L’ancien PDG de Renault Nissan a été entendu comme simple témoin par les enquêteurs français depuis Beyrouth ce mercredi dans le cadre d’une enquête portant sur le scandale des moteurs diesel et essence dont la cartographie avait été modifiée pour minimiser les émissions de carburant lors de contrôles.

Cet interrogatoire fait déjà suite à un rapport publié en 2017 qui estimait que toute la chaine de gestion, y compris les plus hautes instances de la firme étaient en connaissance de cela.

Pour rappel, outre le versant japonais de l’enquête, la justice française enquêterait également sur des abus de biens sociaux, notamment lors de son mariage qui s’est déroulé au Château de Versailles en 2016 ou encore d’une enquête pour fraude en raison de transactions financières suspectes avec l’agent de la marque présent dans le Golfe et sur des contrats de la filiale néerlandaise de Renault-Nissan RNBV.

Cet interrogatoire était précédemment prévu en janvier dernier mais a dû être reporté en raison des mesures prises dans le cadre de la lutte contre l’épidémie du covid19.

Pour rappel,  Carlos Ghosn avait réussi à fuir le Japon, le 20 décembre 2019, via la Turquie et à destination du Liban, dans un scénario digne d’un film. 

Il avait effectué près de 130 jours de prison depuis novembre 2018 dans les geôles japonaises avant de bénéficier d’une libération à condition de résider d’un lieu sous surveillance. 

Certaines sources indiquent que l’homme d’affaires aurait pu se cacher à l’intérieur d’une malle d’un instrument de musique.

Carlos Ghosn est accusé d’avoir détourné d’importantes sommes de Nissan, chose qu’il dément de son côté. Il avait motivé son évasion au fait d’estimer la justice japonaise comme cherchant un bouc émissaire dans le cadre de règlement de compte et l’impossibilité de se défendre. Aussi, l’interdiction qui lui a été faite de voir son épouse en aurait été le déclic. 

Son arrivée au Liban divise cependant les libanais, certains y voyant une des figures de la corruption qui ravage le Pays des Cèdres confronté à une importante crise économique, d’autres saluant son arrivée et dénonçant une chasse aux sorcières dont il aurait fait les frais au Japon selon eux.

Selon Carlos Ghosn, le dossier monté contre lui a été monté par une poignée d’individus du groupe Nissan avec le procureur japonais. “Je n’ai pas fui la justice, j’ai fui l’injustice”, précise l’homme estimant qu’il n’avait pas d’autre choix que de fuir pour se protéger face à un procès inéquitable. 

Pour sa part, le Liban aurait été informé par Interpol d’un dépôt d’un mandat d’arrêt international contre son encontre. Cependant, il n’y a que peu de chance pour que les autorités libanaises puissent remettre l’homme d’affaires aux autorités nippones qui l’accusent de détournements de fonds, Beyrouth n’autorisant pas l’extradition de ses ressortissants.

En dépit de son départ hors du Japon, il encourt toujours jusqu’à 15 ans de prison et 1,25 million d’euros d’amende au Japon. 

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