La Ligne Verte (Frontière Libano-Palestinienne)

Origine et Contexte Historique

  1. Naissance :
    • La Ligne Verte, concernant la frontière entre le Liban et la Palestine mandataire, a été établie en 1923.
    • Cette délimitation faisait suite à des accords entre la France et le Royaume-Uni, les puissances mandataires respectives du Liban et de la Palestine.
  2. Accords de Paulet-Newcombe :
    • La frontière a été définie par la Commission Paulet-Newcombe en 1923, à la suite de la Conférence de San Remo en 1920 et du Traité de Sèvres en 1920. Elle est aussi connue sous le nom de “frontière franco-britannique”.

Nature

  • Frontière Internationale : La Ligne Verte était une frontière internationale officiellement reconnue entre le Liban, sous mandat français, et la Palestine, sous mandat britannique.
  • Démarcation : Elle délimitait les territoires administratifs des deux mandats, se basant sur des accords diplomatiques entre la France et le Royaume-Uni.

Localisation et Étendue

  • Délimitation : La frontière s’étendait du littoral méditerranéen près de Ras Naqoura à l’ouest, à travers les montagnes et les vallées, jusqu’aux hauteurs du Golan à l’est.
  • Tracé : La frontière a été tracée en tenant compte de diverses considérations géographiques, stratégiques et administratives de l’époque.

Signification et Impact

  • Frontière Stable : Elle a été acceptée comme la frontière officielle et est restée stable jusqu’à la création de l’État d’Israël en 1948.
  • Reconnaissance Internationale : Cette frontière était reconnue par les puissances mandataires et plus tard par la communauté internationale, même après l’indépendance du Liban en 1943 et la création d’Israël en 1948.

La Ligne Verte comme Frontière entre Israël et le Liban depuis les Accords d’Armistice de 1949

Les accords d’armistice de 1949 entre Israël et ses voisins, dont le Liban, ont établi des lignes de cessez-le-feu qui ont souvent été interprétées comme des frontières de facto. Dans le cas du Liban, cette ligne de cessez-le-feu est souvent confondue avec la “Ligne Verte” historique de 1923, qui délimitait la frontière entre le Liban sous mandat français et la Palestine sous mandat britannique.

Contexte Historique des Accords d’Armistice de 1949

Après la guerre israélo-arabe de 1948, des accords d’armistice ont été signés entre Israël et chacun de ses voisins arabes pour mettre fin aux hostilités. Ces accords étaient destinés à établir des lignes de cessez-le-feu plutôt que des frontières internationales permanentes, mais ils ont eu un impact significatif sur les frontières de facto.

Accords d’Armistice Libano-Israéliens

  • Date et Contexte : L’accord d’armistice entre Israël et le Liban a été signé le 23 mars 1949 à Ras Naqoura, une ville frontalière importante.
  • Objectif Principal : Cet accord visait à mettre fin aux hostilités et à établir une ligne de cessez-le-feu clairement définie.

La Ligne Verte de 1923

  • Origine et Établissement : La Ligne Verte, établie par la Commission Paulet-Newcombe en 1923, définissait la frontière entre le Liban sous mandat français et la Palestine sous mandat britannique.
  • Reconnaissance Internationale : Cette ligne a été reconnue internationalement comme la frontière administrative entre ces deux mandats jusqu’à la création de l’État d’Israël en 1948.

La Ligne de Démarcation de 1949

Selon l’Accord d’Armistice Général entre le Liban et Israël signé le 23 mars 1949, la ligne de démarcation de l’armistice suit exactement la frontière internationale entre le Liban et la Palestine sous mandat britannique. Cette frontière a été définie dans l’Accord de 1923 entre la Palestine et la Syrie et le Liban concernant les questions frontalières

La ligne de démarcation commence à la Méditerranée au point appelé Ras en Naqoura (Rosh Haniqra) et suit la crête du contrefort jusqu’au cairn 1, situé à 50 mètres au nord du poste de police palestinien de Ras en Naqoura. Ensuite, elle suit la même crête jusqu’au cairn 2 à Khirbet Danian, puis jusqu’au cairn 3 au sud-ouest du village de Labbouna. Elle continue ainsi jusqu’au cairn 6 entre les oueds Kutayeh et El Dalem.

