Le président de la République, le général Michel Aoun, a reçu cet après midi au palais de Baabda, l’ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite au Liban, Walid Bukhari. Les 2 hommes ont abordé la situation générale et des développements récents concernant la formation du prochain gouvernement, une heure seulement avant la rencontre des anciens premiers ministres libanais et au lendemain d’une aggravation de la crise politique entre la Présidence et le Premier Ministre désigné Saad Hariri.

Le diplomate a souligné l’attachement de l’Arabie Saoudite à la souveraineté du Liban, estimant que “l’Accord de Taif est le gardien de l’unité nationale et de la paix civile au Liban, et d’indiquer avoir informé le chef de l’état de l’initiative de paix saoudienne au Yémen

Aussi Walid Bukhari a appelé à l’accélération du processus de formation “d’un gouvernement répondant aux aspirations du peuple libanais” mettant en avant l’intérêt national du Liban avant tout et la mise en oeuvre de “réformes radicales qui rétabliront la confiance de la communauté internationale au Liban”.

Cette réunion intervenait après la semaine dernière marquée par l’ultimatum du chef de l’état appelant Saad Hariri à former son gouvernement ou à se retirer et la réponse de ce dernier l’appelant à signer le décret de formation de son cabinet ou à des élections présidentielles anticipées.

De source médiatique, on indique cependant que des progrès avaient pourtant été accomplis sur certains points, notamment l’attribution du ministère de l’intérieur ou encore “le mécanisme de nomination des ministres chrétiens appartenant à la part du président et du Mouvement patriotique libre”, ce que confirmait le premier ministre désigné

Hier, le premier ministre désigné Saad Hariri a accusé le chef de l’état de vouloir obtenir un tiers de blocage à l’issue d’une 18ème réunion. Le message d’Aoun est inacceptable parce que le PM désigné “n’est pas censé remplir les papiers pour qui que ce soit”, jugeait alors le premier ministre désigné, “mais est celui qui forme le gouvernement”. “J’ai informé Aoun que je considérerai que je n’ai pas reçu la lettre de sa part et je la lui ai retournée”, a-t-il poursuivi, avant d’indiquer avoir remis sa proposition de répartition il y a 100 jours et être prêt à toute modification et compromis y compris au sujet du ministère de l’intérêt, accusant le chef de l’état de souhaiter obtenir un tiers de blocage au sein de son cabinet.

Son bureau a également publié la liste de ministrables présentée par lui en décembre dernier.

La Présidence de la République avait alors répliqué, publiant ainsi à son tour un document concernant la formation du prochain cabinet et comportant un mécanisme de nomination de 20 ministres sans nom donc sans tiers de blocage contrairement aux accusations du premier ministre désigné Saad Hariri.

La méthode pour former un gouvernement est connue par le premier ministre, estime la Présidence de la République qui souligne que ce dernier avait déjà composé 2 gouvernements sous le mandat du Président actuel, le Général Michel Aoun. Il accuse également Saad Hariri d’avoir présenté, jusqu’à présent des listes incomplètes, l’accusant ainsi indirectement d’avoir saboté le processus de formation de ce cabinet pourtant nécessaire face à la crise économique que traverse actuellement le Pays des Cèdres.

La présidence a également dénoncé la publication par le premier ministre d’une liste de ministrables présentée par lui, le 9 décembre 2020, sans être approuvée par le Palais de Baabda.

Certaines sources estiment que Saad Hariri pourrait retarder l’annonce de formation d’un prochain gouvernement jusqu’à juin prochain, afin d’éviter de porter la responsabilité de la fin du programme de subvention à l’achat des produits de première nécessité et ainsi la dégradation brutale et attendue de la Livre Libanaise qui pourrait alors se produire.

Pour rappel, le Liban est sans gouvernement depuis le 10 août dernier, suite à la démission du gouvernement Hassan Diab. 

La formation d’un nouveau gouvernement est considéré comme une des conditions préalable à la relance des négociations avec le Fonds Monétaire International afin d’obtenir un déblocage de l’aide financière de la communauté internationale face à la crise économique que traverse le Liban.

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