Le ministre sortant de l’intérieur, Mohammed Fahmi, s’est rendu à différents lieux des frontières syro-libanaises à bord d’un hélicoptère de l’armée libanaise dans le cadre d’une tournée visant à inspecter les points de passage illégaux et des mesures visant à empêcher la contrebande de produits subventionnés à destination de la Syrie.

Mohammed Fahmi s’est ainsi rendu à Shedra dans le Aakar, puis dans la Békaa-Hermel au niveau de Mastaba dans les hauteurs de Qaa. Sur place il a noté que le problème de contrebande au niveau des frontières entre le Liban et la Syrie remonte déjà à avant 1975.

Les différents responsables militaires des zones lui ont également détaillé la situation actuelle alors que l’Armée Libanaise a réussi à arrêter 14 contrebandiers pour la seule journée d’hier et saisi 67 000 litres de carburant.

Il s’agit de la saisie de produits subventionnés au Liban la plus importante ces dernières semaines. 

En dépit d’une augmentation du prix de l’essence plus de 50 % au Liban , un bidon d’essence coûte trois dollars environ alors qu’au Syrie, le même bidon coûterait entre 7 à 13 dollars. Cette différence intervient en raison du programme de subvention de la Banque du Liban.

Les autorités libanaises tentent ainsi de contrôler les trafics de produits subventionnés alors que le programme devrait s’achever d’ici juin prochain faute de réserves monétaires disponibles côté Banque du Liban.

Le coût du programme était de 700 millions de dollars durant la période précédentes à la crise actuelle. Il est tombé à 500 millions de dollars actuellement, soit 6 milliards de dollars par an dont 3 milliards de dollars pour les carburants seulement. Des interrogations portent également sur la réalité des 16 milliards de dollars de réserves brutes de la Banque du Liban principalement constituées par les sommes disponibles par les 15% de réserves obligatoires sur les dépôts bancaires. 

La mise en place d’un programme de cartes prépayées serait cependant tributaire de l’approbation par le parlement puisqu’il s’agirait alors d’un prêt annuel pour un montant d’un milliard de dollar de la Banque du Liban contre 6 actuellement. Ce programme serait à destination de 800 000 familles maintenant.

En effet, plus de 65 % de la population se trouverait aujourd’hui vivant en dessous du seuil de pauvreté, soit avec moins de 6 dollars par jour. Le taux d’inflation aurait même atteint 155 % au cours de l’année 2020, les prix de certains produits essentiels mais non subventionnés ayant même atteint une hausse de 400%, alors que la livre libanaise aurait perdu plus de 90% de sa valeur depuis octobre 2019. 

La création de ce programme de filet de sauvetage visant à remplacer le programme de subvention a été adopté par le parlement libanais le 12 mars dernier et signé par le Président de la République le 8 avril avant d’être publié dans le journal officiel. 

Ce programme vise à mettre en place une carte de paiement prépayée qui serait ainsi remise aux foyers vulnérables à la crise économique. Elles recevraient ainsi 100 000 Livres par mois par personne environ durant un an, souhaitait la Banque du Liban alors que la Banque Mondiale avait indiqué exiger que ces sommes soient rendues disponibles au taux réel de la monnaie locale.

50% du programme de subvention aux carburants 

Les carburants représentent à eux seuls, 50% du programme de subvention de la Banque du Liban a indiqué le ministre sortant de l’énergie. En dépit d’une augmentation du prix de l’essence plus de 50 % au Liban, un bidon d’essence coûte trois dollars environ alors qu’au Syrie, le même bidon coûterait entre 7 à 13 dollars, amenant à un trafic entre les 2 pays. 

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