Les autorités grecques ont annoncé la saisie de 4.3 tonnes de cannabis cachées dans des équipements en provenance du Liban et à destination de la Slovaquie. La valeur de la marchandise est estimée à 33 millions d’euros.

Cette information intervient au lendemain de l’annonce de la décision des autorités saoudiennes de cesser toute importation de fruits et légumes en provenance du Pays des cèdres après la découverte, dans une cargaison de grenades, d’une importante quantité de pilules de captagon.

Pour rappel, l’Arabie Saoudite est le premier pays importateur pour les fruits et légumes libanais, pour un montant de 24 millions de dollars annuellement avait indiqué le ministre sortant de l’agriculture, Abbas Mortada.

Le Liban, l’un des premiers producteurs mondiaux de Haschich 

Aujourd’hui, le Liban reste l’un des cinq premiers producteurs mondiaux de haschich. La production libanaise représente environ 5 à 6 % de la production mondiale depuis 2002.

La culture s’est fortement développée durant la guerre civile avant une campagne d’éradication menée par l’état jusqu’au début des années 2000. 

Puis, cette culture s’est à nouveau renforcée en raison des problèmes sécuritaires, la majorité des ressources des forces de sécurité étant nécessaires pour mettre fin à la violence liée au débordement du conflit syrien au Liban.

Une estimation de 5 000 hectares de plans de Cannabis cultivés

On estime à l’heure actuelle à 5 000 hectares les plantations de Cannabis dans la Békaa dont beaucoup de champs sont situés à la lisière même des routes publiques. 

Un hectare de cannabis peut produire entre 40 et 100 kg de haschich, soit une valeur comprise entre 16 000 € et 40 000 €, beaucoup plus que ce que rapportent les cultures plus traditionnelles, une manne pour beaucoup d’agriculteurs touchés par la crise économique que traverse le pays des cèdres.

Il est également estimé que 50% de la production locale est exportée via des filières illégales finançant différentes organisations mafieuses.

Le captagon, le produit phare depuis le début de la guerre civile syrienne

Les douanes libanaises interceptent souvent des cargaisons de captagon à destination du Royaume Saoudien. Le mois de février a été marqué par la saisie de 5 millions de pilules de cette substance. 

La production de captagon, une sorte d’amphétamine, s’est propagée au Liban, en Irak et surtout en Syrie, à la faveur de la guerre civile syrienne. Elle permettait ainsi aux belligérants et notamment Daesh, avaient indiqué les autorités américaines qui avaient réussi à saisir en 2016 près de 300 000 pilules d’une valeur de 1.4 millions de dollars, d’une part de maintenir leurs hommes dans un état second lors des combats mais également d’avoir accès à des sources de financement via son exportation vers les Pays du Golfe et de la Péninsule Arabique. 

Ainsi, un émir saoudien, alors âgé de 29 ans, le prince Abdel Mohsen avait été arrêté le 26 octobre 2015 à l’aéroport international de Beyrouth. il tentait alors de quitter le Liban via un avion privé avec 1900 kilogrammes de Captagon, une drogue produite en très grande quantité en Syrie, pour une valeur estimée à 250 millions de dollars alors. Cet individu a été condamné par la cour d’appel du Mont Liban le 27 mars 2019, puis a été libéré avec interdiction de voyager le 26 avril 2020, à l’issue de sa peine. Le 21 juillet 2020, le même jour par conséquent, le procureur général de l’Appel de Beyrouth a levé l’interdiction de voyager de l’émir susmentionné. Le ressortissant saoudien a depuis quitté le Liban, le 24 juillet 2020.

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