On dit que dans leurs valises, ils ont amené les médicaments dont leur famille a besoin vu que la pénurie parait sans fin mais pas seulement. Certains de ces Libanais, qui sont venus passer les vacances d’été dans leur pays meurtri, ne sont pas venus juste parce que leurs proches leur manquent, ils sont là surtout pour mesurer la chance qu’ils ont d’avoir quitté plus tôt le pays dont l’avenir leur semble pour toujours sans horizons.

Ils maudissent sans doute les chefs des communautés alors qu’ils continuent (in)volontairement d’appartenir à la communauté que la nature leur a choisie.

Si on leur demande à titre d’exemple leur avis à propos d’un Liban laïc, ils resteront réticents car la laïcité, c’est quelque chose d’inadmissible voire d’impossible pour un peuple dont la majorité est pieuse et fière des ses us et coutumes qui ne progressent jamais ! Pensent-ils qu’il existe un moyen pour que leur pays d’origine ressemble un jour à leur refuge ?

c’est difficile, répliquent-ils. Mais à l’opposé de ceux qui se sont enfuis et qui portent à jamais la culpabilité d’avoir voté pour des bandes criminelles parce qu’ils sont chrétiens ou musulmans avant qu’ils soient libanais, il y a des personnes qui travaillent dur car elles persistent à garder en vue une lueur d’espoir et sacrifient tout pour faire renaitre leur pays de ses cendres.

Ces personnes-ci croient en leur capacité à réparer les pots que leurs ainés ont cassés et que leurs confrères ont choisi de laisser tomber.  Hannah Arendt nous dit dans Condition de l’homme moderne (1958) que « contre l’imprévisibilité, contre la chaotique incertitude de l’avenir, le remède se trouve dans la faculté de faire et tenir ses promesses. » La lutte pour un nouveau Liban n’est autre qu’une promesse faite aux futures générations car une vie sans cause ne vaut rien et rien ne vaut une vie de lutte. 

Rime Khalaf

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