La crise politique entre la Présidence de la République et le Premier Ministre désigné Saad Hariri, revenu au Liban ce vendredi même pour assister à la session se trouve désormais devant le Parlement. Le Président de la chambre a ainsi décidé de reporter cette session à ce samedi, 14 heures

Pour rappel, la Présidence de la République accuse Saad Hariri d’être à l’origine des retards pris pour constituer ce cabinet alors que la situation sociale et économique locale continue à se dégrader. Quant au premier ministre désigné, il maintient ses positions en faveur d’un gouvernement de 18 membres et refuse au Président de la République de désigner les ministres chrétiens au sein de son cabinet, l’accusant par ailleurs de chercher à obtenir un droit de véto.

Côté parlementaires proches de la présidence, le député Alain Aoun a estimé que le processus de formation du prochain cabinet a échoué et que la communication entre présidence de la république et maison du centre est désormais coupée.

Côté du Courant du Futur, on estime que rien dans la constitution ne permet de retirer la désignation du premier ministre, note le député Hadi Hobeiche, qui accuse le président de porter la responsabilité du blocage du processus de formation.

Un pays sans gouvernement alors que la crise économique le touche de plein fouet

Le Liban est sans gouvernement depuis la démission, le 10 août dernier, du premier ministre sortant Hassan Diab.

La formation d’un nouveau gouvernement est considérée comme une des conditions préalable à la relance des négociations avec le Fonds Monétaire International afin d’obtenir un déblocage de l’aide financière de la communauté internationale face à la crise économique que traverse le Liban. 

Suite à l’échec de Moustafa Adib à former un cabinet, l’ancien premier ministre Saad Hariri, qui avait pourtant démissionné suite à d’importantes manifestations en octobre 2019, s’est vu être chargé de former un nouveau gouvernement en octobre 2020.

Pour tenter de débloquer la situation, l’ancien premier ministre a promis au mouvement Amal d’attribuer le portefeuille du ministère des finances à un membre de la communauté chiite. Il avait également réitéré que le Liban pouvait se passer d’un état de défaut de paiement, déniant ainsi la gravité de la crise économique cependant vécue par la population, avec 55% de celle-ci vivant désormais sous le seuil de pauvreté alors que la récession économique a atteint 29% selon certains rapports pour l’année 2020.

Cependant, les propositions de Saad Hariri d’un cabinet de 18 membres se heurtent à la présidence de la République, qui souligne que si les communautés chiites et sunnites choisissent leurs représentants, les représentants chrétiens au sein du nouveau cabinet seraient également choisis par le premier ministre désigné. Le Général Aoun estime de fait que les propositions actuelles du premier ministre contreviennent à la fois à la constitution libanaise et au pacte national.

Ce dernier accuse de son côté le chef de l’état de souhaiter obtenir un tiers de blocage au sein de son nouveau cabinet, ce que réfute la présidence de la république.

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