La banque américaine JP Morgan estime à 14 % en 2020 et à 4% en 2021, la récession économique qui touche le Liban. Ces estimations pourraient encore être revues à la baisse en cas d’aggravation de la situation locale. L’économie libanaise s’était déjà contractée de 6.9% en 2019 et de 1.9% en 2018.

Le rapport estime que la contraction de la crise a été aggravée par la prolongation de la crise bancaire, la situation d’état de défaut induit par l’importante dette publique et l’épidémie du coronavirus COVID19.

Cette information intervient alors que d’importantes manifestations ont touché le Liban dès le 17 octobre. Après une relative accalmie suivant la crainte de voir l’épidémie du coronavirus COVID19 s’étendre au Liban, ces manifestations ont repris la semaine dernière suite à l’aggravation de la parité entre livre libanaise et dollar.

Les autorités libanaises ont également présenté un plan de sauvetage de l’économie libanaise, visant à réduire l’importante dette publique qui atteint 92.4 milliards de dollars alors que le PIB reste en chute libre. Le Liban avaient annoncé un état de défaut de paiement début mars et a débuté un processus de négociation avec le Fonds Monétaire International.

S’il vise à établir un surplus de la balance primaire dès l’année prochaine en instaurant une politique d’austérité et une hausse des revenus, les réformes économiques et monétaires que le plan stipule restent difficiles à appliquer. D’autre part, l’abandon de la politique du PEG, d’importantes pertes financières sont attendues. La crise sociale et économique pourrait encore être aggravée par la hausse du taux de chômage et l’instabilité politique.

JP Morgan semble écarter une conclusion rapide des négociations en cours avec le Fonds Monétaire International en raison de certaines difficultés liées par exemple à des différences entre calendriers concernant le programme de réformes fiscales et structurelles mais également des difficultés politiques avec la présence par exemple du Hezbollah au sein du gouvernement actuel.

Le déficit fiscal pourrait être moins important estime la banque, après la décision de la Banque du Liban de rembourser le Ministère des Finances, une partie de la dette libellée en livre libanaise. Cependant, l’épidémie du coronavirus COVID19 a aggravé la situation. Par conséquent, la banque indique que le déficit pourrait s’aggraver, atteignant 9.2% du PIB.

Les réserves monétaires devraient également continuer leurs chutes, atteignant moins de 20 milliards de dollars, soit pour l’équivalent de 12 mois d’importations, même s’il y a eu une légère amélioration induite par la chute des prix des hydrocarbures. Cependant, les mesures de confinements induites par la crainte de voir le coronavirus s’étendre au Liban a lourdement impacté d’autres secteurs d’activités comme le secteur du tourisme. Le contrôle des capitaux a également amené à la diminution des flux financiers de la diaspora.

JP Morgan estime que les autorités officielles seront dans l’obligation d’annoncer la dévaluation de la Livre Libanaise dès la fin de cette année ou au début de 2021.

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