À peine revenu d’Egypte, le premier ministre désigné Saad Hariri s’est rendu au Palais Présidentiel de Baabda pour présenter une nouvelle formule gouvernementale, indique-t-on de source médiatique, près de 11 mois après la démission du gouvernement Hassan Diab, le 10 août 2020 alors que le Liban continue à s’enfoncer dans une crise sociale et économique d’une ampleur la plaçant parmi l’une des 3 pires depuis le milieu du XIXème siècle.

Les deux hommes ne s’étaient pas revus depuis maintenant 4 mois alors que se multipliaient les différends entre eux. Il avait été désigné à l’issue d’une consultation parlementaire contraignante le 22 octobre dernier pour former un 4ème gouvernement.

Cette nouvelle formule serait inédite et ferait une large part à de nouveaux noms et une nouvelle répartition des différents portefeuilles attribués aux différentes communautés. Saad Hariri a également accordé 24 heures au chef de l’état pour étudier cette nouvelle distribution des ministères entre les partis politiques.

Ces propositions incluraient une répartition par tiers des ministères entre la présidence de la république pour la communauté chrétienne, la communauté sunnite pour le premier ministre et la communauté chiite pour le mouvement Amal et le Hezbollah. Cependant, elle ne répondrait pas à priori au Pacte National qui stipule de manière orale une répartition par moitié entre communauté chrétienne et musulmane des différents portefeuilles, ce qui pourrait amener le chef de l’état à refuser cette nouvelle proposition.

Cette nouvelle proposition serait cependant conforme à la feuille de route française, souligne le camp de Saad Hariri appuyé par le président de la chambre Nabih Berri, qui estime “que ce gouvernement peut sauver le pays et travailler immédiatement pour arrêter l’effondrement.”

Quant au chef de l’état, il a répondu aux journalistes présents qu’il espère pour le mieux, indiquant par l’intermédiaire de son bureau qu’il discutera, étudiera et agira en conséquence.

En cas de refus, Saad Hariri pourrait décider de se retirer, ouvrant la voie à de nouvelles consultations parlementaires. Ce mercredi, il s’était ainsi rendu en Egypte où il a reçu le soutien du président égyptien Abdel-Fattah al-Sisi.

Côté libanais, un émissaire spécial du Président français, Patrick Durell s’est déplacé au Liban où il a rencontré les différents responsables locaux dont le Président de la République, le général Aoun, le Président de la chambre Nabih Berri et les chefs de partis politiques dont Walid Joumblatt, Samir Geagea. Il avait déjà rencontré hier Saad Hariri et Gébran Bassil pour évoquer avec eux la formation du gouvernement.

Le chef de l’état aurait quant à lui exposé les difficultés face à la formation du gouvernement dont la première priorité sera de mettre en place les réformes jugées nécessaires pour débloquer l’aide de la communauté internationale, la lutte contre la corruption et également l’audit juricomptable de la Banque du Liban. Egalement, une nouvelle conférence pour le Liban devrait être organisée à l’initiative de la France.

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