Le port de Beyrouth
Le port de Beyrouth

L’Institut de la finance internationale estime nécessaire un plan de sauvetage de 8,5 milliards de dollars du Fonds monétaire international pour sortir de la crise économique, en plus des 11.6 milliards de dollars de CEDRE.

Selon Garbis Iradian, économiste en chef de l’IFI pour la région de Mena, le nouveau gouvernement Hassan Diab formé la semaine dernier devrait obtenir un programme d’aide du FMI, appliquer des contrôles de capitaux uniformes pour éviter que l’argent ne parte et maintenir à court terme son taux de change par rapport au dollar. L’intérêt de l’obtention de l’aide du FMI est de fournir un cadre nécessaire pour l’assainissement des finances publiques et les réformes structurelles et remédier ainsi aux déficiences de l’économie.

Lire le rapport (en anglais – disponible sur abonnement)

Un pays officiellement en récession selon l’IFI

L’économie du pays se serait détériorée rapidement avec un recul du produit intérieur brut estimé à 3,8% en 2019. Ce recul devrait se poursuivre et atteindre 4,7% cette année, selon l’IFI. Le déficit budgétaire s’est également creusé de 11.9% et la dette au PIB du pays a bondi à 166% contre 154% officiellement aujourd’hui, un record.

La dette publique du Liban, majoritairement détenue par des banques libanaises, a atteint 89,5 milliards de dollars fin novembre 2019.

Des réformes structurelles jugées nécessaires

Aussi, pour faire face à cette situation, le FMI préconise la mise en place de réformes structurelles et notamment du secteur de production d’électricité, qui nécessite à lui tout seul 2 milliards de dollars de subventions annuelles.

Parallèlement, des réformes fiscales et une augmentation des revenus de l’état tout en minimisant les effets sur les classes sociales les plus défavorisées est préconisé par l’IFI.

Sur le front financier, une réduction des taux d’intérêt est nécessaire.

Vue de Beyrouth, depuis le littoral. Crédit Photo: François el Bacha. Tous droits réservés.
Vue de Beyrouth, depuis le littoral. Crédit Photo: François el Bacha. Tous droits réservés.

Par ailleurs, la privatisation de certaines entreprises publiques est préconisée. L’IFI rappelle que la banque centrale du Liban est propriétaire de la compagnie aérienne nationale Middle East Airlines, dont la privatisation a été reportée à plusieurs reprises ou encore du Casino du Liban. D’autres secteurs pourraient également être privatisés dont l’aéroport international de Beyrouth, le port de Beyrouth, la Loterie nationale et les opérateurs de télécommunications.

Le report et l’allongement de l’échéance de la partie de la dette en monnaie nationale, qui représentait environ 62% de la dette totale fin 2019 pourrait être repoussée, alors que les obligations libellées en monnaie étrangère, pourraient être échangées contre de nouvelles obligations souveraines à plus longue échéance, éventuellement à des rendements inférieurs dans le cadre d’un programme du FMI.

Pour rappel, le Liban doit payer 1,2 milliard de dollars, dû en mars, quand une euro-obligation arrivera à échéance. 700 millions de dollars supplémentaires sont attendus en avril et 600 millions de dollars en juin, alors que de nombreux experts jugent aujourd’hui impossible à ce que l’état libanais ou la Banque du Liban honore ces versements.

La lutte contre la corruption et la création d’un fonds social

Selon l’institut de la finance internationale, les fonds volés récupérés par l’état et les subventions étrangères pourraient permettre la création d’un fonds social afin de réduire les inégalités entre riches et pauvres.

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