À l’issue d’une réunion avec le président de la république qui vient d’arriver du Qatar, le premier ministre Najib Mikati a estimé que le gouvernement fonctionne mais que le conseil des ministres ne fonctionne pas. Il faisait ainsi allusion à la paralysie touchant son cabinet après que les ministres du Hezbollah, du mouvement Amal et du mouvement Marada aient menacé de démissionner après que le juge Tarek Bitar en charge de l’enquête portant sur l’explosion du port de Beyrouth ait mis en examen plusieurs anciens ministres et publié un mandat d’arrêt à l’encontre de l’un d’entre eux, à savoir Ali Hassan Khamil.

Najib Mikati aurait ainsi tenté de convaincre le président de la Chambre Nabih Berri dont Ali Hassan Khalil est un proche, de permettre la présence d’une minorité de ministres permettant l’obtention d’un quorum nécessaire alors que le pays des cèdres fait face à plusieurs crises, crise financière avec la nécessaire relance des négociations avec le Fonds Monétaire Internationale, crise politique suite à l’affaire du port de Beyrouth mais également crise diplomatique avec les états de la péninsule arabique et notamment l’Arabie Saoudite suite aux propos du ministre de l’information Georges Cordahi qui qualifiait d’agression les opérations militaires au Yémen alors que le cabinet actuel n’était pas encore formé.

Une précédente réunion entre le président de la république, le général Michel Aoun, le président de la chambre Nabih Berri et le premier ministre avait pourtant abouti à un possible dénouement de la crise politique avec la proposition présentée par Nabih Berri de déférer l’affaire du port de Beyrouth devant la haute cour de justice en charge de juger les anciens et actuels présidents de la république, premiers ministres et ministres ou encore l’obtention d’un quorum au Parlement pour décider de la même chose.

Cependant, les derniers recours présentés par les anciens ministres ont tous été rejetés par la cour de cassation, complexifiant ce défèrement qui pourrait être considéré comme une infraction, pour la communauté internationale, des engagements du Liban à réformer ses administrations et combattre la corruption qui ravage notamment son appareil judiciaire.

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