Le Président de la République Française Emmanuel Macron a annoncé la tenue d’une nouvelle conférence internationale consacrée au Liban, le 4 août prochain, un an après, jour pour jour, l’explosion du port de Beyrouth. Pour rappel, celle-ci avait fait plus de 200 morts et plus de 6 000 blessés.

Cette conférence devrait être consacrée à l’aide humanitaire au bénéfice de la population libanaise et à l’Armée Libanaise, cela afin d’empêcher l’effondrement total du Pays des Cèdres confronté à une crise économique d’une ampleur inconnue dans son histoire contemporaine.

Cette annonce intervient au lendemain du retrait du désormais ex-premier ministre désigné Saad Hariri qui a acté son échec à former un nouveau gouvernement pourtant nécessaire au déblocage de l’aide économique de la part de la communauté internationale, une aide conditionnée à la formation d’un cabinet qui devra mettre en oeuvre les réformes structurelles, économiques, financières et monétaires critiques.

Pour rappel, le président de la république française s’était rendu à 2 reprises en 2020 au Liban, notamment le 6 août, 2 jours après l’explosion du port de Beyrouth. Il avait alors dénoncé, de concert avec une grande partie de la population, une classe politique jugée corrompue et incapable de diriger un état menacé d’effondrement et annoncé la mise en place d’une initiative visant à sortir le Pays des Cèdres de la crise qu’il traversait. Lors de son 2ème déplacement au Pays des Cèdres à l’occasion du centenaire de la proclamation du Grand Liban, le 1er septembre 2020, Emmanuel Macron avait alors révélé le contenu de son initiative visant à mettre en place un gouvernement d’ici 4 semaines et reçu les assurances des partis politiques que cela serait le cas.

Une situation critique et des inquiétudes concernant l’effondrement de l’état

11 mois après la démission du gouvernement Hassan Diab, force est de constater que cette promesse n’a pas été respectée par les partis politiques locaux qui butent toujours sur la répartition des différents postes ministériels. Par ailleurs, la mise en place des réformes économiques est également rendue difficile par le déni de certains intérêts à assumer leurs responsabilités respectives, comme les banques dont les pertes pourraient être plus importantes même que prévue. Une dernière estimation évoque ainsi des pertes sectorielles de 100 milliards de dollars pour moins de 140 milliards de dollars de dépôts au total. Les difficultés financières impactent durement la Banque du Liban qui a vu ses réserves monétaires disponibles arriver à son seuil critique après avoir subventionné durant des années une monnaie locale surévaluée. Ce n’est pas moins de 66 milliards de dollars qui sont ainsi sorti du Liban entre 2017 jusqu’à la mise en place d’un contrôle informel des capitaux. Depuis les pénuries de produits essentiels dont les carburants, médicaments dont certains à destination des personnes souffrant de maladies chroniques ou de cancers alors qu’une polémique couve actuellement entre ministère de la Santé et Banque du Liban au sujet de son financement, voire même alimentaire touchent la population.

77% de la population dont 33% d’enfants ne mangerait ainsi plus à sa faim, notait un rapport de l’UNICEF en raison de la dégradation de la parité entre livre libanaise et dollar. La monnaie locale a ainsi perdu plus de 92% de sa valeur, amenant le salaire minimum à moins de 30 USD par mois contre 600 USD à peine 2 ans avant. Quant au salaire médian, il est désormais à moins de 110 USD contre 1500 USD 2 ans auparavant. 75% de la population, indiquent des sources officieuses, vit désormais en-dessous du seuil de pauvreté.

Cette situation a amené le premier ministre sortant Hassan Diab à estimer que l’effondrement ne serait plus qu’une question de jours désormais.

En raison de l’absence d’un gouvernement, la commission parlementaire de La Défense en France avait proposé de placer cette aide internationale sous la forme d’une TaskForce placée sous mandat de l’ONU et de la Banque Mondiale. Il s’agira de maintenir les structures essentielles d’aide à la population dont le secteur de production d’électricité publique, du secteur hospitalier ou encore la distribution d’eau. Egalement, une autre aide devrait être accordée à l’armée libanaise alors que des rumeurs indiquent qu’elle ne pourrait plus assurer le paiement des salaires de ses militaires à partir de septembre.

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