs. Des demandes d’information à leur sujet ont été jusqu’à présent repoussées par le procureur de la république, le juge Ghassan Oweidat.

Cette décision confirme les pressions actuellement intenses qui visent les autorités judiciaires libanaises, alors que le frère de Riad Salamé, Raja, qui est actuellement résidant dans la prison de Baabda jusqu’au paiement d’une caution de 500 milliards de livres libanaises soit 20 millions de dollars au marché noir, aurait déjà avoué les faits qui lui sont reprochés. Pour sa part, Riad Salamé ne s’est pas présenté ce jeudi à son rendez-vous avec le juge Nicolas Mansour en charge de l’enquête.

Les sont tous 2 accusés d’avoir détourné 326 millions de dollars sous couvert de commissions via la vente d’Eurobonds de la Banque du Liban. Cependant, ces montants auraient été transférés à un compte au nom de Raja Salamé en Suisse.

Selon les termes du contrat, Forry Estate recevait ainsi une commission des 3/8ème des 1% commissions sur l’achat des certificats de dépôts de l’état via la Banque du Liban par les banques privées entre 2004 et 2014. Ces montants qui atteignaient ainsi ensuite plusieurs millions de dollars étaient reversés et redistribués, selon les aveux même de Riad Salamé, en connaissance de la commission centrale de la Banque du Liban.  

Ainsi, en novembre dernier, la justice française, suisse auxquelles s’est jointe la justice luxembougeoise mais également libanaise soupçonnait que ces biens qui ont été perquisitionnés – dont un appartement situé avenue des Champs Elysée et loué par la BdL, appartenant à Anna Kozakova, qui autre que la mère de la fille depuis reconnue par Riad Salamé – avaient été achetés via 300 millions de dollars détournés de la Banque du Liban au profit d’une société appartenant aux frères Salamé.  En Suisse, des commissions à hauteur de 247 millions de dollars auraient été ainsi versées le 6 avril 2002 en retour sur le compte personnel de Raja Salamé. 207 millions auraient été ensuite versés aux bénéficiaires de comptes dans les banques Bankmed, la Banque Misr Liban, le Crédit Libanais, la Banque Audi et la Banque Saradar au titre de “dépenses personnelles”. Le gouverneur de la BdL lui-même aurait reçu plus de 7 millions de dollars en provenance du compte HSBC de Forry Associates. Le 5 avril 2012, Riad Salamé aurait demandé à la banque zurichoise de transférer des obligations du trésor libanais à hauteur de 153 millions de dollars à la Banque Audi Suisse à Beyrouth “avec une signature personnelle”, entrainant les autorités suisses à surveiller les mouvements de ces comptes, confirmant selon les enquêteurs leurs soupçons concernant des détournements de fonds.  

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