Le gouverneur de Banque du Liban, Riad Salamé, aurait informé les importateurs de carburants qu’il arrêtera “dès que possible” de financer de 85% des devises nécessaires à l’achat d’essence et de fioul sur les marchés internationaux, entrainant par conséquent, une forte hausse prochaine des prix.

Le prix des carburants sera donc lié à la parité du marché noir où les importateurs devront pomper près de 16 millions de dollars quotidiennement à eux-seuls, amenant à une pression monétaire supplémentaire sur la monnaie locale et une dépréciation accrue de la livre libanaise. Cette décision pourrait amener le prix des carburants à plus d’un million de livres par 20 litres contre 700 000 LL actuellement.

Seule, la peur des incidents qui pourraient survenir suite à cette annonce freinerait l’ardeur de Riad Salamé à vouloir imposer cette décision, qu’il considère inéluctable en raison de dégradation de l’état des réserves monétaires disponibles, indiquent certains de ses proches.

Cette décision fait déjà suite à l’arrêt par la Banque du Liban, du financement des médicaments en faveur des personnes souffrant de maladies chroniques ou encore de cancers. Elle pourrait se poursuivre avec l’arrêt des subventions accordées à l’achat de blé nécessaire à la fabrication du pain.

Certaines sources accusent ainsi Riad Salamé de ne plus respecter ses obligations et plus particulièrement l’article 70 du code de la monnaie et du crédit stipulant la défense de la monnaie locale et le maintien de la stabilité économique, chose qu’il n’a pas réussi à faire respecter et même à laquelle il a participé avec une augmentation importante de la masse monétaire depuis 3 ans ou encore la défense des intérêts des actionnaires des banques au lieu de celle des déposants en refusant la mise en faillite des banques considérées comme insolvables. Il est aussi accusé d’avoir été complice dans la dilapidation – outre des réserves monétaires – des dépôts des gens avec plus de 70 milliards de dollars de pertes pour la Banque du Liban elle-même, soit l’équivalent des certificats de dépôts souscrites par les banques privées auprès d’elles.

Il est enfin accusé de prendre des décisions unilatérales sans coordination avec les autorités politiques, rejetant ensuite la responsabilité de celles-ci sur les différents gouvernements qui se sont succédés depuis octobre 2019, notent ces mêmes sources.

Côté autorités justement, le gouvernement Mikati III a pris acte de ces décisions du gouverneur de la Banque du Liban et aurait déjà décidé de dollariser une partie importante des prix des services publics, notamment des télécommunication mobiles à partir du 1er juillet prochain. Ainsi, la facture moyenne pourrait augmenter de près de 500% en livres libanaises. Des mesures similaires de dollarisation des tarifs de certains secteurs d’activité privés comme le secteur touristique ont déjà été prises.

Une hausse du salaire minimum à 2 600 000 LL est également sur la table, amenant aussi à une hausse de l’inflation au lieu de limiter les dégâts. Une augmentation des tarifs de l’électricité publique afin de permettre une reprise du secteur ferait aussi l’objet d’études. Il s’agirait d’augmenter à 20 cents le kilowatt heure qui est actuellement à 0.02 cents contre des tarifs des générateurs qui se situent entre 40 à 50 cents. Ce plan permettrait alors de porter le nombre d’heures d’électricité publique d’une heure par jour à 10 heures quotidiennement contre un allègement de la facture des générateurs et d’acheter le fioul nécessaire au fonctionnement des centrales électriques à l’issue du programme d’échange de fioul conclu par le gouvernement Hassan Diab, il y a un an, avec le gouvernement Irakien.

Certaines sources accusent Riad Salamé de souhaiter vouloir remplacer la livre libanaise par le dollar. Problème, le Liban n’imprime pas de devises américaines et ces mesures pourraient amener à une paupérisation accrue de la très grande majorité de la population libanaise. Faut-il rappeler que déjà plus de 85% de la population vit déjà en-dessous du seuil de pauvreté.

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