Le Président de la République, le Général Michel Aoun, a réitéré son soutien à la feuille de route française devant l’ambassadrice de France au Liban, Anne Grillo.

Le chef de l’état a abordé, avec la diplomate, la question des relations libano-françaises et les développements récents en ce qui concerne le dossier de formation du prochain gouvernement, une condition nécessaire au déblocage de l’aide internationale.

Le Général Aoun, a indiqué oeuvrer en faveur de la formation d’un gouvernement capable de faire face aux problèmes actuels, allusion à la crise économique que traverse actuellement le Pays des Cèdres.

Hier, le premier ministre désigné Saad Hariri a accusé le chef de l’état de vouloir obtenir un tiers de blocage à l’issue d’une 18ème réunion. Le message d’Aoun est inacceptable parce que le Premier Ministre désigné “n’est pas censé remplir les papiers pour qui que ce soit”, jugeait alors le premier ministre désigné, “mais est celui qui forme le gouvernement”. “J’ai informé Aoun que je considérerai que je n’ai pas reçu la lettre de sa part et je la lui ai retournée”, a-t-il poursuivi, avant d’indiquer avoir remis sa proposition de répartition il y a 100 jours et être prêt à toute modification et compromis y compris au sujet du ministère de l’intérêt, accusant le chef de l’état de souhaiter obtenir un tiers de blocage au sein de son cabinet.

Son bureau a également publié la liste de ministrables présentée par lui en décembre dernier. 

La Présidence de la République avait alors répliqué, publiant ainsi à son tour un document concernant la formation du prochain cabinet et comportant un mécanisme de nomination de 20 ministres sans nom donc sans tiers de blocage contrairement aux accusations du premier ministre désigné Saad Hariri.

La méthode pour former un gouvernement est connue par le premier ministre, estime la Présidence de la République qui souligne que ce dernier avait déjà composé 2 gouvernements sous le mandat du Président actuel, le Général Michel Aoun. Il accuse également Saad Hariri d’avoir présenté, jusqu’à présent des listes incomplètes, l’accusant ainsi indirectement d’avoir saboté le processus de formation de ce cabinet pourtant nécessaire face à la crise économique que traverse actuellement le Pays des Cèdres.

La présidence a également dénoncé la publication par le premier ministre d’une liste de ministrables présentée par lui, le 9 décembre 2020, sans être approuvée par le Palais de Baabda.

Certaines sources estiment que Saad Hariri pourrait retarder l’annonce de formation d’un prochain gouvernement jusqu’à juin prochain, afin d’éviter de porter la responsabilité de la fin du programme de subvention à l’achat des produits de première nécessité et ainsi la dégradation brutale et attendue de la Livre Libanaise qui pourrait alors se produire. 

Pour rappel, le Liban est sans gouvernement depuis le 10 août dernier, suite à la démission du gouvernement Hassan Diab. 

La formation d’un nouveau gouvernement est considéré comme une des conditions préalable à la relance des négociations avec le Fonds Monétaire International afin d’obtenir un déblocage de l’aide financière de la communauté internationale face à la crise économique que traverse le Liban.

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