Le premier ministre Najib Mikati en compagnie du ministre des finances Youssef Khalil et le gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé. Crédit Photo: Dalati & Nohra
Le premier ministre Najib Mikati en compagnie du ministre des finances Youssef Khalil et le gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé. Crédit Photo: Dalati & Nohra

De source médiatique, on indique que le comité ministériel chargé des négociations avec le Fonds Monétaire International a finalement confirmé le chiffrage des pertes du secteur bancaire face à la crise économique hier.

Cette réunion était présidée par le premier ministre Najib Mikati, en présence du vice premier ministre Saade Chami, du ministre des finances Youssef Khalil, du gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé. Le ministre de l’économie Amin Salam y assistait également par visioconférence.

Pour l’heure, ce chiffrage serait inférieur à celui présenté l’année dernière par le gouvernement Diab qui évoquait des pertes de 63 milliards de dollars alors confirmées par les estimations des experts du FMI.

Cependant, si ce chiffre est inférieur, l’aide financière accordée par le FMI pourrait également l’être, limitant alors les possibilités de relance de l’économie libanaise, notent les spécialistes qui estiment qu’au contraire, les pertes de ce secteur se sont encore aggravées depuis un an.

Un rapport d’une agence de notation estimait ainsi, il y a quelques mois, que celles-ci pourraient atteindre en réalité 103 milliards de dollars.

Ces chiffres pourront donc être sévèrement amendées durant les discussions avec le Fonds soulignent les experts qui estiment, sur base des informations actuelles, les autorités libanaises comme étant trop optimistes.

De nouvelles discussions du comité interministériel sont prévues la semaine prochaine, pour répartir ces pertes entre déposants, actionnaires des banques, Banque du Liban et l’état. Alors que le précédent plan impliquait un bail-in de nouveaux actionnaires et un bail-out des actionnaires existants des banques, accusés d’avoir malgérés l’argent des déposants, les spécialistes estiment que le premier ministre, par ailleurs lui-même actionnaire d’une des principales banques du pays, devrait souhaiter faire porter une partie des efforts sur les déposants et non sur les propriétaires des banques en dépit des propos rassurants qu’il tient depuis quelques semaines.

Par ailleurs, les spécialistes ont souligné depuis plusieurs semaines, que les banques libanaises ne sont pas viables aujourd’hui, même en cas de répartition des pertes du secteur bancaire en raison de son ampleur. Ils considèrent en effet nécessaire de créer de nouveaux établissements, une création d’autant plus nécessaire que la confiance avec les banques déjà présentes sur le marché a été rompue par l’instauration d’un contrôle des capitaux et l’impossibilité pour les déposants de protéger leur épargne.

Pour l’heure, des sources proches de l’Association des Banques du Liban indique que l’Etat supportera à lui seul le coût des pertes de BDL estimées dans le plan à 60 milliards de dollars. L’argent public et les actifs de l’État financeront la faillite du secteur bancaire au lieu de la faire assumer aux actionnaires et dirigeants des banques.

La responsabilité des banques sera limitée à leurs portefeuilles de prêts aux secteurs public et privé à l’exception de leurs investissements dans la banque centrale, ce qui limite fortement leurs pertes.

Aucune information ne circule concernant la proportion qui sera supportée par les déposants.

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