Lors de la signature en 1949, Israël s’est retiré de 13 villages situés sur le territoire libanais qu’il avait occupés pendant la guerre. La ligne d’armistice est restée relativement calme depuis la fin des hostilités jusqu’en 1967, où Israël a suspendu son application suite à la guerre des Six Jours

  • Superposition avec la Ligne Verte : La ligne de cessez-le-feu définie par les accords d’armistice de 1949 suit de très près la Ligne Verte de 1923. Cela signifie qu’Israël et le Liban ont, de facto, accepté cette ligne historique comme une frontière administrative pour cesser les hostilités.
  • Contenu de l’Accord : L’accord stipule que la ligne d’armistice doit correspondre, dans la mesure du possible, à la frontière internationale reconnue en 1923. Cela confirme implicitement l’acceptation de la Ligne Verte comme base pour la démarcation.

Clauses Importantes des Accords

  • Article II : Cet article précise que les lignes de démarcation établies dans l’accord ne doivent pas être interprétées comme des frontières politiques ou territoriales permanentes, mais comme des lignes de cessez-le-feu. Cependant, il est spécifié que ces lignes suivent généralement les anciennes frontières mandataires.
  • Reconnaissance de la Frontière : Malgré l’accent mis sur la nature provisoire des lignes de cessez-le-feu, l’accord a été interprété par les parties et la communauté internationale comme une reconnaissance tacite des frontières historiques, en particulier celle de 1923.

Conséquences et Interprétations

  • Stabilité Frontalière : Depuis les accords de 1949, la ligne de cessez-le-feu a été utilisée comme une frontière de facto entre Israël et le Liban, malgré les tensions et les conflits intermittents.
  • Accords Internationaux : Les accords d’armistice de 1949 ont été reconnus par les Nations Unies, ce qui a renforcé l’acceptation internationale de ces lignes de démarcation.

Problématiques et Tensions Actuelles

  • Disputes Frontalières : Malgré l’acceptation initiale, la frontière a été le sujet de nombreuses disputes, en particulier concernant des zones comme les fermes de Chebaa.
  • Résolutions de l’ONU : La résolution 425 (1978) et la création de la Ligne Bleue en 2000 ont réaffirmé la nécessité de respecter les frontières établies et les lignes de cessez-le-feu.

Israël a effectivement accepté la Ligne Verte comme frontière de facto avec le Liban dans le cadre des accords d’armistice de 1949. Ces accords ont pris comme base la frontière mandataire de 1923, consolidant ainsi cette ligne comme une frontière administrative acceptée par les deux pays, malgré son statut provisoire et les tensions récurrentes. Cette acceptation a été renforcée par les résolutions ultérieures de l’ONU, même si des disputes territoriales subsistent.

La Ligne Bleue

Origine et Contexte Historique

  1. Naissance :
    • La Ligne Bleue a été créée en 2000 par les Nations Unies après le retrait israélien du sud du Liban.
    • Elle visait à confirmer le retrait israélien conformément à la résolution 425 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en 1978.

Nature

  • Ligne de Démarcation Internationale : La Ligne Bleue est une ligne de démarcation établie pour vérifier le retrait israélien, mais elle ne constitue pas une frontière officielle reconnue par les deux pays.
  • Vérification par l’ONU : Elle a été tracée par des équipes des Nations Unies basées sur les cartes d’armistice de 1949 et les positions géographiques vérifiées.

Localisation et Étendue

  • Délimitation : La Ligne Bleue s’étend sur environ 120 kilomètres, passant par des points stratégiques incluant les fermes de Chebaa, dont la souveraineté est disputée.
  • Tracé : Elle suit approximativement la frontière de 1923 mais avec des ajustements basés sur les positions militaires et les réalités de terrain observées en 2000.

