Le Quai d’Orsay a répondu à des questions des journalistes, lors de son point-presse quotidien, exprimant sa profonde préoccupation face aux entraves dans le cadre de l’enquête portant sur l’explosion du Port de Beyrouth et des violences “pratiquées dans ce contexte”, allusion aux incidents qui ont eu lieu ce jeudi 14 octobre à Tayyouneh.

La France a soutenu les enquêtes sur l’explosion du port de Beyrouth dans toutes ses étapes, et a répondu à toutes les demandes qui lui ont été adressées dans le cadre de l’enquête libanaise, et poursuivra ses efforts dans le même sens. La justice libanaise doit pouvoir travailler de manière indépendante et impartiale dans le cadre de l’enquête sur l’explosion du port sans aucun obstacle et avec le plein soutien des autorités libanaises, les Libanais attendent que toutes les circonstances de l’explosion soient révélées, donc ils ont le droit de connaître la vérité sur ce qui s’est passé ce jour-là.

Les partisans du mouvement Amal auxquels se seraient joints des membres du Hezbollah entendaient protester contre le rejet par la première chambre de la cour de cassation du recours visant à dessaisir le juge Tarek Bitar dans le cadre de l’enquête concernant l’explosion du port de Beyrouth et présenté par les anciens ministres des finances Ali Hassan Khalil et des travaux publics Ghazi Zoaiter, 2 proches du président de la chambre Nabih Berri. Le premier, Ali Hassan Khalil, fait également l’objet d’un mandat d’arrêt à son encontre après qu’il ait manqué de se présenter devant le juge Tarek Bitar. 

Pour rappel, plusieurs anciens ministres dont Ali Hassan Khalil et Ghazi Zoaiter mais également l’ancien ministre des transports Youssef Fenianos, proche de Sleiman Franjieh et de l’intérieur Nouhad Machnouk, proche de Saad Hariri, sont accusés d’homicide volontaire et de négligence criminelle dans le dossier de l’explosion du port de Beyrouth, explosion qui a fait plus de 200 morts et plus de 6500 blessés. Le juge en charge de l’instruction du dossier a, par ailleurs, également convoqué l’ancien premier ministre Hassan Diab, dans le cadre du même dossier. 

Ces mises en examen ont été saluées par les familles des victimes de l’explosion du port de Beyrouth qui redoutent que la classe politique cherche à enterrer le dossier, notamment avec ces recours jusqu’à présent rejetés, la cour de cassation s’étant déclarée incompétente. Cela a amené les ministres chiites du gouvernement à demander à ce que le dossier soit référé devant la cour suprême, une instance qui a été jusqu’à présent incapable de siéger.

Ces incidents interviennent également au lendemain des propos du même Ali Hassan Khalil qui mettait en garde contre une déstabilisation du Liban suite à la décision du juge et alors que les ministres du mouvement Amal auquel il appartient appuyés par ceux du Hezbollah et du mouvement Marada menaçaient de démissionner en cas de poursuite de l’enquête. 

Des tirs à l’arme lourde et même de roquettes ont ainsi ébranlées la capitale libanaise alors que certaines écoles situées à proximité des incidents ont demandé à leurs élèves de se réfugier loin des fenêtres alors que les unités de l’Armée Libanaise se déployaient sur place. 

Certains témoins indiquent que la fusillade aurait été débuté alors qu’un homme aurait d’abord tiré avec un révolver comme pour provoquer le début de l’incident. 

Sur place, l’armée a annoncé via son compte Twitter que ses unités déployées “tireront sur tout homme armé sur les routes et sur quiconque qui tire ailleurs” et a demandé aux civils d’évacuer les rues.

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