Le logo du courant du futur (Liban)

Le vice président du Courant du Futur Moustapha Alloush s’en est vivement pris aux groupes issus de la société civile qui ont rencontré le ministre des Affaires étrangères Français Jean-Yves le Drian durant sa visite cette semaine au Liban. Il a également estimé que cette visite intervenait pour informer les dirigeants libanais de la fin de l’initiative française.

Le député a révélé que les relations entre la France et le premier ministre désigné Saad Hariri se sont fortement dégradées. Celui-ci aurait été soumis à d’intenses pressions en vue d’annoncer un gouvernement. Paris lui aurait même demandé, toujours selon Moustapha Alloush de rencontrer le président du courant patriotique libre.

Hariri a déclaré que, pour que la réunion ait lieu, Bassil doit annoncer ouvertement son soutien au gouvernement et sa volonté de lui accorder la confiance” au parlement, a poursuivi Mustapha Alloush, s’en prenant par ailleurs à Saad Hariri accusé d’avoir trop eu confiance envers Paris.

Un pays sans gouvernement alors que la crise économique le touche de plein fouet

Le Liban est sans gouvernement depuis la démission, le 10 août dernier, du premier ministre sortant Hassan Diab, 6 jours après l’explosion du Port de Beyrouth, sur fond d’une course pour la dissolution, soit du parlement, soit du gouvernement. Au final, le président de la chambre Nabih Berri aura raison du premier ministre Hassan Diab.

La formation d’un nouveau gouvernement est considérée comme une des conditions préalable à la relance des négociations avec le Fonds Monétaire International afin d’obtenir un déblocage de l’aide financière de la communauté internationale face à la crise économique que traverse le Liban. 

Suite à l’échec de Moustafa Adib à former un cabinet, l’ancien premier ministre Saad Hariri, qui avait pourtant démissionné suite à d’importantes manifestations en octobre 2019, s’est vu être chargé de former un nouveau gouvernement le 22 octobre 2020.

Pour tenter de débloquer la situation, l’ancien premier ministre a promis au mouvement Amal d’attribuer le portefeuille du ministère des finances à un membre de la communauté chiite. Il avait également réitéré que le Liban pouvait se passer d’un état de défaut de paiement, déniant ainsi la gravité de la crise économique cependant vécue par la population, avec 55% de celle-ci vivant désormais sous le seuil de pauvreté alors que la récession économique a atteint 29% selon certains rapports pour l’année 2020.

Cependant, les propositions de Saad Hariri d’un cabinet de 18 membres se heurtent à la présidence de la République, qui souligne que si les communautés chiites et sunnites choisissent leurs représentants, les représentants chrétiens au sein du nouveau cabinet seraient également choisis par le premier ministre désigné. Le Général Aoun estime de fait que les propositions actuelles du premier ministre contreviennent à la fois à la constitution libanaise et au pacte national.

Ce dernier accuse de son côté le chef de l’état de souhaiter obtenir un tiers de blocage au sein de son nouveau cabinet, ce que réfute la présidence de la république.

Le 9 juillet 2021, c’est au tour de Saad Hariri d’annoncer le retrait de sa candidature 9 mois après sa nomination sur un constat d’échec des négociations avec le général Michel Aoun.

Si vous avez trouvé une coquille ou une typo, veuillez nous en informer en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée . Cette fonctionnalité est disponible uniquement sur un ordinateur.

Cette publication est également disponible en : Français English العربية Italiano Español Հայերեն