Avant même la crise, nous avions prévenu que l’obstination des partis au pouvoir conduirait le pays à sa situation actuelle. Depuis les dernières élections parlementaires, nous avions prévenu que le prix d’un bidon d’essence allait s’envoler pour atteindre les 300 000 livres libanaises (comme pour d’autres biens et services).

À l’époque, on nous traitait de pessimistes, d’autres se moquaient.

Il ne s’agit pas de se vanter ou de marquer des points futiles alors que la société s’effondre et que sa survie et sa sécurité sont menacées, mais plutôt de souligner que les fondements de la bonne gouvernance sont l’anticipation par la connaissance, la prévention  par l’action, et la confrontation des intérêts politiques et financiers qui ont pris leurs décisions, il y a des années par ignorance et l’année dernière en toute connaissance de cause, pour écraser la société afin de sauvegarder leurs positions.

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Il s’agit surtout de réaffirmer que nous sommes encore capables d’éviter tout ce qui nous arrive, et que beaucoup peut être fait pour que nous puissions vivre dans un pays où la dignité des personnes est forgée, et non dans un pays où les gens sont utilisés comme carburant dans des luttes de pouvoir interminables.

On est en droit de penser que ce qui se passe n’est pas innocent, que ce n’est pas uniquement le résultat de la crise délibérée, mais qu’une décision politique a été prise pour faire passer les dernières décisions impopulaires en vue du prochain acte de la pièce, qui consiste à déclarer la formation du gouvernement comme un exploit salutaire pour faire face aux conséquences de la catastrophe sociale.

Un gouvernement qui a recours à la disgrâce pour redonner une fausse légitimité à une autorité, qui provoque des tragédies et ensuite console les gens avec des miettes, et se prépare à utiliser les forces de l’ordre pour les réprimer si nécessaire. La décision d’arrêter les subventions n’a-t-elle pas été prise lors d’une réunion du Conseil supérieur de la défense ?

On soupçonne qu’il s’agit de répéter l’expérience de 1992, lorsqu’on annonça l’arrêt du soutien de la livre libanaise, et que cela ne fut  rien d’autre que la préparation aux élections qui ont appelé à la rescousse les premiers gouvernements de la troïka dirigés par Rafic Hariri.

Tout ce qui se passe aurait pu être évité, et peut encore l’être.

Tout ce qui se dresse entre le Liban que nous voyons et celui que nous méritons, c’est un pouvoir dont les membres n’ont pas hésité à verser le sang des gens dans la guerre pour préserver leurs positions, et aujourd’hui n’hésitent pas à anéantir une société dans le même but.

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