Une journée placée sous le signe du Liban a eu lieu hier au Vatican en présence du Pape François qui a accueilli les responsables des communautés chrétiennes libanaises, catholiques et orthodoxes. Ces dignitaires libanais ont été reçus à la Maison Sainte-Marthe, pour ensuite se rendre à la basilique Saint-Pierre afin de prier devant la tombe de l’apôtre et invoquer la paix au Liban. Chacun d’entre eux a allumé un cierge en signe d’espérance au peuple libanais enlisé dans une crise politique, sociale et économique. Il est à noter qu’au cours de cette journée de prières spéciale Liban, aucun responsable politique libanais n’a été convié, ce qui a été perçu par le public libanais comme un message très fort à faire parvenir à la classe politique libanaise qui semble ne plus représenter son peuple.

S’ensuivent trois sessions de consultations à huis clos, modérées par Mgr Joseph Spiteri, nonce apostolique au Liban. Cette journée s’est achevée dans la basilique Saint-Pierre par une prière œcuménique, scandée par la lecture d’extraits de la Parole de Dieu, des prières et des chants des diverses traditions liturgiques arabe, syriaque, arménienne, araméenne et chaldéenne.  

Le Pape a enfin adressé à l’assemblée un mot de conclusion, renouvelant son souhait de visiter prochainement le pays du Cèdre, se déclarant fortement préoccupé par la grave crise qu’il subit.

Prier avec insistance

Le souverain pontife a souligné que le peuple libanais, qu’il a qualifié de « déçu et épuisé » a soif de certitudes et de paix en ces moments si sombres, l’exhortant à «ne pas se résigner, ne pas se lasser d’implorer du Ciel cette paix que les hommes peinent à construire sur la terre »*.

« Demandons cette paix avec insistance pour le Moyen-Orient et pour le Liban. Ce cher pays, trésor de civilisation et de spiritualité, qui a rayonné au cours des siècles sagesse et culture, qui témoigne d’une expérience unique de coexistence pacifique, ne peut être laissé à la merci du sort ou de ceux qui poursuivent sans scrupules leurs intérêts personnels »*.

Le Pape a estimé que le Liban un petit-grand pays qui doit demeurer un message universel de paix, de tolérance et de fraternité au Moyen Orient, « où religions et confessions différentes se rencontrent, où communautés diverses cohabitent en mettant le bien commun avant les intérêts particuliers »*.

Non aux profiteurs du Liban

S’indignant contre les profiteurs qui déstabilisent le pays, le Saint-Père s’est écrié : «Cela suffit, les avantages de quelques-uns sur le dos d’un grand nombre!

Cela suffit, la domination des vérités de parti, sur les espérances des gens!

Cela suffit d’utiliser le Liban et le Moyen-Orient pour des intérêts et des profits étrangers ! »* tout en appelant les Libanais à être les protagonistes d’un meilleur avenir sans ingérences abusives.

A l’attention des résidents, des politiciens et de la diaspora

Saluant la richesse de l’histoire unique du pays, le Pape François s’est adressé aux Libanais en ces termes  «Vos hauts cèdres, symboles du pays, rappellent aussi que les grandes branches ne naissent que de racines profondes»*.

«À vous, citoyens: ne vous découragez pas, ne faiblissez pas, retrouvez dans les racines de votre histoire l’espérance de germer à nouveau.

À vous, dirigeants politiques: pour que, selon vos responsabilités, vous trouviez des solutions urgentes et stables à la crise économique, sociale et politique actuelle, en vous rappelant qu’il n’y a pas de paix sans justice.

À vous, chers Libanais de la diaspora: pour que vous mettiez au service de votre patrie les énergies et les meilleures ressources dont vous disposez.

À vous, membres de la Communauté internationale: par un effort conjoint, que les conditions soient posées pour que le pays ne s’effondre pas, mais entame un chemin de reprise. Ce sera un bien pour tous.» 

La mission des Chrétiens

En espérant que la journée du 1er juillet soit suivies d’initiatives tangibles «sous le signe du dialogue, de l’engagement éducatif et de la solidarité»*, le Pape a rappelé que «l’avenir ne sera pacifique que s’il est commun», soulignant que la mission des Chrétiens est une mission de paix : «Être des semeurs de paix et des artisans de fraternité, ne pas vivre de rancœurs et de remords passés, ne pas fuir les responsabilités du présent, cultiver un regard d’espérance.»

Une aube nouvelle pour le Liban

Citant le poète libanais Khalil Gibran, « Au-delà du voile noir de la nuit, une aube nous attend » le souverain pontife a qualifié les jeunes de flambeaux brûlant dans les ténèbres « Regardons les enfants : que leurs yeux brillants, mais remplis de trop de larmes, secouent les consciences et orientent les choix »*.

Le Pape François n’a pas oublié la femme libanaise, en invoquant la Mère de tous au sommet de la colline d’Harissa. « Les femmes sont génératrices de vie et d’espérance pour tous ; qu’elles soient respectées, valorisées et impliquées dans les processus décisionnels du Liban ».

Il a également invité à l’écoute des anciennes générations, idée non signalée dans le discours initial : « Qu’elles nous donnent la mystique de l’histoire, qu’elles nous donnent les fondements du pays pour le faire avancer. Elles ont la volonté de recommencer à rêver : écoutons-les, pour qu’en nous ces rêves se transforment en prophétie »*.

Reprenant la phrase extraite des écrits de Khalil Gibran il conclut ainsi « Et dans la nuit de la crise, il faut rester unis. Que la nuit des conflits se dissipe et qu’une aube d’espérance resurgisse. Que cessent les animosités, que disparaissent les désaccords, et que le Liban recommence à rayonner la lumière de la paix »*.

* Phrases extraites du discours direct du Pape traduites en français par le site officiel du Vatican.

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