L’Assemblée générale ordinaire de l’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine de Tripolis a eu lieu le vendredi 24 novembre 2017 à 18 heures au Restaurant Al Janna Paris.

De nombreux adhérents et amis de l’Association étaient présents dont deux personnes venues du Liban et des USA.

Elle a débuté par le rapport moral prononcé par la Présidente.

La séance a démarré par une minute de silence en mémoire d’un grand ami de l’association disparu en septembre, il s’agit en effet, du regretté Raymond Khattar, Directeur général de la MEA Europe qui avait aidé l’association à maintes reprises dans l’acheminement de bibliothèques, dons de l’Institut du monde arabe vers le Liban.

Après avoir accueilli les membres, la présidente a présenté le rapport moral des années 2016- 2017.

Elle affirma que l’ASPT est fière de 8 ans d’existence, durant lesquels, elle a pu se frayer un chemin et établir un certain nombre d’actions, à Paris d’abord et au Liban ensuite.

La principale information en était que l’ASPT s’est externalisée. En effet, et après une longue période de travail, à Paris et des tractations théoriques autour de la protection de ce patrimoine reconnu par les spécialistes libanais et français-réunis par l’ASPT- comme étant en péril, l’occasion s’est présentée, grâce à l’amélioration de la situation au pays pour commencer le travail sur le terrain en organisant des activités en terrain propre. Par le biais d’un projet éducatif intitulé « Patrimoine en Partage » ou « Tourathi-Tourathak »qui répond à deux des trois recommandations actées lors des colloques organisés en 2012 et 2013, qui sont: la sensibilisation et la valorisation du patrimoine.

Elaboré en partenariat avec Patrimoine sans Frontières (PSF), le programme éducatif vise à sensibiliser les jeunes générations, à l’importance du patrimoine et à la nécessité de le protéger. Avec le soutien moral du ministère libanais de l’Education, il est appliqué depuis la rentrée scolaire 2015 dans plusieurs écoles publiques de Tripoli. Une formation a été nécessaire, et une délégation conjointe ASPT-PSF est allée en mission au Liban pour former les enseignants et pour leur donner les outils nécessaires pour mener à bien le projet.  Dès la première année, le projet a été très bien accueilli. En effet, le ministère libanais a été séduit par le principe ainsi que la méthode à la fois sérieuse et ludique a accordé à l’association deux heures hebdomadaires sur trois niveaux l’équivalent donc de six heures par semaine d’enseignement du patrimoine . Ce qui est, en soi, une gloire.

Il permet de travailler sur la mémoire, de réserver une attention toute particulière au patrimoine familial, d’abord, à entamer un dialogue avec les parents, les professeurs et les copains de classe, voire à l’extérieur. Ainsi, une interaction naît entre ces différents éléments et un sentiment de fierté et d’appartenance s’installe grâce à un objet patrimonial apporté par l’étudiant, par exemple, ou un bâtiment par lequel l’étudiant passe tous les jours, sans qu’il n’y  prête attention.

Le succès rencontré la première année d’application a encouragé les participants à s’impliquer un peu plus sur le terrain. Une occasion à saisir, l’engouement était grand. Au vu de la réussite incontestable, l’ASPT a pris la décision d’organiser, sur l’exemple vécu en France, des « Journées des patrimoines ». Il était nécessaire de montrer à la ville entière ce dont étaient capables jeunes et professeurs.

Lors des colloques organisés en 2012 et 2013,  le cas du Khan el Askar, un caravansérail du XIVe siècle réhabilité et jamais ouvert au public, avait été exposé. « Ce qui nous a poussé à l’ouvrir et pour la première fois à nos compatriotes » : a t-elle affirmé. « Aussi a t-on organisé la 1ère édition des journées, en mai 2016, au khan, afin de mettre en avant le projet, de le médiatiser et de mettre surtout à l’honneur le travail réalisé par les élèves tout le long de la première année d’application ». Trois ministères ont alors été contactés, il s’agit des ministères de la Culture, de l’Education et du Tourisme; le projet a été très bien accueilli par les trois ministères. Le lieu, Khan El Askar, qui avait été restauré il y a de cela une décennie, et n’ayant jamais été ouvert au public, commençait à se dégrader à nouveau, était le lieu parfait pour organiser cet événement. Ces journées ont donc eu lieu sur trois jours, en les 12-13 et 14 mai 2016. L’ASPT lui a apporté l’électricité et l’a réhabilité pour recevoir le public. Une série d’activités ont été mises sur pied : table ronde autour du patrimoine, à laquelle a participé, entre autres intellectuels, le ministre de la Culture, Rony Arayji, exposition des œuvres des élèves des six écoles impliquées de Tripoli, un mini salon du livre consacré au patrimoine, de l’artisanat tripolitain comme le travail du savon, du bois, du cuivre, du verre soufflé et autres métiers d’art du patrimoine de Tripoli.…, ainsi qu’un hommage rendu aux créateurs tripolitains du vaudeville libanais, à savoir la troupe de Salim el Tabl. Leur présence à cet événement a énormément ému le public présent. La manifestation a eu beaucoup de succès, malgré son emplacement dans un quartier réputé difficile, et les plus importantes personnalités politiques de la ville se sont déplacées. La médiatisation a été également importante avec les chaînes de télévision nombreuses qui étaient présentes.