Signification et Impact

  • Reconnaissance Internationale : Reconnue par l’ONU comme ligne de retrait israélien, elle sert de base pour les opérations de maintien de la paix.
  • Tensions Actuelles : Malgré son statut, elle reste une source de tensions et de conflits militaires entre Israël et le Liban, notamment impliquant le Hezbollah.

Synthèse des Différences

Origine :

  • Ligne Verte : Établie en 1923 comme frontière internationale entre le Liban sous mandat français et la Palestine sous mandat britannique.
  • Ligne Bleue : Établie en 2000 par les Nations Unies pour vérifier le retrait israélien du sud du Liban.

Nature :

  • Ligne Verte : Frontière internationale officielle reconnue historiquement.
  • Ligne Bleue : Ligne de démarcation de l’ONU, utilisée pour confirmer le retrait israélien, mais pas une frontière officielle reconnue par les deux États.

Signification :

  • Ligne Verte : Frontière stable et reconnue jusqu’à la création de l’État d’Israël.
  • Ligne Bleue : Ligne de retrait militaire avec reconnaissance internationale mais source de tensions.

Impact :

  • Ligne Verte : Représentait une séparation administrative stable entre deux mandats.
  • Ligne Bleue : Représente une tentative de résolution de conflit et de maintien de la paix, mais reste un point de contentieux.

La Ligne Verte et la Ligne Bleue entre le Liban et Israël représentent deux concepts différents de délimitation frontalière. La Ligne Verte, établie en 1923, servait de frontière internationale officielle, tandis que la Ligne Bleue, établie en 2000, est une ligne de démarcation pour vérifier le retrait israélien. Chacune a sa propre origine, signification et impact sur les relations entre le Liban et Israël.

Les Fermes de Chebaa : Contexte et Occupation

Les fermes de Chebaa constituent un territoire contesté à la frontière entre le Liban, Israël et la Syrie. Voici un historique détaillé et le contexte de leur occupation :

Contexte Historique et Occupation

  1. Occupation par Israël (1967) :
    • Guerre des Six Jours : En juin 1967, lors de la Guerre des Six Jours, Israël a capturé plusieurs territoires, dont le plateau du Golan, qui était sous contrôle syrien.
    • Les Fermes de Chebaa : Les fermes de Chebaa, situées à la frontière entre le Liban et la Syrie, ont été occupées par Israël durant cette guerre. Elles étaient administrées par la Syrie, bien que le Liban ait revendiqué la souveraineté sur ces terres.
  2. Statut Contesté :
    • Administration Syrienne : Avant 1967, les fermes de Chebaa étaient administrées par la Syrie, ce qui a conduit à des ambiguïtés concernant leur appartenance.
    • Revendications Libanaises : Le Liban revendique ces fermes en tant que partie intégrante de son territoire, se basant sur des documents cadastraux et des preuves historiques.

Résolutions de l’ONU

  1. Résolution 242 (1967) :
    • Appel au Retrait : Après la Guerre des Six Jours, la résolution 242 du Conseil de sécurité de l’ONU a appelé Israël à se retirer des territoires occupés durant le conflit, y compris le plateau du Golan. Cependant, cette résolution ne mentionne pas spécifiquement les fermes de Chebaa, car elles étaient administrées par la Syrie à l’époque.
  2. Résolution 425 (1978) :
    • Retrait d’Israël du Sud-Liban : La résolution 425 demandait à Israël de se retirer du sud du Liban, mais ne concernait pas les fermes de Chebaa directement.
  3. Résolution 1701 (2006) :
    • Après la Guerre de 2006 : Cette résolution visait à mettre fin aux hostilités entre Israël et le Hezbollah et à renforcer le mandat de la FINUL. Elle a également souligné l’importance de respecter la Ligne Bleue, sans résoudre directement la question des fermes de Chebaa.

Situation Actuelle

  1. Occupation Continue :
    • Présence Israélienne : Israël continue d’occuper les fermes de Chebaa, malgré les revendications libanaises et les appels à la résolution des conflits frontaliers.
    • Position de l’ONU : Les Nations Unies reconnaissent le besoin de clarifier le statut de ces fermes, mais les efforts pour résoudre cette question restent complexes en raison des rivalités régionales et des considérations géopolitiques.
  2. Tensions et Conflits :
    • Hezbollah et Israël : Les fermes de Chebaa sont souvent un point de tension entre Israël et le Hezbollah, avec des incidents militaires sporadiques.
    • Rôle de la FINUL : La FINUL patrouille la région pour prévenir les hostilités, mais la situation reste fragile.

