S’exprimant à l’occasion du sommet de Baabda portant sur le plan de sauvetage économique du Liban, en présence du Président de la République, le Général Michel Aoun et des principaux responsables politiques à l’exception de ceux du Courant du Futur, du PSP, du mouvement Marada, du bloc tripolitain de Najib Mikati et du Parti Kataeb qui ont décidé de boycotter la session, le Premier Ministre Libanais a estimé que le dialogue reste le seul moyen pour faire face à la situation actuelle.

Le Premier Ministre a également rappelé la responsabilité de chaque parti politique face à la crise économique, rappelant que les libanais ont entamé des manifestations dès octobre 2019 et dénoncé l’absence de certains partis auxquels “les libanais ne pardonneront pas” après avoir souligné l’importance de l’unité nationale en raison de la crise économique.

Allocution du Premier Ministre

Le dialogue a toujours été le moyen le plus sûr de résoudre les problèmes, d’éliminer les ambiguïtés, de paver les routes et d’ouvrir les ponts. 
Nous traversons aujourd’hui un long tunnel, que nous pouvons, par le dialogue, éclaircir, afin d’atténuer les circonstances difficiles dans lesquelles vivent les libanais.

Le gouvernement a lutté durant trois mois, face à des défis énormes. Il était cependant déterminé à faire face à la réalité financière et économique à tous les niveaux.

Les Libanais sont devenus incapables de récupérer leur argent dans les banques, tandis que des privilégiés ont pu transférer leur argent à l’étranger, et que le plafond de la dette publique a atteint un tel niveau que l’État ne peut plus faire face comme il le faisait précédemment. 

Nous étions à la croisée des chemins.

Nous avons décidé de résoudre ce dilemme financier et non de le reporter sur d’autres.

L’épidémie du Coronavirus est venue accroître la pression interne, et les capacités déjà très limitées de l’État.

Cependant, nous avons surmonté ce défi et je peux dire que le gouvernement a réussi à assurer un atterrissage en toute sécurité avec un minimum de dommages.

Aujourd’hui, nous sommes arrivés au moment où nous devons commencer à réparer les dommages qui s’est produit au sein de la structure financière et économique du pays.

Il s’agit de dommages majeurs, structurels et profondément enracinés, qui doivent être traités par un élan national pour réduire la force des souffrances que les Libanais commencent à ressentir. 

Il n’y a pas de place pour le règlement des comptes, et ceux-ci ne sont pas censés être ouverts.

Aujourd’hui, il sera coûteux d’échanger des accusations pour tous, en particulier pour les Libanais qui attendent que leurs dirigeants politiques assument leurs responsabilités, et exigent que le gouvernement élabore un plan pour les faire sortir de ce tunnel. 

Le temps presse et les Libanais regardent chaque pas. Les Libanais ne réagissent plus seulement aux événements, ce sont eux qui font l’événement. Les Libanais se sont emparés de l’initiative et sont devenus partenaires de la décision. Ils ont fait pression pour obtenir des comptes des responsables de tous, petits et grands.

Aujourd’hui, nous avons une responsabilité nationale ou que le peuple libanais tiendra tous ceux qui ont échoué, actuels ou anciens dirigeants, pour responsables.

En tout état de cause, le gouvernement a fixé sa vision de la réforme financière et économique. Cette vision sera l’occasion de négocier avec les créanciers et de dialoguer avec le Fonds monétaire international. 

Ce que nous proposons dans ce plan n’est pas à suivre de manière stricte. Nous avons lancé un dialogue qui a couvert les différents segments du peuple libanais, et nous avons pris en compte un bon nombre des observations que nous avons entendues. 

Aujourd’hui, nous vous présentons ce plan. Ce plan n’est pas la propriété d’un gouvernement mais plutôt un programme d’actions pour l’État dont l’objectif est de traverser une phase difficile pour le Liban et de rétablir l’équilibre dans la voie financière. 

Mesdames et Messieurs, Tout au long de l’histoire, les Libanais ont surmonté de nombreuses crises nationales et existentielles. Aujourd’hui, ils cherchent à sortir de cette crise, quelles que soient les divergences politiques. Les libanais rejettent le négativisme face à tout plan de sauvetage. 

Personne ne peut être refoulé pour un dialogue logique, rationnel et objectif.

Nous sommes condamnés à faire face aux circonstances avec une logique ouverte positive, avec une harmonie nationale, et avec une coopération sincère entre toutes les forces politiques et représentatives, et avec des interactions avec les Libanais.

Ils ne pardonneront pas à quiconque de ne pas avoir activement participé à les sauver des griffes de la crise aiguë qui ravage le pays et qui menace leurs moyens de subsistance. 

Aujourd’hui, je lance un appel à toutes les forces politiques, aux blocs parlementaires, partis et organisations, aux acteurs et aux organismes économiques, aux banques.

Je vous invite sincèrement, à arrêter les débats, à vous débarrasser des illusions d’intérêts persistantes et à faire une pause avec vous-même: À quoi profitent toutes ces différences, toutes ces sensibilités et tous les calculs et intérêts, si le Liban s’effondre, à Dieu ne plaise?
Je vous invite à prendre conscience de la gravité de la situation, à réaliser l’ampleur des souffrances des Libanais et à reconnaitre les circonstances difficiles que traverse le pays.

Quels sont les avantages politiques et personnels dans la course pour le pouvoir et la gouvernance si la structure de l’État tombe? 

Je vous invite à renforcer les piliers de l’État, à protéger le pays et à réduire les charges pesant sur les Libanais.

Le peuple libanais a le droit de s’inquiéter de l’avenir du pays, de son avenir et de l’avenir de ses enfants. Je vous invite à un partenariat national, sans préjugés, sans objectifs et sans arrière-pensées.

Ce Liban est pour nous tous. Soit chacun protège ce pays, soit la perte retombe sur tout le monde. 

Messieurs, le temps est très précieux, les pertes accumulées sont très grandes, la réalité est très douloureuse et la possibilité d’y remédier n’attendra pas longtemps.

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