S’exprimant à l’issue du conseil des ministres qui s’est déroulé ce lundi 24 janvier, le ministre des finances Youssef Khalil s’est voulu être rassurant concernant le budget 2022, écartant la mise en place de toute nouvelle taxe. Il a cependant indiqué que le dollar douanier devrait désormais s’aligner sur celui de la plateforme électronique de la Banque du Liban, c’est-à-dire Sayrafa, tout le contraire au final d’une chose rassurante.

Ainsi, le dollar douanier, qui sert à déterminer la valeur des biens importés au Liban, un pays qui importe 70% de sa consommation locale tout de même donc très dépendant de l’étranger, passera de la parité officielle à 20 000 LL/USD, diminuant ainsi de manière importante, le pouvoir d’achat de la population, déjà bien impactée par la dégradation de la valeur de la livre libanaise face au dollar depuis 2 ans.

On estime que les prix pourraient être ainsi multipliés par 10 pour certains produits importés, y compris les produits de première nécessité.

Par un tel artifice, le ministère des finances pense ainsi réduire les déficits publics et quelque peu réduire la balance commerciale du Liban et donc le flux de devises sortantes. Cependant, l’absence de produits de substitution locaux pourrait au contraire aggraver la détérioration des conditions sociales et économiques du Liban également confrontée à la hausse des prix depuis 2 ans.

Cette information intervient alors que l’officiel national des statistiques a déjà révélé que le taux d’inflation a atteint une moyenne annuelle de 154% en un an, une inflation qui avait été quelque peu contenue par les subventions de la Banque du Liban accordées à certains produits essentiels dont les carburants ou encore la farine et les médicaments mais qui ont été depuis levées pour certaines catégories de biens importés. Cela a amené les importateurs de marchandises à acheter des dollars sur les marchés parallèles amenant par ailleurs à la dégradation de la parité de la livre libanaise face au dollar depuis septembre.

Il aurait plutôt convenu de limiter les marges des importateurs au bénéfice des consommateurs, tenter de maintenir la consommation déjà fortement limitée par l’absence de possibilité de recourir à ses propres fonds coincés dans les banques libanaises, en vue de favoriser une reprise économique et non encore plus l’impacter. La situation est délicate, il s’agit de ne pas encore rendre plus dure pour une population dont 82% se trouve déjà vivre en-dessous du seuil de pauvreté.

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