À l’issue d’une longue réunion avec le Président de la République, le Général Michel Aoun, réunion qui a débuté à partir de 10 heure pour s’achever après 11 heures, l’ambassadrice des Etats-Unis au Liban, Dorothy Shea a souligné l’importance de former un gouvernement “capable de mener des réformes”.

Assurant du soutien des Etats-Unis, la diplomate s’est montrée confiante en la capacité du Pays des Cèdres de surmonter les crises actuelles.

“Je sais que les dirigeants de ce pays tentent de former un gouvernement mais je me demande qui fait cette demande? Il ne serait pas temps de retirer ces demandes et de commencer à régler la situation”, estime-t-elle.

Suite à l’échec des pourparlers entre le Président Michel Aoun et le Premier ministre désigné Saad Hariri, une intense activité diplomatique a été menée par les ambassadeurs d’Arabie saoudite, de France et des Etats-Unis présents au Liban ainsi que par l’Ambassadeur du Koweit. Cette initiative vise à rapprocher les 2 hommes et à soutenir la feuille de route française, appelant à la constitution d’un nouveau gouvernement, condition préalable à l’adoption des réformes nécessaires au déblocage de l’aide économique de la communauté internationale

Cependant aucun résultat concret n’a été obtenu pour l’heure, en dépit de l’aggravation de la crise économique que traverse le Liban depuis 2019.

Une crise politique toujours présente alors que la situation économique continue à se dégrader.

A l’issue d’une 18ème rencontre avec le Président de la République, le premier ministre désigné Saad Hariri a accusé le chef de l’état de vouloir obtenir un tiers de blocage à l’issue d’une 18ème réunion. Le message d’Aoun est inacceptable parce que le Premier Ministre désigné “n’est pas censé remplir les papiers pour qui que ce soit”, jugeait alors le premier ministre désigné, “mais est celui qui forme le gouvernement”. “J’ai informé Aoun que je considérerai que je n’ai pas reçu la lettre de sa part et je la lui ai retournée”, a-t-il poursuivi, avant d’indiquer avoir remis sa proposition de répartition il y a 100 jours et être prêt à toute modification et compromis y compris au sujet du ministère de l’intérieur, accusant le chef de l’état de souhaiter obtenir un tiers de blocage au sein de son cabinet.

Son bureau a également publié la liste de ministrables présentée par lui en décembre dernier. 

La Présidence de la République avait alors répliqué, publiant ainsi à son tour un document concernant la formation du prochain cabinet et comportant un mécanisme de nomination de 20 ministres sans nom donc sans tiers de blocage contrairement aux accusations du premier ministre désigné Saad Hariri.

La méthode pour former un gouvernement est connue par le premier ministre, estime la Présidence de la République qui souligne que ce dernier avait déjà composé 2 gouvernements sous le mandat du Président actuel, le Général Michel Aoun. Il accuse également Saad Hariri d’avoir présenté, jusqu’à présent des listes incomplètes, l’accusant ainsi indirectement d’avoir saboté le processus de formation de ce cabinet pourtant nécessaire face à la crise économique que traverse actuellement le Pays des Cèdres.

La présidence a également dénoncé la publication par le premier ministre d’une liste de ministrables présentée par lui, le 9 décembre 2020, sans être approuvée par le Palais de Baabda.

Cette rencontre faisait déjà suite à un ultimatum lancé par le chef de l’état au premier ministre, l’appelant à former un gouvernement dans les plus brefs délais ou à se retirer. Saad Hariri avait alors appelé le chef de l’état à signer le décret de formation de son gouvernement ou à “organiser des élections présidentielles anticipées” pour ensuite aller à sa rencontre.

Certaines sources estiment que Saad Hariri pourrait retarder l’annonce de formation d’un prochain gouvernement jusqu’à juin prochain, afin d’éviter de porter la responsabilité de la fin du programme de subvention à l’achat des produits de première nécessité et ainsi la dégradation brutale et attendue de la Livre Libanaise qui pourrait alors se produire. 

Pour rappel, le Liban est sans gouvernement depuis le 10 août dernier, suite à la démission du gouvernement Hassan Diab. 

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