Golden visa au Liban : 500 000 dollars pour entrer dans la salle d’attente...
Le Liban veut vendre un golden visa à 500 000 dollars dans un pays où les banques retiennent l’argent, l’État improvise et le Sud brûle encore. L’idée promet du prestige administratif, mais ressemble surtout à une invitation VIP à tester la solidité d’une maison déjà fissurée de partout.
Israël-Liban : la grenouille est dans le pot
La technique israélienne au Liban ressemble à la grenouille dans un pot : la température monte par degrés, village après village, frappe après frappe, ordre d’évacuation après ordre d’évacuation. Pendant ce temps, on demande au Liban de négocier comme si un cessez-le-feu pouvait être unilatéral. Cet éditorial défend une évidence : aucune discussion sérieuse ne peut commencer sans arrêt total, intégral, réciproque et vérifiable des opérations militaires.
Quand les guerres modernes assassinent aussi l’histoire
Beaufort, Tyr et les noms de lieux deviennent les cibles d’un effacement culturel, lorsque bombardements, renommages et récits militaires transforment le patrimoine en champ de bataille identitaire au Liban, en Palestine et ailleurs, aujourd’hui sous nos yeux.
Le Liban et la méthode Coué
Edito: Le Liban s’est habitué à se rassurer. La trêve est prolongée, mais les drones continuent. L’économie paraît stabilisée, mais les dépôts restent bloqués et le crédit ne revient pas. L’État parle de souveraineté, mais peine à l’exercer sur son territoire, ses finances et ses institutions. Cette méthode Coué nationale permet de tenir, mais elle ne permet pas de guérir. Le pays doit désormais choisir entre récit de survie et décision réelle.
Au Liban, le calvaire du Christ continue
La destruction filmée d’une statue du Christ à Deir Siryan a profondément choqué les chrétiens du Sud-Liban. Mais pour ces villages frontaliers, l’affaire dépasse de loin l’émotion religieuse. Elle s’ajoute à une série de drames qui inclut la mort de l’abbé Pierre al-Rahi, l’isolement de localités comme Rmeish, Debel et Aïn Ebel, ainsi que la menace nouvelle d’un retour empêché par la ligne jaune imposée par Israël. C’est toute une présence chrétienne du Sud qui se sent aujourd’hui humiliée, vulnérable et menacée.
Liban: le spectre d’une nouvelle guerre civile, 51 ans
Le 13 avril 2026 ne renvoie pas seulement au souvenir du bus de Aïn el-Remmaneh et du début de la guerre civile de 1975. Il renvoie à un risque très actuel : celui d’un Liban fragilisé par une offensive israélienne qui ne détruit pas seulement des infrastructures et des vies, mais remet aussi sous tension les fractures internes du pays. Entre déplacements massifs, pression sur l’État, divisions autour du Hezbollah et peur d’une relecture confessionnelle de la guerre, le pays voit réapparaître des mécanismes qu’il croyait contenus.
Ormuz : Trump « ouvre » en punissant ceux qui passent, Chine comprise
Donald Trump promettait hier d’ouvrir Ormuz, mais menace aujourd'hui les navires qui continuent d’y passer, Chine comprise. L’édito dénonce une logique absurde : faute de contrôler réellement le détroit, Washington ajoute sa propre contrainte militaire à celle de l’Iran et transforme son incapacité en punition mondiale des usagers du passage encore aujourd’hui.
C’était trop beau pour être vrai
Le matin, une trêve semblait possible. Le soir, le Liban comptait déjà ses morts. L’illusion d’un cessez-le-feu régional n’a pas protégé Beyrouth, Saïda, Tyr ou la Békaa.
Pâques à Washington : l’ayatollah Trump et la victoire divine avec lapin officiel
À Washington, Donald Trump met en scène une prétendue victoire divine sur fond de Pâques, de menace militaire et de communication mystique. Entre trêve avec l’Iran, symboles religieux et lapin officiel, cette séquence absurde révèle une sacralisation du pouvoir où la guerre devient décor, récit et spectacle politique total.
Pâques au Moyen-Orient : que vienne enfin le temps de la résurrection
En ce temps de Pâques, il est difficile d’adresser de simples vœux comme si le monde allait bien, comme si notre région n’était pas accablée, comme si les peuples du Moyen-Orient n’avaient pas traversé, une fois encore, leur part de feu, de deuil et d’angoisse. Pourtant, c’est peut-être précisément dans de tels moments que ces mots doivent être dits. Joyeuses fêtes de Pâques. Non par convenance. Mais parce qu’il faut continuer à souhaiter la lumière là où l’obscurité s’est installée trop longtemps.
Ponts, centrales, civils : la guerre des puissants n’efface pas le droit
En menaçant les ponts, les centrales et les réseaux vitaux iraniens, Washington remet au premier plan une question simple : jusqu’où peut-on détruire sans sortir du droit ? Pour le Liban, ce débat n’a rien d’abstrait. Il renvoie à une mémoire précise : celle d’infrastructures civiles frappées et d’une population prise en étau.
1er avril : le monde n’a pas besoin d’un mensonge de plus
À la veille du 1er avril, le monde n’offre plus les conditions d’un canular inoffensif. Entre guerres, rumeurs, vidéos générées par IA et fausses alertes, la frontière entre le réel et le faux s’est dangereusement brouillée. Dans un tel contexte, la plaisanterie d’actualité n’allège rien : elle ajoute du bruit à une confusion déjà toxique. Cet éditorial plaide pour une forme de retenue civique, au moment où la vérification devient presque un acte de salubrité publique.
Jeux interdits, ou le moment où l’on comprend que personne n’est à l’abri
À travers la mémoire de Jeux interdits, la guerre rappelle qu’aucune appartenance ne protège durablement de l’exil. Quand les bombardements jettent des civils sur les routes, une société se révèle dans sa manière de regarder les déplacés : avec rejet, peur, ou fidélité à une exigence élémentaire d’humanité.
Faut-il mourir pour Ormuz ?
Dans cet éditorial, François El Bacha démonte l’illusion d’une réponse militaire évidente face à la crise d’Ormuz. Derrière l’appel à sécuriser le détroit, il voit une tentative de mutualiser les coûts humains d’une escalade décidée ailleurs, sans mandat clair, sans stratégie de sortie ni cadre politique crédible.




















