La Banque du Liban a publié hier une nouvelle circulaire, régulant l’envoi de fonds via des “établissements non-financiers”, comme Western Union ou OMT.

La circulaire de la BDL régulant les transferts vers le Liban de fonds via les établissements non financiers

Ainsi, si une personne à l’étranger envoie à un de ses proches resté au Liban, la somme de 1 000 USD, cet établissement devrait lui accorder cette somme en livre libanaise “au taux du marché”, à priori donc 2 600 LL selon la parité qui devrait être établie lors de la première cotation de ce plateforme à mettre encore en plus, soit 500 LL par rapport à la parité sur le marché noir, soit près de 20% en moins, et non en billets verts qui commencent à cruellement manquer au Pays des Cèdres.

Il y a une semaine encore, ces établissements non financiers avaient publié un communiqué indiquant ne pas être concernés par le manque de liquidité en devises étrangères, puisqu’ils “importent” ces billets. Il semblerait par conséquent, comme ce qu’indiquent certaines sources, que que cette manoeuvre vise en réalité à renflouer selon certains mécanismes les réserves monétaires de la Banque du Liban et les banques libanaises, ce qui serait très limité vu les sommes en jeu dans ce cadre et qui ne sont pas de nature à réellement arranger les choses.

L’autre intérêt serait d’obliger les personnes à ouvrir des “fresh accounts” auprès d’établissements bancaires qui ne sont pour l’heure pas concernés par cette situation et où le contrôle des capitaux – mis en place par l’Association des banques du Liban et non les autorités de tutelle BDL et Ministère des Finances – ne s’exerce pas encore. Aussi, on est toujours dans l’attente d’une circulaire à ce sujet qui épargne à ces nouveaux comptes des réserves obligatoires à déposer auprès de la BDL.

Cependant, les personnes les plus impactées par cette mesure, sont les petits déposants, qui disposaient déjà de comptes assez réduits dans les établissements bancaires et qui n’ont plus confiance, à juste titre envers le secteur financier privé et public et qui avaient recours à ces établissements non financiers pour vivre via le versement de fonds en provenance de leurs proches restés à l’étranger. Pour eux, ce différentiel de 20% – 500 LL sur un dollar – reste énorme et pourrait bien leur enlever du pain de la bouche encore une fois.

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