« I CHOSE HAPPY »

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Trois mots, seulement trois mots pour définir un motto qui sera la dynamique de la vie de Carole Nader, ‘’thérapeute de vie’’ et co-fondatrice de l’association « Happy Childhood Foundation ». Après un parcours riche en évènements marquants qui ont forgé son déterminisme, c’est en discutant avec cette âme bienveillante que, spontanément, je lui propose d’écrire son expérience inspirante pour la partager. Ce billet a pour intention d’offrir un brin d’optimisme, le temps d’une lecture, en éloignant cette buée opaque de négativisme que nous servent tous les jours les médias. Je vous propose, à travers ces quelques lignes, de rencontrer cette femme au parcours brillant mais semé d’embuches et de découvrir sa vision de la résilience.

MORCEAU DE VIE 

Animée par un altruisme constant et motivée par l’amour de l’Autre, Carole Nader rêve de devenir neurochirurgien pour enfants mais y renonce pour ne pas avoir à annoncer à des parents la mort de leurs enfants, l’ironie du sort se trouve dans les lignes plus bas… 

Le 31 juillet 2009, sa vie bascule. Son fils Philippe, alors âgé de 11 ans, décède accidentellement.  « C’est l’évènement le plus marquant et le plus anéantissant de toute mon existence », me confie Carole. Elle raconte s’être sentie complètement vidée, détruite, et au lieu de sombrer dans une torpeur infernale dont elle ne serait jamais sortie, elle fait le choix de prendre cette épreuve que lui impose la vie pour se reconstruire, pour se « remplir à nouveau » en décidant « quoi mettre dans mon nouveau-moi ». En d’autres termes, elle choisit l’amour plutôt que la haine, l’empathie plutôt que l’aigreur, le bonheur plutôt que la tristesse. « J’ai décidé que ma souffrance ne servirait pas à rien, je la mettrai donc au service des autres ». 

À peine relevée de cette épreuve, la vie lui fait un deuxième pied de nez. Le 28 août 2010, sa fille alors âgée de 16 ans à l’époque fait un grave accident qui la paralyse, avec un très mauvais pronostic de guérison. Voici qu’une nouvelle raison de se relever arrivait. « L’accident de ma fille m’a obligée à revenir à la vie, je devais me créer une énergie pour lui en donner et la pousser à se battre ». C’est alors que Carole à un déclic qui lui fait réaliser que ce n’est pas le temps qui arrange les choses, mais plutôt l’expérience. Elle puise une force incroyable en elle et se relève de ces deux épreuves qui lui ont tant apporté malgré leurs difficultés. C’est donc ainsi que naît, en 2010, la Happy Childhood Foundation, association qui a pour but d’apporter un soutien physique, psychologique, émotionnel, intellectuel et social pour les enfants les plus défavorisés.

MOTTO DE VIE : LA RÉSILIENCE

La résilience est un mot bien familier chez nous, au Liban. On l’emploie a tort et à travers, tantôt pour glorifier la passivité avec laquelle les libanais subissent les coups de bâtons qui leurs sont donnés sans jamais se rebeller, tantôt pour louer leur faculté à se remettre des coups durs et à continuer à vivre comme si de rien n’était. 

Pour Carole, à l’image de cet art japonais appelé le Kintsugi qui consiste à réparer un objet cassé en soulignant ses fissures avec de la véritable poudre en or au lieu d’essayer de les camoufler, la résilience est une succession d’évènements où les épreuves que nous vivons peuvent nous sublimer au lieu de nous briser. Pour atteindre la résilience, il faut d’abord encaisser le choc qui nous a tant détruit, traumatisé. Ensuite, il faut faire une démarche proactive pour débuter un travail sur soi qui va donner un sens à ce qu’il s’est passé puisqu’au départ, rien n’a de sens. C’est le processus de réparation de soi. « Une fois qu’on a fini de se réparer soi-même, il faut voir à quoi toute cette souffrance va servir ». Pleurer toutes les larmes de son corps sans que cela serve à quoi que ce soit, il n’en est pas question. 

La résilience est nécessaire pour une surmonter une épreuve difficile mais elle n’est pas nécessaire pour se reconstruire, la reconstruction passe par le fait de mettre à profit la souffrance endurée. Il faut passer de la souffrance individuelle à une idée d’utilité collective qui devra servir aux autres. La résilience passe automatiquement par un vecteur indispensable qui est l’amour et qui se décline en trois phases : l’amour de soi « car il faut s’aimer assez pour considérer que l’on mérite d’aller mieux », l’amour de la vie « ou l’on veut retrouver une normalité afin de fonctionner aussi normalement que possible » et enfin l’amour du prochain « afin de se mettre au service des autres ».

CONSEIL DE VIE

Il faut prendre conscience que l’on est sa propre priorité dans la vie.

« S’occuper de soi en premier est vital pour mieux prendre soin des autres. Si on n’y arrive pas tout seul, il ne faut jamais avoir peur de demander de l’aide à des professionnels ».

Pour suivre Carole Nader sur Instagram : @carolenaderlifetherapist

AIDER LA HAPPY CHILDHOOD FOUNDATION

NAME : Happy Childhood Foundation – Lebanon

Bank BEMO SAL

ACCOUNT # : 0215824

IBAN : LB43 0093 0000 0002 1582 4366 1USD

SWIFT : EUMOLBBE

IBAN : LB90 0093 0000 0035 0088 0366 1USD

Instagram : @happychildhoodfoundationlb

Email : [email protected]

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