La vérité sur l’affaire Ghosn : une entreprise de spoliation menée par des financiers de l’ombre visant à s’accaparer une large part du capital de Nissan

Si le monde entier s’est indigné de ce qu’un patron à la tête de deux des plus grands constructeurs automobile mondiaux ait gagné quelques dizaines de millions d’euros annuel, comme d’habitude, le plus gros lui ait passé sous le nez. Une diversion médiatique qui a permis de dissimuler un raid boursier illégal. Explications…

L’opération de déstabilisation

En 2015, Macron, alors ministre de l’économie, décide de faire vaciller le fragile équilibre de l’Alliance Renault-Nissan en faisant monter la participation de l’Etat à 20%, ce qui lui donnerait automatiquement un droit de vote double et donc une plus grande emprise sur le groupe français qui détient près de 40% de Nissan. Mais cette opération avait surtout pour but de provoquer l’ire de la partie japonaise qui y vit une ingérence inacceptable.
Dès lors les relations entre Renault et Nissan se mirent à péricliter. Nissan exigera que Renault abaisse sa participation et que les droits de vote associé à sa participation de 15% dans Renault lui soit instaurer. Cette crise de confiance ne se soldera que par plusieurs concessions, faites à Nissan :
• Renault s’interdit de faire valoir son droit en regard de la nomination des membres du conseil d’administration de Nissan ;• Renault ne pourra plus faire passer ses résolutions si elles n’ont pas été au préalable approuvées par Nissan ;
En clair, Renault avec plus de 40% de Nissan se musèle complètement.
Un an plus tard, Carlos Ghosn cède sa place de P-DG de Nissan à Hiroto Saïkawa.
L’Etat français poussera Ghosn à mettre sur pied un projet de fusion entre Renault et Nissan. Ce qui mettra encore de l’huile sur le feu dans les relations de l’alliance franco-japonaise. Pour affaiblir davantage la position de Ghosn, l’Etat fera monter en épingle la question de sa rémunération ; une attaque médiatique visant à écorner l’image du dirigeant.

L’écran de fumée

Le 19 novembre 2018, Carlos Ghosn est arrêté, mis en examen et incarcéré pour dissimulation de revenus. La presse internationale relaye abondamment cette affaire qui ne cessera d’être montée en épingle grâce à des fuites volontairement organisées par la direction générale de Nissan. La mécanique s’enclenche aussitôt : la fortune personnelle de Ghosn est exhibée ; l’opinion internationale s’indigne et se scandalise. Pourtant, on cache au monde l’essentiel : la prise de contrôle réalisée sur Nissan par de puissants financiers. Car, dans les jours qui suivront l’arrestation de Ghosn, d’importants changements capitalistiques seront opérés du côté de Nissan.

Pour une brève explication sur ce que sont les CDS, lire ici.

Source : Bloomberg : Markit
Dans le graphique ci-dessus, on distingue clairement quatre phases :
Phase I : Jusqu’au 18 novembre 2018, le CDS de Nissan millésime 5 ans (courbe rouge) suit une évolution plate : le risque de défaillance sur la dette du groupe est sous contrôle. Il oscille entre 36 et 38 points de base.
Phase II : Le 19 novembre, jour de l’arrestation de Carlos Ghosn, les Hedge Funds font artificiellement monter les CDS de Nissan à 5 ans. Le risque de défaillance explose, le spread de CDS dépasse les 50 points de base. Une augmentation de près de 15 points, ce qui est beaucoup. Mais jusqu’au 21 novembre le cours de Nissan reste à peu près stable, puis il chute dramatiquement, avant de repartir à la hausse pendant une quinzaine de jours. Il semble alors très plausible qu’une contre-attaque ait été lancée par une partie de l’équipe dirigeante de Nissan. Carlos Ghosn avait-il préparer un plan au cas où Nissan serait la cible d’une attaque boursière ? Il semble que oui. Et son plan semble bien avoir été déclenché, malgré sa détention. Dès que les CDS se sont mis à s’envoler, un bras de fer boursier semble s’être engagé entre d’un côté une frange de l’exécutif de Nissan et de l’autre, de puissants spéculateurs. Preuve en est qu’alors même que le spread de CDS (le risque de défaillance sur la dette) augmentait, l’action Nissan luttait et montait elle aussi, ce qui est contraire à la logique financière. Pendant une quinzaine de jours, des fidèles de Ghosn lutteront pour faire baisser l’envolée de leurs CDS, mais la puissance des financiers fut telle que très vite, ils n’auront plus les fonds suffisants pour poursuivre la bataille. Le premier pic sur les CDS sera atteint le 10 décembre, date où la garde à vue de Ghosn sera prolongée : le spread de CDS atteindra les 90 points de base, ce qui ÉNORME. L’exécutif qui a pris la défense de Nissan décroche, le cours de l’action s’effondre. Nissan n’a pas les moyens de rivaliser face à la puissance financière dont dispose la partie adverse. Le plan pour contrer un éventuel raid boursier échoue : il n’ait pas à la hauteur de la puissance financière dont disposent les mystérieux « raiders« , qui sont à coup sûr des Hedge Funds.
Quinze jours après l’attaque, les fidèles de Ghosn du côté de Nissan ont épuisé toutes leurs cartouches. Ils n’ont plus les moyens de combattre. Hiroto Saïkawa fera dès lors pression sur eux pour les pousser vers la sortie.
Phase III : Les financiers font entendre leurs voix et font savoir à l’exécutif de Nissan qui est le patron : les CDS décollent à nouveau et atteignent pour la seconde fois, au 4 janvier, le pic des 90 points de bases. Les derniers fidèles de Carlos Ghosn quittent alors le navire. La bataille boursière est perdue.
Phase IV : Retour à la normal progressif à compter de début février 2019. Le spread de CDS reste calme, même s’il tourne désormais autour de 50 points de base, ce qui reste 20 points plus haut qu’avant le raid. La seule différence entre avant et après le raid boursier réside dans les titres de Nissan qui ont changé de propriétaires. Les orientations stratégiques de Nissan ne seront désormais plus définies par ses dirigeants, mais émaneront directement des financiers qui en ont pris le contrôle. Hiroto Saïkawa semble bien avoir conclu un pacte avec le diable… bien avant que tout ceci n’arrive. Nissan est désormais aux mains de Hedge Funds et Saïkawa est leur dévoué serviteur.

Nissan, l’arbre qui cache la forêt

Voilà ce qui s’est réellement joué de cette affaire. Mais ce qui surprendra davantage, c’est que la quasi-totalité des sociétés cotées en bourse dans le monde entier furent prises pour cible entre les mois d’octobre et décembre 2018. Le phénomène est mondial et a touché toutes les places boursières de la planète : New-York, Londres, Paris, Madrid, Mumbai, Sao Paulo, Moscou, Istanbul. En faisant artificiellement monter le risque de défaillance sur la dette des entreprises (les CDS corporate), des financiers de l’ombre ont réalisés la plus grandes OPA de tous les temps. Omerta des médias. Silence des politiques. Intriguant… Vous aurez tous les détails de ce scandale planétaire ici et ici.

Source: Victor Naouache

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