De gauche à droite, Marc Tourelle, maire de Noisy-le-Roi, SE. M. l'ambassadeur du Liban, Rami Adwan, Marie-Hélène Aubert, maire de Jouy-en-Josas et vie présidente du conseil départemental des Yvelines, Jacques Alexis, maire de Bailly et Bertrand Cognard, conseiller départemental des Yvelines

Agence Nationale d’Information (NNA)

ANI – Le président de la République, Michel Aoun, a prononcé un discours lors de la parade organisée à l’occasion du 77e anniversaire de l’armée libanaise à Fiyadiyeh et dans lequel il a déclaré ce qui suit :

 

 

Chère assemblée,

 

 

 

La fête de l’Armée concentre en elle toutes les valeurs auxquelles, nous Libanais, nous croyons : le sens du patriotisme et du sacrifice au service de la terre, du peuple, de la sécurité et de l’unité. Cette année, la symbolique de cette commémoration est plus forte que jamais en raison de l’ampleur des défis auxquels l’institution militaire est confrontée et qui sont dues aux immenses difficultés économiques que subissent tous ses membres ainsi que l’ensemble de la population libanaise.

 

 

 

Je salue donc du plus profond de mon cœur notre indéfectible armée libanaise, fermement ancrée dans ses principes et son éthique.

 

Je salue chaque officier et chacun de ses membres et j’affirme en toute fierté et confiance que vous êtes le pont qui va permettre au Liban de sortir du tunnel et surmonter ces crises qui ont étouffé toute lueur d’espoir dans le cœur des Libanais.

 

 

 

Chers officiers diplômés,

 

Aujourd’hui, vous recevez une épée qui traduit l’emblématique de votre carrière militaire. Dés à présent, voyez en elle la rectitude morale que vous devez adopter face à la corruption, le travail diligent que vous devez accomplir pour faire triompher le droit sans discrimination ainsi que le barrage que vous devez constituer pour défendre la terre, la patrie et le peuple.

 

Vous avez voulu que votre promotion porte le nom de “Centenaire du Collège militaire”. Ce titre traduit l’historique de cette citadelle où tant d’hommes se sont entraînés malgré les difficultés, les défis et les guerres qui n’ont fait qu’augmenter l’authenticité de son enseignement, son endurance et son esprit de résistance.

 

Par ailleurs, je suis particulièrement heureux de note, et c’est une première lors d’une cérémonie de remise des diplômes, que le nombre d’officiers masculins est égal à celui des officiers féminins. Cela vient confirmer la justesse de la décision que j’ai prise lors de mon arrivée au commandement de l’armée en permettant aux femmes de bénéficier de titres d’officiers remis par l’institution militaire.

 

 

 

 Chers soldats,

 

 

 

La célébration de la fête de l’Armée intervient alors que le pays traverse une période très difficile. En plus des défis sécuritaires auxquels vous devez faire face, viennent s’ajouter des difficultés économiques de grande ampleur auxquelles le militaire est confronté, tout comme sa famille ainsi qu’une large frange de la population.

 

De mon côté, je peux vous assurer que je n’épargne aucun effort pour atténuer le poids de ces lourdes charges qui pèsent sur vos épaules, malheureusement ceci reste dans les limites des capacités existantes.

 

Je suis conscient à quel point vous luttez pour continuer à faire face et ô combien vous vous démenez pour accomplir votre devoir.

 

Je n’ignore pas également que vous n’avez jamais manqué à vos responsabilités, car je sais que les valeurs que défend un militaire sont profondément enracinées dans son âme.

 

 

 

 

 

Chers Libanais,

 

 

 

Le Liban subit de plein fouet les rapides développements régionaux et internationaux actuels. Compte tenu de la situation, chargée de problématiques, nous nous efforçons de garder notre pays à l’écart de ces interactions et influences. De là notre souci de maintenir le calme et la stabilité à nos frontières méridionales, une mission dont les forces de la FINUL s’acquittent fidèlement et avec professionnalisme en coopération et en coordination avec l’armée libanaise. Et je saisis l’occasion pour m’incliner devant la mémoire des martyrs de ces forces dont le sang a été mêlé au sang des soldats qui ont veillé à la sécurité du Liban et à l’intégrité de ses territoires.

 

De la même manière, nous confirmons notre attachement à tous nos droits concernant nos eaux territoriales et nos ressources naturelles. Droits sur lesquelles, nous ne pouvons rien concéder, sous aucun prétexte. Quant aux négociations indirectes en cours pour délimiter les frontières maritimes au sud du pays, elles ont pour premier et seul objectif la sauvegarde des droits du Liban. Avec le concours de la médiation américaine, nous espérons aboutir à des résolutions qui nous permettent de protéger ces droits et d’exploiter nos richesses afin de rétablir la situation économique du pays.

 

 

 

Chers Libanais,

 

 

 

En dépit de tous ces nombreux défis et affrontements, le Liban n’a toujours pas de gouvernement, et ce malgré la formation d’une nouvelle assemblée parlementaire issue des élections où chaque citoyen a fait son choix en toute liberté.

 

À noter, les élections législatives ont bien eu lieu, alors que leur tenue n’a jamais cessé d’être mise en doute.  Malheureusement, aujourd’hui encore, les mêmes supputations reviennent, accompagnées des mêmes discours pariant sur l’échec de la tenue des élections présidentielles.

 

En ce qui me concerne, et de par la position que j’occupe et les responsabilités constitutionnelles qui en découlent, je réitère – tout comme je m’étais engagé à le faire pour les élections législatives – que j’œuvrerai de toutes mes forces pour créer des conditions appropriées à l’élection d’un nouveau président qui poursuivra le processus de réforme que nous avons engagé.

 

Cependant, cet achèvement national ne peut être atteint que si le nouveau parlement, président et membres compris, assument leurs responsabilités en choisissant la personnalité ayant, selon les Libanais, les qualifications requises pour endosser cette responsabilité.

 

J’espère que le sort de ces élections présidentielles ne sera pas similaire à celui de la conception du nouveau gouvernement, qui, jusqu’à cette heure, n’a toujours pas réussi à concilier les composants et les critères obligatoires permettant d’aboutir à une formation gouvernementale pouvant répondre aux exigences et aux responsabilités requises.

 

Dans ce contexte, je souligne que le fait de ne pas former de gouvernement expose le pays à encore plus de perturbations et ne peut qu’aggraver les difficultés économiques et financières actuelles. La responsabilité des personnes concernées reste essentielle pour éviter que le Liban subisse encore plus de dégradation et sombre dans le laisser-aller.

 

 

 

 

 

Chers officiers diplômés,

 

 

 

C’est la dernière fois que je remets des épées aux diplômés de ce collège.

 

Je vous réitère donc mes félicitations en ce jour béni où vous avez juré de préserver le Liban. Suivez les directives de votre serment, c’est là une chance qui vous est offerte. Croyez en l’avenir de votre pays et efforcez-vous de le rendre encore meilleur pour vous et pour l’ensemble des Libanais.

 

 

 

Vive l’armée, vive le Liban.

 

 

 

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