Le président de la république, le général Michel Aoun, a signé le décret 8742 portant sur la création de la haute autorité de lutte contre la corruption, nommant par ailleurs le juge Claude Karam comme président et le juge Fawaz Kabbara comme vice-président de cette nouvelle institution qui aura la lourde tâche de lutter contre les détournements de fonds publics.

Ont été également nommés au sein de cette institution, les juges Thérèse Allawi, Ali Badran, Joe Maalouf et Kulaib.

Pour rappel, la création de cette nouvelle institution avait été adoptée par le Parlement Libanais en 2009 via le texte de loi No. 175/2020. Ce texte prévoit la nomination de 6 membres au sein de ce comité pour combattre la corruption au sein du secteur public, chose devenue critique notamment après les révélations suite à l’explosion du port de Beyrouth, un espace où la corruption était quasiment institutionnalisée et généralisée.

Focus: La corruption au Liban

L’ancien ministre des finances Ali Hassan Khalil – également convoqué par le juge Tarek Bitar dans le cadre de l’enquête portant sur l’explosion du port de Beyrouth – évoquait en 2015 un coût de 1,2 milliards de dollars annuellement rien que pour les douanes libanaises. Au total, en 2018, près de 5 milliards de dollars étaient détournés annuellement, indiquait un ancien ministre, un chiffre presque équivalent au déficit budgétaire alors que la dette continuait à augmenter, sans que la justice libanaise ne puisse enquêter.

Depuis, de nombreux responsables libanais dont l’ancien ministre des finances Ali Khalil ou l’ancien ministre des transports Youssef Fenianos, ou l’ancien ministre des affaires étrangères Gébran Bassil font l’objet de sanctions américaines pour détournement de fonds, alors que parallèlement des enquêtes sont lancées en France et en Suisse à l’encontre du gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé, également accusé de détournement de fonds et de blanchiment d’argent. Le nom du premier ministre actuel Najib Mikati avait également été évoqué dans le cadre d’une enquête portant sur le détournement de fonds destinés à l’achat de biens immobiliers en faveur de personnes vulnérables

Cependant, le volet libanais de ces affaires semble être au point mort en raison de protection dont ces personnalités bénéficient.

L’appareil judiciaire lui même n’est pas exempt de critiques, l’ancien ministre de l’intérieur Mohammed Fahmi ayant estimé que 95% des juges libanais étaient corrompus.

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