3 octobre 2026
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Liban : les permis de construire chutent de 32,47 %

Les permis de construire au Liban chutent de 32,47 % à fin juillet 2026, tandis que les surfaces autorisées reculent de 15,33 %.

Le nombre de permis de construire au Liban a chuté de 32,47 % sur un an au cours des sept premiers mois de 2026, pour tomber à 3 315 autorisations, selon les données des Ordres des ingénieurs de Beyrouth et de Tripoli publiées vendredi 2 octobre. Le ralentissement touche particulièrement le Liban-Nord, le Liban-Sud et Nabatiyé. Beyrouth et le Mont-Liban échappent toutefois à cette tendance et enregistrent un rebond. La surface totale autorisée recule également, mais plus modérément, de 15,33 %, à 3,71 millions de mètres carrés.

Seulement 3 315 permis de construire au Liban

L’activité de construction a fortement ralenti au Liban depuis le début de l’année.

Entre janvier et juillet 2026, 3 315 permis de construire ont été délivrés. Leur nombre accuse une baisse de 32,47 % par rapport à la même période de 2025, lorsqu’il atteignait 4 909.

La contraction intervient après un premier recul de 24,03 % enregistré un an plus tôt. À fin juillet 2024, le Liban comptabilisait encore 6 766 permis.

Le niveau actuel apparaît également très inférieur à celui observé quelques années auparavant. À fin juillet 2022, 7 766 autorisations avaient été recensées. Elles étaient tombées à 6 531 en juillet 2023, avant de remonter légèrement l’année suivante.

La série disponible montre donc une détérioration particulièrement marquée depuis 2024.

Période, cumul à juilletNombre de permisVariation annuelle
20227 766—
20236 531-15,90 %*
20246 766+3,60 %
20254 909-24,03 %
20263 315-32,47 %

*Calculé à partir des données publiées.

Entre juillet 2022 et juillet 2026, le nombre cumulé de permis a ainsi diminué de plus de moitié. La comparaison doit cependant rester prudente : le permis constitue un indicateur des intentions et autorisations de construction, et non une mesure directe des bâtiments effectivement commencés ou achevés.

Le conflit de février freine les nouveaux projets

Le recul enregistré en 2026 reflète principalement les reports de nouveaux projets intervenus après le conflit de février.

L’incertitude sécuritaire a pesé sur les décisions des promoteurs et des investisseurs. La poursuite des frappes israéliennes a entretenu cette prudence jusqu’en juillet, particulièrement dans les régions directement exposées.

À ce facteur s’ajoute le coût de la construction.

La hausse des prix des matériaux augmente les besoins de financement des projets. Les dépenses de transport et d’assurance restent également élevées. Leur combinaison renchérit le lancement de nouveaux chantiers et peut conduire les promoteurs à différer leurs investissements.

Cette situation contribue à expliquer la baisse de 32,47 % des autorisations délivrées.

Elle ne touche cependant pas toutes les régions avec la même intensité. Les chiffres font apparaître une fracture géographique très nette entre Beyrouth et le Mont-Liban, d’une part, et plusieurs autres gouvernorats, d’autre part.

Beyrouth et le Mont-Liban résistent à la baisse

Beyrouth constitue l’une des deux exceptions.

La capitale a enregistré 75 permis entre janvier et juillet. Leur nombre augmente de 44,23 % sur un an. Beyrouth représente toutefois seulement 2,26 % de l’ensemble des autorisations délivrées au Liban.

Le Mont-Liban affiche également une progression. Avec 1 780 permis, l’activité augmente de 24,82 % par rapport à la même période de 2025.

Cette évolution revêt davantage de poids à l’échelle nationale. Le Mont-Liban concentre à lui seul 53,70 % des permisdélivrés au cours des sept premiers mois de l’année.

Plus d’une autorisation sur deux se situe donc dans ce gouvernorat.

La hausse enregistrée dans ces deux régions n’a pas suffi à compenser l’effondrement constaté ailleurs.

GouvernoratPermis à fin juilletPart du totalVariation annuelle
Beyrouth752,26 %+44,23 %
Mont-Liban1 78053,70 %+24,82 %
Liban-Nord40712,28 %-69,31 %
Békaa3159,50 %-19,64 %
Liban-Sud50215,14 %-52,55 %
Nabatiyé2367,12 %-63,97 %
Total3 315100 %-32,47 %

Le Liban-Nord enregistre la plus forte contraction

Le recul le plus important concerne le Liban-Nord.

