Le secrétaire général du Hezbollah s’est exprimé ce vendredi soir pour s’en prendre vivement à la sélectivité et à la politisation dans l’enquête sur les explosions portuaires de Beyrouth ainsi que dans la réponse du système judiciaire aux requêtes juridiques déposées par l’ancien député accusé et les anciens ministres.

Il avait précédemment félicité les libanais pour le 78ème anniversaire de l’accession à l’indépendance du Pays des Cèdres, estimant que le Liban est aujourd’hui entré dans une phase de recouvrement de son indépendance, de sa souveraineté et de sa liberté réaffirmant l’engagment du Hezbollah face à Israël et rappelant que l’état hébreu était allé jusqu’à occuper la capitale libanaise jusqu’en 2000.

L’occupation de certaines parties du Liban signifie que sa souveraineté est déficiente, de même que l’échec à exploiter ses richesses, et dans l’ingérence américaine quotidienne, y compris les prochaines élections législatives

Hassan Nasrallah, le 26 novembre 2021

À ce sujet, Hassan Nasrallah s’est déclaré inquiété par la normalisation entreprise par certains pays arabes avec Israël. Cependant, “rien ne minera la détermination de la résistance”

Le juge Tarek Bitar et le système judiciaire en ligne de mire du discours d’Hassan Nasrallah

Le secrétaire général du Hezbollah a donc accusé le système judiciaire de sélectivité et d’être politisé dans le cadre de l’enquête portant sur l’explosion du Port de Beyrouth.

Il faisait ainsi référence aux recours présentés par les anciens ministres des finances Ali Hassan Khalil, des travaux publics Ghazi Zoaiter, de l’intérieur Nouhad Machnouk et des transports Youssef Fenianos ainsi que par l’ancien premier ministre Hassan Diab, tous accusés d’homicide volontaire et de négligence criminelle et refusés par la cour de cassation.

Ainsi, Hassan Nasrallah estime qu’aucun juge, mis à part le juge Habib Mezher qu’il estime avoir été menacé et “combattu” n”a tenté de destituer le juge Tarek Bitar, qui enquête actuellement sur le dossier de l’explosion de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium le 4 août 2020.

Le secrétaire général du Hezbollah estime ainsi que la justice libanaise protège les juges qui avaient autorisé le déchargement de ce nitrate voire même refusé son départ.

Hassan Nasrallah a également abordé le dossier des incidents de Tayyouneh, estimant que le tribunal militaire a aussi subi une pression de la part des partis politiques, faisant allusion au dirigeant des Forces Libanaises Samir Geagea.

Pour rappel, le dirigeant chiite accuse le chef des forces libanaises d’être impliqué dans la fusillade de Tayyouneh, ce que dément ce dernier qui a refusé de répondre à la convocation du procureur militaire et dont certains proches comme le responsable de la sécurité de Maarab ont été accusés.

“Même ceux qui nous donnent des conférences pour recourir au système judiciaire ont refusé d’aller à la justice et certains des fugitifs sont présents à Maarab et y sont protégés afin qu’ils ne soient pas arrêtés”

Il a ainsi estimé que les pressions sur le système juridique doivent cesser et laisser le cour de la justice aller normalement.

“Ceux qui ont participé aux meurtres doivent être jugés et poursuivre le cours actuel est dangereux”, a conclu sur ce point le secrétaire général du Hezbollah.

Le Hezbollah pourrait se remobiliser face à l’épidémie du coronavirus

Le Hezbollah pourra se remobiliser face à l’épidémie du coronavirus, annonce Hassan Nasrallah, qui appelle “l’État, le peuple et les résidents du Liban à prendre ce problème au sérieux”.

S’adressant directement au ministre de la santé, il indique que le mouvement chiite pourra mettre ses moyens à sa disposition. “Le problème n’est pas qu’un ministre réussisse ou échoue, et nous devons tous coopérer indépendamment des divergences politiques”, estime Hassan Nasrallah.

Des coupes budgétaires au lieu de la levée des subventions et un appel à combattre la spéculation contre la livre libanaise

Il a également appelé au retour des subventions précédemment levées en faveur des médicaments, appelant plutôt à des coupes budgétaires en lieu et place avant d’appeler à la prise de décisions courageuses face aux personnes spéculants contre la livre libanaise face au dollar.

Par ailleurs, Hassan Nasrallah a indiqué que le programme d’importation de fioul se poursuivra le mois prochain. 80 institutions, 340 municipalités, 22 hôpitaux publics et 71 brigades de pompiers ont déjà bénéficié du précieux liquide. 2 600 000 dollars ont ainsi été offert à certaines d’entre elles alors que d’autres bénéficiaient comme les boulangeries, les hôpitaux privés, les minoteries, les générateurs de quartier voire même l’Electricité de Zahlé, de réductions par rapport au prix du marché. Le coût de ces subventions auraient ainsi atteint 7 750 000 USD, note le dirigeant chiite qui conclu sur le fait qu’aucun profit n’a été engrangé dans le cadre de ces opérations.

Pour rappel, des hommes d’affaire proches du mouvement chiite avaient affrété 3 tankers de fioul iranien alors que le Liban traversait une phase de pénurie de carburant et notamment de fioul allant jusqu’à menacer les secteurs essentiels comme celui de la fabrication de pain, l’approvisionnement en électricité des hôpitaux ou encore des systèmes de distribution d’eau.

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