La dernière polémique libanaise concernant la hausse des salaires n’est guère surprenante. En effet, toute personne bien intentionnée se souviendra que la dernière hausse des salaires, décidée il y a de cela 2 ans, ayant fait passer le salaire minimum de 300 000 à 500 000 livres libanaises, avait provoqué un fort taux d’inflation des produits de première nécessité, ainsi que des produits de luxe, ce qui est paradoxal, en raison de l’élasticité de la demande de ce genre de marchandises généralement.

Pourquoi un tel cas de figure, tout d’abord, le Liban est dépendant de l’étranger comme en témoignent les déficits chroniques de la balance commerciale. En profitent ce qu’on désigne comme les agences exclusives des grandes marques mondiales, certaines étant suffisamment grosse pour contrôler à elles toutes seules un sixième de notre produit national brut.

Dans les années 1970,1 gouvernement dirigé par le tripolitain Amine el Hafez avait tenté de mettre fin à ce qu’on appelait la mafia des médicaments. Il n’est pas tenu 30 jours. Depuis, alors qu’une loi avait été adoptée pour le démantèlement des agences exclusives, cette dernière n’est toujours pas passée au journal officiel, laissant croire que cette mafia comme certains voudraient appeler encore ces monopoles privés continuent à exercer des pressions bien lourdes sur tout gouvernement en place.

L’augmentation des salaires pour augmenter le pouvoir d’achat ne fera qu’augmenter les prix et donc les profits de ces agences exclusives. Il s’agit donc, ni plus ni moins, une mesure illusoire propre simplement à nous amener au renchérissement de notre main-d’oeuvre locale déjà inefficace par rapport à la compétition régionale. Il ne s’agit plus ni moins également une forme cachée de dévaluation de la monnaie libanaise, propre peut-être à faire baisser quelque peu le poids de la dette publique, mais ce serait également une mesure illusoire en raison d’un taux de change dollar contre libanaise fixée depuis des années. Cette augmentation du pouvoir d’achat ne peut être effectuée efficacement par l’introduction compétition véritable entre nos importateurs et non des cartels ou des monopoles mis en place. Il n’est nul question de fortes taxes quand on pense par exemple une voiture qui coûte 20 000 $ aux États-Unis coûte à peu près 70 000 $ au Liban. Si on ajoute aux 20 000 $, les frais de transport, disons 5000 $, plus l’enregistrement soit à peu près 5000 $ également, plus la TVA de 10 %, on obtiendra à peu de chose prêt, un coup de 33 000 $ et non des 70 000 $ que ces agents exclusifs demandent. Comment justifier aujourd’hui que lorsqu’on achète une voiture, on est parfois deux fois parfois trois fois son prix ? Comment justifier un simple pot de béarnaises, autre exemple, coûte trois fois son prix par rapport à la France ?

Augmenter le pouvoir d’achat passe donc par l’abrogation des agences exclusives qui sont devenues des quasi-monopoles au sein de notre économie libanaise, il s’agit quasiment communisme privé puisqu’ils contrôlent une part essentielle de notre commerce et par la réintroduction d’une économie libérale, basé sur une compétition saine notamment en matière de prix. Il ne faut donc pas augmenter les salaires mais on pourrait arriver à augmenter le pouvoir d’achat sans casse pour notre économie via cette mesure simple qui ne pourrait être que bénéficiaire pour toute la population libanaise mises à part quelques exceptions de personnes enrichies quasiment sur le dos de nous tous.

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