L’ancien premier ministre Saad Hariri aurait annoncé qu’il ne sera pas candidat aux prochaines élections législatives, certains proches à lui ayant indiqué que cette décision aurait été motivée par des soucis financiers à financer sa campagne électorale ainsi que celle de son mouvement du Courant du Futur, fondé par l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri.

Cette décision de l’ancien premier ministre était en quelque sorte attendue, après que ses différentes entreprises dont celles liées à sa machine électorale aient fait faillite les unes après les autres, un peu à l’image de la chaine du Futur, toujours bloquée dans la rediffusion de vielles séries et vieux jeux ou encore la fin de la publication du journal Al Moustakbal ou du DailyStar en anglais dont il était également actionnaire. Si la réactivation de ses moyens médiatiques était évoquée en cas de candidature, il semble aujourd’hui que la réouverture de ces moyens soit repoussée aux calendes grecques.

Par ailleurs, le nom de l’ancien premier ministre revient dans un livre nouvellement paru dans lequel les auteurs accusent le propriétaire de la maison du centre d’être en réalité à l’origine de l’échec de la conférence d’aide au Liban CEDRE en ayant exigé 20% de commission des projets à hauteur de 11 milliards de dollars ou d’avoir voulu jouer des intérêts des uns contre les intérêts des autres. Ainsi, s’il était possible d’éviter la crise économique alors, elle était ensuite inéluctable en raison des alternoiments de Saad Hariri.

Ainsi, si le nom du père était associé à une réussite personnelle, un self-one made , celui du fils est associé à une faillite personnelle entre celles d’Oger Saudi ou Oger Liban dont de nombreux employés n’ont toujours pas été payés, mais également de tout un pays avec des proches impliqués dans divers scandales comme celui de Fouad Saniora accusé d’avoir dilapidé 11 milliards de dollars, celui de Riad Salamé, amené dans les valises de son père à la tête de la Banque du Liban et aujourd’hui accusé par des justices étrangères de détournement de fonds et de blanchiment d’argent, pour ne pas évoquer Hassan Koreitem, ancien directeur de l’autorité provisoire du port de Beyrouth au moment de l’explosion des 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium.

Mis en cause d’ailleurs dans cette absence de financement, l’Arabie saoudite a fait l’objet même d’insultes de la part des partisans de Saad Hariri pour ce refus de financer cette campagne électorale. Pour rappel, lors des élections législatives de 2009, des rumeurs indiquant que le royaume saoudien avait versé jusqu’à 1 milliard de dollars en faveur de ses “poulains locaux” qui faisaient alors face au Hezbollah, mouvement Amal et Courant Patriotique Libre. En dépit de cela, la coalition du 14 Mars gagnait certes les élections législatives par une faible majorité de députés élus notamment par rapport à la mise en place d’une carte électorale la favorisant mais perdait au niveau du vote populaire.

Il s’agira de la première fois depuis 1992 que ce parti politique sunnite qui a dominé la scène politique de cette communauté et à travers elle le Liban sera absent.

Saad Hariri aurait toutefois annoncé laisser libre-choix à ses partisans de se présenter personnellement lors du scrutin.

Pour l’heure, il est encore trop tôt pour analyser les conséquences de ce retrait en raison du manque d’alternatives sur la scène politique sunnite, qui pourrait voir émerger de nouvelles personnalités.

Côté sunnite, le retrait de Saad Hariri pourrait ouvrir la voie à celle de son frère Bahaa Hariri, avec le soutien saoudien cette fois-ci et dont les positions anti-Hezbollah ont été plus marquées précédemment au risque même de provoquer un nouveau conflit entre sunnites et chiites au Liban.

Autre probable bénéficiaire, Ashraf Rifi au nord du Liban pourrait en profiter pout étendre son influence à Tripoli.

Enfin les mouvements extrémistes, comme les frères musulmans pourraient alors également prendre une ampleur profitant de l’arrêt par le courant du futur de l’aide sociale fournie par le parti auprès de la population. Cette chose a d’ailleurs été l’un des paramètres clés lors de l’explosion d’une citerne d’essence durant l’été au Nord du Liban.

Cependant, cette atomisation de la scène politique sunnite pourrait également porter le glas aux ambitions de plusieurs personnes parmi d’autres communautés comme le candidat soutenu probable à la présidence de la république, Sleiman Franjieh, qui pourrait se voir être opposé à la candidature de Samir Geagea, quant à lui soutenu par l’Arabie Saoudite.

Côté chiite, le retrait de Saad Hariri pourrait également devenir synonymes de difficultés à venir pour la réélection de Nabih Berri à la tête du perchoir du parlement faute du soutien d’un bloc parlementaire sunnite cohérent. Nabih Berri aurait ainsi tenté de convaincre Saad Hariri de revenir sur cette décision.

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