Malgré une crise économique sévère, la Middle East Airlines (MEA) s’apprête à recevoir son 10e Airbus A321neo (OD-M10) ce vendredi, directement des usines d’Airbus à Hambourg. Cette acquisition soulève plusieurs questions et critiques, particulièrement en raison des liens étroits entre la compagnie aérienne et la Banque du Liban (BdL).

Une Acquisition en Période de Crise

L’arrivée de cet Airbus A321neo intervient dans un contexte économique très difficile pour le Liban, marqué par une hyperinflation et une dévaluation massive de la livre libanaise. Les critiques fusent quant à l’opportunité de cette acquisition, certains estimant qu’elle est malvenue alors que le pays traverse une crise économique sans précédent.

Les Liens Étroits avec la Banque du Liban

La MEA est majoritairement détenue par la Banque du Liban. En 1996, la BdL a acquis presque toutes les actions de MEA en couvrant 375 millions de dollars des pertes de 720 millions de dollars accumulées par la compagnie entre 1981 et 2001. Cette relation financière continue de susciter des débats, notamment sur l’usage des fonds publics pour soutenir une entreprise en difficulté, surtout en période de crise économique.

Critiques et Controverses

Les critiques soulignent que, dans une économie où de nombreuses personnes peinent à subvenir à leurs besoins de base, investir dans de nouveaux avions paraît inapproprié. De plus, les liens financiers entre la MEA et la Banque du Liban sont perçus par certains comme un exemple de mauvaise gestion des ressources publiques. Cette relation a permis à la MEA de se restructurer et de retrouver la rentabilité au début des années 2000, mais elle soulève désormais des questions sur la priorisation des dépenses nationales.

D’autant plus que la Banque du Liban, sous la gérance de Riad Salameh, a accumulé des pertes estimées à plusieurs dizaines de milliards de dollars. Ces pertes gigantesques, attribuées à des politiques financières controversées et à des pratiques de gestion opaques, représentent un fardeau immense pour l’économie libanaise. Beaucoup estiment qu’il serait plus approprié d’utiliser les ressources disponibles pour rembourser les déposants plutôt que d’investir dans de nouveaux avions.

Un Pari sur l’Avenir?

D’un autre côté, les défenseurs de l’acquisition argumentent que moderniser la flotte de MEA avec des avions plus économes en carburant comme l’A321neo pourrait aider à réduire les coûts opérationnels à long terme et améliorer la compétitivité de la compagnie. La MEA, membre de l’alliance SkyTeam, dessert actuellement 32 aéroports en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient, et cherche à maintenir sa position face à la concurrence croissante des compagnies aériennes à bas coût.

Conclusion

L’arrivée de ce nouvel Airbus A321neo pour la MEA est un événement à multiples facettes. Il met en lumière les défis de gouvernance économique au Liban et pose des questions sur l’usage des fonds publics en période de crise. Tandis que certains y voient une étape nécessaire pour la modernisation et la compétitivité de la compagnie nationale, d’autres critiquent le timing et la priorité accordée à une telle dépense.

Ces débats soulignent les complexités de la gestion d’une entreprise nationale dans un contexte de crise économique et les dilemmes auxquels sont confrontés les décideurs en matière de gestion des ressources publiques.

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