Crédit photo le journal libanais Al Akhbar : « A Bas Riad le voleur. A bas le règne du Dollar ». Banderole des manifestants libanais Jeudi 24 octobre 2019 houspillant Riad Salameh, gouverneur de la Banque du Liban. «Riad, le voleur». A bas le règne de la Banque centrale libanaise et le Liban renaitra

Les nouvelles informations publiées par le quotidien suisse Le Temps sur la censure par la Banque du Liban d’un rapport du FMI qui alertait de la crise financière et économique majeure du Liban dès 2016 est une pierre dans le jardin de nombreuses personnes et intérêts. D’une part, les autorités monétaires et en premier lieu le gouverneur de la Banque du Liban ne pouvait ignorer la gravité de la crise financière et économique, contrairement à ses bonnes paroles qui promettaient monts et merveilles, solidité et surtout résilience du système bancaire, à l’épreuve des crises politiques. Lira Btehké comme il disait. Aujourd’hui, on en rit bien jaune.

Contrairement à ce que prétendaient certains, cette crise n’était pas nouvelle et précédait bien le mandat présidentiel actuel. Les indicateurs économiques s’inversaient tous, les uns après les autres depuis plus de 10 ans, sans que soient pris en compte les mesures de correction nécessaires, comme par exemple la dévaluation douce de la livre libanaise afin de rétablir la compétitivité de l’économie locale sur le plan monétaire. Cependant, ces personnes ne semblaient pas vouloir admettre leurs erreurs et jusqu’à aujourd’hui, préfèrent les reporter sur d’autres…

Pire encore, ces responsables n’étaient pas seulement au courant mais aussi ont commis des délits d’initiés probablement en transférant à l’étranger des fonds avec les importants transferts qui ont eu lieu depuis 2017, comme pour préempter la crise à venir.

Cela implique également les dirigeants des banques privées et actionnaires dont le premier ministre actuel Najib Mikati lui-même ou son prédécesseur Saad Hariri, la communauté financière étant très incestueuse. D’autre part, le timing de la publication par Le Temps de ces informations sont probablement liées à des leaking depuis le FMI qui n’a aucune confiance envers le gouverneur de la banque centrale ou encore vis-à-vis du nouveau ministre des finances Youssef Khalil, ancien directeur des opérations de la Banque du Liban. Cela augure du plus mal concernant les négociations à mener avec le FMI.

Enfin, entre Pandora Papers et aujourd’hui ce nouveau scandale, le Parti des Banques au Liban pourtant arrivé au pouvoir via le gouvernement Mikati III, même si sur le plan intérieur semble avoir pris en main les choses, avec censures des informations et calme au niveau de la rue, peut-être par la crainte, semble être toujours dans le déni d’une chose pourtant primordiale: Ce ne sont pas seulement les réformes qu’il s’agisse de mener, mais également de faire un inventaire de situation, de savoir pourquoi on en est arrivé là et de facto de changer les hommes qui sont à l’origine de cette crise, non seulement Riad Salamé comme architecte du système financier plus proche du schéma Ponzi mais surtout aussi ceux qui ont abusé ce système.

En effet, le parti des banques a continué à conseiller aux déposants de mettre leurs fonds au Liban contre d’importants taux d’intérêt, alors qu’eux même transféraient leurs fonds à l’étranger comme le prouvent successivement les Panama et Pandora Papers, par manque justement de confiance vis-à-vis des banques qu’ils possèdent pourtant en raison des informations dont ils disposaient eux mais qui étaient censurés pour le public comme le prouve cette nouvelle information.

Il y a là un conflit d’intérêt, un délit d’initié. Tout autre justice aurait par conséquent enquêté … sauf qu’au Liban, on offre l’immunité aux criminels dans tous les domaines depuis les années 1990.

Si vous avez trouvé une coquille ou une typo, veuillez nous en informer en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée . Cette fonctionnalité est disponible uniquement sur un ordinateur.