Suite au succès, la poursuite du projet pour la deuxième année devenait de fait une nécessité . Les « Journées du patrimoine » à Tripoli, ont été rééditées,  et le Borj el Sbah, à El Mina, seul vestige des six forts croisés, également abandonné depuis longtemps, a été choisi pour recevoir la deuxième édition des journées. Elles ont été inscrites au ministère de la Culture comme un rendez-vous annuel de la ville de Tripoli avec le patrimoine et la culture, avec le souhait que cela soit étendu à tout le Liban. Trois jours durant, les 13-14 et 15 mai 2017. Comme l’an passé, plusieurs activités ont été organisées, la plus importante étant la présentation du travail des élèves réalisé durant l’année scolaire sur des stands construits pour l’occasion. Les jeunes ont même créé des pièces de théâtre inspirées de la tradition avec des habits traditionnels, des danses et autres manifestations culturelles patrimoniales tirées des us et coutumes des aïeuls. La manifestation a attiré un grand nombre de visiteurs, dont les personnalités politiques de la ville. Un tour du monde du patrimoine lyrique a été donné la soprano Caroline Solage, des expositions de tableaux avec un hommage appuyé à un artiste tripolitain, Redouane Al Chahal, ainsi que ceux des élèves de l’université libanaise sur les miniatures grand thème médiéval tripolitain, une lecture de poésie a été faite par Thérèse Doueihy, ainsi qu’un hommage à Rémi Bandali et à sa famille, qui a chanté certaines des chansons de son répertoire d’enfant. La manifestation à Borj el Sbah a été clôturée par un son et lumière sur la façade de la forteresse, réalisée par de jeunes créateurs tripolitains avec succès.  Quand au troisième, il a eu lieu dans un endroit très  hautement symbolique, des escaliers menant au vieux café traditionnel de Tripoli, côtoyé par tous les Tripolitains, Tall al-Olia. Afin de sensibiliser les élèves à l’environnement et au patrimoine, il leur a été demandé de préparer des pousses pour les faire pousser dans les bacs qui se trouvent au milieu de larges escaliers. Des tables, des chaises et des parasols, ont été posés pour créer un décor de café patrimonial, tout au long des escaliers, un piano a été placé au centre, et l’artiste Omar Harfouche est venu jouer de la musique classique, accompagné par une violoniste ukrainienne. Des stands accueillant des manufactures locales et des mets traditionnels ont été également placés de part et d’autre, des artistes sont venus peindre devant le public… C’était magique et a attiré énormément du monde, permettant ainsi de clôturer en beauté les trois Journées patrimoniales.

La présidente a informé les présents que le projet a été reconduit pour la troisième année consécutive, élargi même à d’autres mairies libanaises, comme celles de Seb’el et Zghorta et la région du Koura.

Elle poursuit en disant que le vrai défi qui se pose pour l’association est  de pouvoir continuer à assurer la responsabilité de ce projet éducatif, sachant le manque cruel de moyens financiers de l’association, ou bien c’est au ministère de l’Education de le faire ? Une demande a été faite auprès du Ministre de l’Education et du Directeur général du ministère, Monsieur Fady Yarak, qui s’est montré tout à fait convaincu, lors de l’été dernier. Quoiqu’il en soit, l’association a la ferme intention de poursuivre ce projet avec l’aide de Patrimoine sans Frontières, et de l’étendre à tout le Liban ville après ville et village après village . C’est la raison pour laquelle, précise t-elle que sans l’aide des membres et militants, l’association ne sera plus en mesure de poursuivre. Aussi a t-elle demandé la participation de chacun et les idées et suggestions pour pouvoir poursuivre ce projet ô combien important pour le Liban . Les résultats sont là, le bilan est publié chaque année avec PSF et le ministère libanais de l’Education, il est plus que probant. L’émulation dans la société est plus que visible et le travail a  dores et déjà été fait auprès du ministère, par lettre déposée en date du 12 septembre, pour qu’il puisse entrer dans les réformes des curriculum en cours actuellement.

Le défi est de taille, y arrivera t-on ?

En tout état de cause l’Association, et ce depuis sa naissance, il y a huit ans, n’a de cesse de lutter par tous les moyens contre les démolitions, les vols, les spéculations et pour promouvoir, par différentes pratiques ( orale, écrite, audiovisuelle et éducative) le patrimoine de la ville de Tripoli, qui , nous semble t-il commence à être moins boudée par les touristes locaux et internationaux, et nous nous en félicitons.

Concernant les projets d’avenir : En 2018 :

  • La poursuite de tourathi tourathak en l’étendant année après année à tout le Liban.
  • Une branche locale de l’ASPT a été créée à Tripoli qui est rattachée à l’ASPT France et dont le rôle est de suivre les projets sur place et d’accélérer le travail de sensibilisation et de valorisation du patrimoine. Et aussi de jouer le rôle d’observatoire du patrimoine notamment pour empêcher les actes de vandalisme et de démolitions.
  • Reprendre les manifestations culturelles à Paris l’organisation d’un colloque autour des vestiges français au Liban.
  • La projection d’une pièce d’Opéra tirée de l’œuvre de Amin Maalouf l’amour de loin, en présence de l’Académicien.
  • Un dîner de bienfaisance en faveur de l’association nécessaire pour la poursuite du travail
  • Engager un permanent pour assurer le travail qui devient trop imposant pour les bénévoles.
  • La mise en service du site web en cours de rafraîchissement.

L’assemblée s’est terminée par la démission de Fabien Mawas de son poste de trésorier et l’élection d’un nouveau trésorier unique candidat, il s’agit de Rawaa El Khatib.

Questions réponses…

Levée de la séance à 20 heures précises et début du diner convivial qui s’est déroulé dans une ambiance de fous rires et de bonne humeur.

De nouveaux membres ont rejoint l’Association et nous les remercions.

Nous encourageons les autres à rejoindre notre action et notre petite famille

1 COMMENTAIRE

  1. Tripolis est ma ville de naissance que j’aime.J’y ai vécu jusqu’à l’âge de 21 ans .J’aimerais bien avoir un contact avec l’association. Merci

COMMENTER

Please enter your comment!
Entrer votre nom ici