Le directeur général d’Ogero Imad Kreidieh a estimé sur Twitter que les capacités de la compagnie publique pourraient être fortement impactées par les pannes d’électricité et la pression accrue sur les générateurs des centrales téléphoniques. Il note également que le carburant nécessaire à ces générateurs commence à manquer.

Cette semaine, l’Electricité du Liban a indiqué qu’un seul tanker a pu voir sa marchandise être déchargée sur les 4 présents au large des côtes libanaises. En cause, l’annulation par le conseil constitutionnel de l’avance qui lui avait été accordée par le Parlement et l’incapacité d’obtenir les lignes de crédit nécessaires par la Banque du Liban suite à un recours présenté par le bloc des Forces Libanaises

Ainsi, seule la centrale électrique de Zouk a pu bénéficier d’un réapprovisionnement et pourra voir sa capacité de production être augmentée. Les autres centrales électriques devront réduire leurs productions respectives. Pour l’heure, celle-ci atteindrait seulement 720 mégawatts contre une capacité totale de 1900 mégawatts et une demande de 3500 mégawatts. 

En raison de ce rationnement, toutes les régions libanaises, y compris la capitale Beyrouth, sont ainsi affectées par des coupures d’électricité, rappelle l’Electricité du Liban qui note également que l’entretien des centrales électrique nécessite également un financement en devises étrangères, un financement aujourd’hui interrompu. 

Pour rappel, les avances perçues par l’EDL constituent le 3ème poste de dépenses publiques annuellement, comptant pour presque 3% du PIB annuellement. Elles ont été notamment induites par la décision de l’état dès 1997, d’imposer un prix de production d’électricité sur base d’un baril de pétrole aux environs des 15 USD, induisant un large différentiel entre coût de production et prix à la vente du kilowattheure et par conséquent, un important déficit annuel pouvant atteindre jusqu’à 2 milliards de dollars annuellement. La situation financière de l’EDL s’est encore aggravée avec l’obsolescence de ses centrales électriques augmentant encore les coûts et l’incapacité financière pour elle d’en construire de nouvelles.

Dès début du mois, l’Electricité du Liban avait mis en garde contre l’interruption de la fourniture d’électricité d’ici fin de ce mois en raison de la suspension de l’avance de 200 millions de dollars par le conseil constitutionnel suite à un recours présenté par les députés Forces Libanaises.

Côté carburant, ce vendredi, alors que de nombreuses stations essence ont dû fermer leurs pompes, de nombreux automobilistes faisaient également la queue devant les rares stations encore ouvertes. De leur côté, les importateurs d’essence estiment que les stocks actuels ne pourront suffire qu’à satisfaire un peu plus de 40% du marché actuel, mettant en cause également la Banque du Liban qui tarde à accorder les lignes de crédit nécessaires au déchargement des tankers pourtant présents devant les côtes libanaises.

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