Seulement 407 permis y ont été enregistrés à fin juillet 2026, soit une chute de 69,31 % en un an. La région représente désormais 12,28 % des autorisations nationales.

Nabatiyé affiche la deuxième baisse la plus prononcée. Les 236 permis recensés correspondent à un recul de 63,97 %.

Le Liban-Sud connaît également une contraction majeure. Le nombre d’autorisations y tombe à 502, en baisse de 52,55 %.

La Békaa résiste davantage. Elle totalise 315 permis, mais accuse néanmoins une diminution de 19,64 %.

Ces évolutions expliquent comment le total national peut fortement diminuer malgré les hausses observées à Beyrouth et au Mont-Liban.

Le poids de ces contractions est particulièrement important dans le Liban-Nord et le Liban-Sud. Ensemble, ces deux gouvernorats ne représentent plus que 909 permis au cours de la période étudiée.

Les surfaces autorisées diminuent de 15,33 %

Un second indicateur nuance toutefois l’ampleur de la contraction.

La surface cumulée autorisée par les permis de construire est passée à 3 711 690 mètres carrés à fin juillet 2026. Elle diminue de 15,33 % sur un an.

Cette baisse reste importante, mais elle est deux fois moins forte que celle du nombre de permis, qui atteint 32,47 %.

L’écart entre les deux indicateurs signifie que la réduction du nombre d’autorisations ne s’est pas traduite par une contraction proportionnelle des surfaces autorisées.

Autrement dit, les permis délivrés en 2026 couvrent en moyenne des surfaces plus importantes que ceux de la même période de 2025. Cette conclusion ressort mathématiquement des deux séries agrégées, sans permettre de déterminer à elle seule la nature des projets concernés.

Les données régionales montrent, là encore, des évolutions très contrastées.

Le Mont-Liban concentre 56 % des surfaces

Le Mont-Liban domine largement le marché.

Les permis accordés dans ce gouvernorat représentent 2 084 536 mètres carrés, soit 56,16 % de toute la surface autorisée au Liban à fin juillet.

La progression annuelle atteint 38,26 %.

Beyrouth enregistre une évolution encore plus forte. La surface autorisée atteint 294 721 mètres carrés, en hausse de 84,17 %. La capitale représente 7,94 % du total national.

Ces deux hausses contrastent avec la contraction enregistrée dans les quatre autres zones présentées.

Le Liban-Nord affiche 388 979 mètres carrés de surfaces autorisées, soit une chute de 63,50 %. Il représente désormais 10,48 % du total.

À Nabatiyé, les surfaces chutent de 65,24 %, à 140 176 mètres carrés.

Le Liban-Sud enregistre 475 067 mètres carrés, en baisse de 42,87 %, tandis que la Békaa atteint 328 211 mètres carrés, soit un recul de 21,04 %.

GouvernoratSurface autoriséePart du totalVariation annuelle
Beyrouth294 721 m²7,94 %+84,17 %
Mont-Liban2 084 536 m²56,16 %+38,26 %
Liban-Nord388 979 m²10,48 %-63,50 %
Békaa328 211 m²8,84 %-21,04 %
Liban-Sud475 067 m²12,80 %-42,87 %
Nabatiyé140 176 m²3,78 %-65,24 %
Total3 711 690 m²100 %-15,33 %

Une activité de plus en plus concentrée géographiquement

Les chiffres arrêtés à juillet dessinent ainsi un marché de la construction à deux vitesses.

Beyrouth et le Mont-Liban enregistrent simultanément une hausse du nombre de permis et des surfaces autorisées. Les quatre autres régions recensées affichent une diminution sur les deux indicateurs.

Cette divergence est particulièrement visible dans la répartition des surfaces.

À eux deux, Beyrouth et le Mont-Liban concentrent 64,10 % des surfaces autorisées depuis janvier. Pour le nombre de permis, leur part cumulée atteint 55,96 %.

Le Mont-Liban constitue le principal moteur de cette concentration. Il rassemble plus de la moitié des autorisations et des mètres carrés approuvés au niveau national.

À l’inverse, le Liban-Nord, Nabatiyé et le Liban-Sud enregistrent des contractions particulièrement prononcées. Dans chacune de ces régions, le nombre de permis baisse de plus de 50 % sur un an.

Les prochaines données permettront de déterminer si le rebond de Beyrouth et du Mont-Liban peut se prolonger au second semestre et si les autres gouvernorats commencent à rattraper leur retard. À fin juillet, le constat national reste celui d’une contraction nette : 3 315 permis ont été délivrés, soit près d’un tiers de moins qu’un an auparavant.

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