Les fermes de Chebaa représentent un exemple complexe de litige territorial dans une région marquée par les conflits et les rivalités historiques. Occupées par Israël depuis la Guerre des Six Jours en 1967, ces terres sont revendiquées par le Liban, qui considère qu’elles lui appartiennent. Les résolutions de l’ONU ont cherché à traiter les retraits militaires et la paix régionale, mais n’ont pas résolu la question spécifique des fermes de Chebaa, contribuant ainsi à la persistance des tensions dans la région.

Pourquoi le Liban ne peut pas accepter la Ligne Bleue comme frontière définitive avec Israël

Le Liban ne peut pas accepter la Ligne Bleue comme frontière définitive avec Israël pour plusieurs raisons complexes et interconnectées, qui incluent des considérations historiques, politiques, territoriales et de sécurité. Voici les détails :

1. Contexte Historique et Juridique

  • Nature de la Ligne Bleue : La Ligne Bleue a été établie en 2000 par les Nations Unies pour vérifier le retrait israélien du sud du Liban, conformément à la résolution 425 du Conseil de sécurité de l’ONU. Elle n’est pas une frontière officielle mais une ligne de démarcation temporaire.
  • Frontière de 1923 : Le Liban considère la frontière internationale de 1923, définie par les accords de Paulet-Newcombe, comme la véritable frontière officielle entre le Liban et Israël. Accepter la Ligne Bleue reviendrait à renoncer à cette délimitation historique et juridiquement reconnue.

2. Problèmes Territoriaux

  • Fermes de Chebaa : La souveraineté sur les fermes de Chebaa est disputée. Le Liban affirme que ce territoire fait partie intégrante de son territoire, alors qu’Israël et parfois la communauté internationale considèrent que les fermes faisaient partie de la Syrie avant 1967. La Ligne Bleue passe à proximité de cette zone, et son acceptation comme frontière définitive pourrait signifier pour le Liban un abandon de ses revendications sur les fermes de Chebaa.
  • Ghajar : Le village de Ghajar est également divisé par la Ligne Bleue. Le village est principalement habité par des Alaouites syriens, et sa situation complique davantage l’acceptation d’une frontière définie par la Ligne Bleue.

3. Implications Politiques et Sécuritaires

  • Résistance au Statut Quo : Accepter la Ligne Bleue comme frontière définitive serait perçu comme une légitimation de l’occupation israélienne passée. Cela est politiquement inacceptable pour le Liban, où de nombreuses factions, dont le Hezbollah, voient Israël comme un occupant illégitime et un ennemi.
  • Hezbollah : Le Hezbollah utilise la question des frontières pour justifier sa lutte armée contre Israël. Accepter la Ligne Bleue comme frontière définitive pourrait affaiblir leur position politique et militaire au Liban, car cela pourrait être perçu comme une concession majeure à Israël.
  • Souveraineté et Pressions Internationales : Le Liban souhaite maintenir la souveraineté totale sur ses frontières et se méfie des pressions internationales qui pourraient l’amener à des compromis perçus comme défavorables. Accepter la Ligne Bleue comme frontière pourrait être interprété comme une soumission à la pression internationale sans obtenir de garanties sécuritaires et politiques suffisantes.

4. Préoccupations Diplomatiques

  • Négociations Futures : Accepter la Ligne Bleue pourrait limiter les options du Liban dans les négociations futures. Le pays préfère garder toutes les cartes en main pour d’éventuels pourparlers de paix ou d’autres négociations régionales.
  • Réactions Régionales : Les autres pays de la région, en particulier ceux qui soutiennent le Liban contre Israël, comme l’Iran et la Syrie, pourraient voir cette acceptation comme un affaiblissement de la position arabe commune contre Israël.

