L'entrée principale de la Banque du Liban (BDL) Crédit Photo: Libnanews.com, tous droits réservés
L'entrée principale de la Banque du Liban (BDL) Crédit Photo: Libnanews.com, tous droits réservés

La Banque du Liban indique que 2 millions de dollars sont échangés quotidiennement au taux de 15 000 LL/USD sur la plateforme électronique Sayrafa. Ces opérations sont menées par les banques locales et les agents de change officiels.

Pour rappel, le taux de change au marché noir est de 18 275 LL/USD à l’achat et de 18 325 LL/USD à la vente. Ce marché est estimé aujourd’hui à plus de 8 millions de dollars quotidiennement.

La livre libanaise a ainsi perdu plus de 90% de sa valeur par rapport au taux de change officiel de 1507 LL/USD, provoquant une importante perte de pouvoir d’achat pour la population. Ainsi, le salaire minimum représente désormais 30 dollars environ pour 460 dollars 2 ans plus tôt et le salaire médian représente environ 100 USD pour 1 500 USD, toujours 2 ans plus tôt.

Face à cette situation, l’une des conditions pour le déblocage de l’aide du Fonds Monétaire International serait liée à l’unification des différents taux de change. Ainsi, le taux de change officiel pourrait se voir être aligné sur le taux Sayrafa puis la livre pourrait flotter librement par rapport aux devises étrangères, faute des réserves monétaires suffisantes pour permettre l’intervention de la Banque du Liban sur le marché des changes.

De nombreux experts critiquent désormais ainsi la politique monétaire suivie par la Banque du Liban depuis 1993, la date de l’arrivée du gouverneur actuel, Riad Salamé, notant qu’un contrôle de parité tel qu’il a conçu favorise en effet, une stabilité relative de la monnaie locale jusqu’à ce qu’interviennent des corrections majeures et brutales telles que celles par lesquelles l’économie libanaise passe aujourd’hui.

Cette correction est d’autant plus brutale que la Banque du Liban aurait favorisé les investissements des devises étrangères par les banques privées sous forme d’une part de certificats de dépôt auprès d’elle mais également sous forme d’eurobonds de la république libanaise, aujourd’hui en état de défaut de paiement. Les dépôts des banques privées auraient ainsi servies à maintenir artificiellement un taux de change mais également à financer, durant des années, l’achat de produits essentiels comme les carburants. Certaines sources estiment ainsi que les réserves monétaires de la banque centrales seraient même négatives depuis 2015.

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