Avec tout le respect que je dois à la hiérarchie de l’Eglise et de la mienne en particulier, et malgré ma désertion des bancs sacerdotaux hormis les enterrements (wajbet obligent !), je me sens obligé de me confesser au patriarche maronite, encore alerte, et néo-globe-trotteur.
En octobre dernier, lorsque les premières rumeurs de démission (forcée) du patriarche Sfeir occupaient nos polichiciens locaux et les prélats de la Curie, j’avais fait un pari avec des copains que Benoit 16 mettrait un « guerrier » à la tête de l’une des Eglises les plus impliquées dans le conflit de ce Proche-Orient si  morcelé, si compliqué.
Pari gagné puisque Béchara Rai (si ma traduction est bonne son nom de famille prémonitoire veut dire « berger /pasteur») a reçu en février la crosse de Saint Maron en même temps que la tâche de dépolitiser l’Eglise maronite et de la remettre sur un chemin de défense de la chrétienneté et de ses droits inaliénables de bien-(sur)vivre dans la région ou du moins dans le pays; mettant au passage la pression sur 20 millions de coptes égyptiens encore éreintés par des décennies de dictature militaire mélangée à une politique de dhimmitude.  Bon ce n’est pas le vieux Chenouda qui fera quelque chose pour secouer sa communauté.
Revenons à Béchara. Dans les jours qui suivirent son élection, une fois les salamalecs effectués, notre guide se met martel en tête de mettre à genoux devant lui officiant une messe, l’ensemble des têtes (à claques) de la communauté maronite et de les sermonner sur les mauvais effets de leur division. On applaudit. On se réjouit. On boit un bon verre d’arack. On festive. On s’accolade. On… hips, j’en perds mon français et eux se réveillent le lendemain matin avec la migraine des mauvais jours et une amnésie collective sur leurs précédentes 24 heures.
Les medias libanais, plus friands de brèves de comptoir et du nombre de chats écrasés dans les rues de Hamra le soir entre 22h40 et minuit, s’empressent de démontrer par A+B que A Y EST ! Tout le monde est sur la bonne voie de la réconciliation. Je vois très bien notre bon vieux redevenu Mgr Sfeir, sourire en coin, lui qui avait préféré se lier à un camp au lieu de s’époumoner à essayer de ramener les troupes au centre du pré.
Et c’est la que le pasteur Rai, appuyé par Benoit 16, lui-même empêtré dans les innombrables affaires de pédophilie, se relance a l’assaut de cet immense blockhaus qu’est la solidité de la division maronite.
Réunion après réunion, élargissement aux élus de la communauté, appels du pied aux voisins œcuméniques, tout y passe….
Des promesses ténues sont lancées à défaut d’être tenues.
La torpeur locale (due plus au pourrissement de la situation en Syrie qu’à la chaleur très soutenable de cet été 2011) aide tout le monde à profiter de la saison estivale. Rien de marquant sinon quelques logorrhées verbales des pro-syriens et de leurs trublions sur le terrain.
Jusqu’à cette « visite » pastorale (sans jeu de mots) en Europe. Et cette déclaration du patriarche affirmant « vouloir donner au pouvoir en place en Syrie une chance d’y faire des réformes …»
A la vitesse de la lumiere, cette info a traversé mon cerveau et s’y est heurtée à deux impondérables et inamovibles certitudes qui s’y logent :
1.         Entant que démocrate laïc, je ne peux pas justifier le maintien au pouvoir d’un dictateur ayant une répression de cette ampleur sur les mains. Juppé l’a qualifié hier même de crimes contre l’humanité.
2.         En tant que Libanais, si je ne veux pas me prononcer contre le régime « frère », je me dois de rester neutre, de laisser au peuple syrien le soin de se choisir son destin et ne pas apporter une quelque caution positive ou autre circonstance atténuante à la situation en Syrie.
Béchara, et pardonnez-moi cette familiarite, revenez à vos moutons, gardez-les au milieu du pré réunis, à l’abri des loups qui rodent et érodent la présence d’une partie essentielle pour l’équilibre du Liban et de sa région.
A se voir, A se lire, A ne plus bêler…
Jean KHAIRALLAH
La Nation Libanaise

4 COMMENTAIRES

  1. ce qui est bizarre
    avec le chrétiens de l’orient est surtout libanais, ils refusent aux autres ce
    que eux font sans complexe, c-à-d prêter allégeance aux autres, demander l’aide
    aux autres frère chrétiens de  l’occident
    contre leur  frère du sang musulman qui
    osent eux aussi demander l’aide de l’autre frère musulman. je vous jure tant
    que on est dans ces schémas on va jamais sortir de l’auberge, et j’espère pour
    tout le monde que des sages arriveront un jour pour démêler tout ça

  2. Puisque berger il est, ses chèvres il doit défendre, et non pas les loups, qu’ils soient dans sa bergerie ou dans celle d’à côté.

    • Ya!   Khairallah … Je vais vous présenter une citation sculptée sur le mur

      intérieur d’un bâtiment du haut savoir des Arts et, je cite: VOUS N’ÊTES PAS

      ÉCOEURÉ DE MOURIR BANDE DE CAVE. RÉVEILLEZ-VOUS !

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