5. Résolution 1701 de l’ONU

  • Contexte de 2006 : La résolution 1701, adoptée après la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, renforce le cessez-le-feu mais ne redéfinit pas la frontière officielle. Le Liban insiste sur l’application de cette résolution tout en réaffirmant ses revendications territoriales.
  • Maintien de la Paix : La FINUL (Force intérimaire des Nations Unies au Liban) surveille la Ligne Bleue pour maintenir la paix, mais des incidents fréquents montrent que cette ligne n’est pas respectée de manière uniforme, ce qui complique son acceptation comme frontière définitive.

Le refus du Liban d’accepter la Ligne Bleue comme frontière définitive avec Israël repose sur un ensemble de facteurs historiques, territoriaux, politiques et sécuritaires. La reconnaissance de la Ligne Bleue signifierait une renonciation à des revendications territoriales importantes, une concession politique majeure dans le contexte du conflit avec Israël et une potentielle perte de souveraineté perçue par une grande partie de la population libanaise et ses factions politiques. Les tensions et les conflits autour de ces frontières montrent que le chemin vers une résolution pacifique et mutuellement acceptable reste complexe et semé d’embûches.

La Médiation de Amos Hochstein entre Israël et le Liban : Un Contexte Complexe

La médiation de Amos Hochstein dans les négociations frontalières entre le Liban et Israël est un sujet délicat qui soulève des questions sur l’impartialité, les intérêts nationaux et les dynamiques régionales complexes. Hochstein, en tant que médiateur américain, joue un rôle crucial dans une région marquée par des décennies de conflits et de tensions.

1. Contexte de la Médiation

Amos Hochstein, un diplomate américain de haut rang et ancien conseiller spécial pour la sécurité énergétique, a été nommé médiateur pour aider à résoudre les différends frontaliers entre Israël et le Liban. Son rôle est particulièrement important dans le contexte des négociations sur les frontières maritimes, qui ont des implications économiques significatives en raison des ressources énergétiques sous-marines.

2.Le Passé d’Amos Hoschstein en Israel

  • Antécédents Personnels : Hochstein a des liens personnels et professionnels avec Israël, ayant passé une partie de sa vie dans le pays et ayant servi dans l’armée israélienne. Cela soulève des questions sur sa capacité à être perçu comme un médiateur totalement impartial par les différentes parties prenantes.
  • Perception au Liban : Au Liban, ces antécédents peuvent alimenter des suspicions quant à son impartialité. Certains craignent que ses décisions favorisent Israël, étant donné ses liens personnels et sa compréhension approfondie des intérêts israéliens.

3. La Ligne Verte et la Ligne 23

  • Ligne Verte de 1923 : La Ligne Verte fait référence à la frontière internationale définie en 1923 entre le Liban et la Palestine mandataire, qui est aujourd’hui Israël. Cette ligne a été établie par les accords de Paulet-Newcombe entre la France et le Royaume-Uni, les puissances mandataires respectives.
  • Ligne 23 vs Ligne 29 : Dans les négociations maritimes récentes, la ligne 23 a été proposée comme la limite maritime, au lieu de la ligne 29, que le Liban considère comme plus conforme à la délimitation historique de 1923. Cette décision a été perçue par certains au Liban comme une concession injuste aux intérêts israéliens, ce qui exacerbe les suspicions envers le processus de médiation.

4. Les Dynamiques de la Médiation

  • Impartialité de la Médiation : Un médiateur est censé être neutre et impartial, mais les liens personnels de Hochstein avec Israël compliquent cette perception. La médiation dans des conflits aussi sensibles exige non seulement une impartialité réelle mais aussi une perception d’impartialité par toutes les parties concernées.
  • Rôle de la Diplomatie Américaine : Les États-Unis ont traditionnellement joué un rôle de médiateur dans les conflits au Moyen-Orient, souvent en soutenant Israël. Cela ajoute une couche supplémentaire de complexité, car le Liban pourrait percevoir l’engagement américain comme biaisé en faveur d’Israël.

