Le président du Conseil supérieur de la magistrature Souheil Abboud a rejeté la démission des juges Jeanette Hanna, Carla Kassis et Rola al-Husseini qui entendaient ainsi protester contre les ingérences politiques à l’intérieur du système judiciaire libanais.

Pour rappel, les 3 magistrats avaient annoncé leurs démissions respectives le 25 novembre dernier. Celles-ci interviennent alors que l’enquête portant sur l’explosion de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium dans un dossier impliquant plusieurs anciens responsables politiques, anciens premiers ministres, ministres et députés – mis en examen pour homicide volontaire et négligence criminelle – et notamment des proches directs de Nabih Berri, Saad Hariri et Sleiman Franjieh, tentent d’enterrer le dossier au grand damn de la volonté des familles des victimes.

Plusieurs autres dossiers sont marqués aujourd’hui par des ingérences politiques, notamment sur fond d’accusation de détournements de fonds destinés à l’achat de biens immobiliers pour les personnes vulnérables en ce qui concerne le premier ministre Najib Mikati lui-même, ou encore concernant les concernant le gouverneur de la Banque du Liban, une immunité ayant été offerte par le système judiciaire suite à une procédure ouverte contre lui par le juge Jean Tannous en dépit des enquêtes en cours lancées en France, en Suisse ou encore au Luxembourg. 

Pour rappel, l’ancien ministre de l’intérieur Mohammed Fahmi avait estimé que 95% des juges étaient corrompus au Liban, provoquant une crise avec l’appareil judiciaire à l’époque. Cependant, ces derniers sont souvent nommés en faveur de compromis avec les partis politiques locaux.

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