5. Implications Géopolitiques

  • Équilibre des Pouvoirs : La médiation et les décisions qui en résultent affectent l’équilibre des pouvoirs dans la région. Les ressources énergétiques en jeu dans les délimitations maritimes sont cruciales pour l’économie et la sécurité nationale du Liban.
  • Confiance et Coopération Régionale : Pour que les négociations soient couronnées de succès, il est essentiel que toutes les parties aient confiance en la neutralité du médiateur. Toute perception de partialité peut saper les efforts de paix et de coopération.

La question de l’impartialité de M. Amos Hochstein en tant que médiateur dans les négociations entre Israël et le Liban, en particulier en ce qui concerne les accords sur les frontières maritimes, est en effet un sujet de débat important. Voici quelques points à considérer :

  1. Potentiel de Partialité : En raison de son passé en Israël et de son identité juive, certains pourraient remettre en question l’impartialité de M. Hochstein dans ses efforts de médiation entre Israël et le Liban. Cette perception pourrait être renforcée par le fait qu’il ait vécu en Israël et qu’il puisse avoir des liens personnels ou des affiliations politiques avec des acteurs israéliens.
  2. Ordre des Négociations : La question de savoir si les négociations sur les frontières maritimes devraient précéder ou suivre celles sur les frontières terrestres est un point de divergence. Certains soutiennent que définir d’abord les frontières terrestres clarifierait le contexte et faciliterait les discussions sur les frontières maritimes. Mais c’est l’inverse qui fut fait en définissant une ligne maritime sans définir la frontière terrestre et le point de départ de la ligne maritime.
  3. Importance des Frontières Maritimes : Les frontières maritimes revêtent une importance stratégique considérable, notamment en ce qui concerne l’exploration et l’exploitation des ressources naturelles en mer, telles que le pétrole et le gaz. Par conséquent, leur délimitation précise est cruciale pour éviter les conflits et pour assurer une gestion équitable des ressources. Un arbitrage international serait de mise sur cette question après un accord de paix futur entre Israël et le Liban.
  4. Transparence et Participation : Pour garantir la légitimité et la validité des accords sur les frontières maritimes, il est essentiel que les négociations soient menées de manière transparente et inclusive, en permettant la participation des parties concernées ainsi que des médiateurs impartiaux.

En conclusion, la question de l’impartialité de M. Hochstein et de l’ordre des négociations sur les frontières maritimes et terrestres entre Israël et le Liban sont des aspects complexes et délicats qui nécessitent une réflexion approfondie et une approche équilibrée pour parvenir à des accords mutuellement acceptables et durables.

Conclusion

La nomination de Amos Hochstein comme médiateur entre Israël et le Liban soulève des questions légitimes sur l’impartialité et les intérêts en jeu. Ses liens personnels avec Israël, combinés à la complexité historique et géopolitique de la région, compliquent la perception de son rôle au Liban. Pour que la médiation soit efficace, il est crucial que toutes les parties aient confiance dans le processus et que les décisions prises soient perçues comme équitables et équilibrées. Les défis de cette médiation mettent en lumière les difficultés inhérentes à la résolution des conflits dans une région marquée par des décennies de méfiance et de rivalités.

Bernard Raymond Jabre

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Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre, Etudes scolaires à Jamhour puis à l’Ecole Gerson à Paris, continua ses études d’économie et de gestion licence et maitrise à Paris -Dauphine où il se spécialise dans le Master « Marchés Financiers Internationaux et Gestion des Risques » de l’Université de Paris - Dauphine 1989. Par la suite , Il se spécialise dans la gestion des risques des dérivés des marchés actions notamment dans les obligations convertibles en actions et le marché des options chez Morgan Stanley Londres 1988 , et à la société de Bourse Fauchier- Magnan - Paris 1989 à 1991, puis il revint au Liban en 1992 pour aider à reconstruire l’affaire familiale la Brasserie Almaza qu’il dirigea 11 ans , puis il fonda en 2003 une société de gestion Aleph Asset Management dont il est actionnaire à 100% analyste et gérant de portefeuille , de trésorerie et de risques financiers internationaux jusqu’à nos jours.

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