Bernard Raymond Jabre analyse l’« archétype cananéen » : une civilisation plurielle, riche, mais incapable de bâtir une souveraineté centrale durable. Quand l’État se retire, les identités deviennent armes, la peur structure le conflit et les puissances extérieures s’imposent. Le Liban résonne avec ce schéma, jusqu’au choix: citoyenneté ou appartenance politique.
La visite de l’ambassadeur américain à Électricité du Liban remet la réforme au centre. Kamal Hayek expose besoins techniques et financiers, en évoquant Banque mondiale et FMI. Washington lie courant régulier à croissance et investissements, promet un soutien conditionné à l’exécution et ouvre la porte à l’expertise d’entreprises américaines aujourd’hui.
La crise iranienne déclenche un effet dominos au Levant: Washington appelle la rue iranienne et menace de droits de 25% les partenaires de Téhéran. Gaza bascule dans l’urgence sous le froid et les restrictions d’aide. En Syrie, l’est d’Alep est déclaré « zone militaire fermée ». Au Sud-Liban, l’incident près de la FINUL multiplie les risques.
Beyrouth tente de préserver un équilibre entre Riyad, Paris et Téhéran alors que la région s’embrase. Des envoyés annoncés, avec une liste de dossiers déjà fixée, lient sécurité au Sud, Finul, soutien à l’armée et réformes. Le Liban est testé sur une parole unique, des actes visibles et une discipline de langage.
Au Liban, deux grammaires politiques se superposent: le discours d’État de Joseph Aoun, fondé sur une feuille de route, l’armée et des étapes, et le discours conditionnel du Hezbollah, qui exige d’abord arrêt des attaques, retrait, prisonniers et reconstruction avant toute discussion sur l’arsenal. La “protection” devient le juge de paix.
Accusée de ressusciter une « troïka », l’entente entre Baabda, Aïn el-Tiné et le Grand Sérail est présentée comme une simple coordination de travail. Joseph Aoun revendique un rôle d’arbitre, défend le dialogue avec Nabih Berri et Nawaf Salam, et relie cette méthode à des dossiers clés: législatives, réforme bancaire et sécurité.
Face à un chômage estimé à 38 % et à l’explosion du travail informel, l’État annonce une reprise en main du marché du travail via l’application stricte des permis, l’enregistrement obligatoire et des sanctions visant surtout les employeurs. Coordination Travail–Sûreté générale, régularisation encadrée et enjeu clé: récupérer cotisations et protéger la main-d’œuvre libanaise.
Une polémique relance les inquiétudes autour du terminal de stockage de Coral à Dora, à proximité de Bourj Hammoud. Les habitants redoutent les risques d’un incident industriel dans une zone urbaine dense. Coral et l’APIC assurent respecter les normes, tandis que les contrôles, l’urgence et l’impact environnemental restent interrogés.
Au Liban-Sud, des jugements récents sanctionnent des abus de prix concrets: tarification des générateurs et violation du prix officiel du poulet. Amendes élevées et publication des décisions visent la dissuasion. En parallèle, contrôles, saisies et plaintes via application ciblent promotions suspectes, contrefaçons et risques alimentaires.
À Akkar, le débordement du fleuve Kabir submerge terres et habitations agricoles, fragilisant en quelques heures des familles rurales déjà sous pression. Au-delà de la météo, l’événement révèle une urgence sociale: pertes de production, dettes, coûts de relèvement, infrastructures vulnérables et besoin de secours rapides pour éviter l’enlisement.
Au Loup Au Loup 🙂
Deux loups gris ont été filmés par des caméras pièges dans la vallée de Wadi Aoudin, à Akkar, une première depuis des décennies. L’observation relance l’intérêt pour la biodiversité libanaise, malgré braconnage et déforestation. Les écologistes y voient un signe de résilience des corridors forestiers du Nord au crépuscule, cette semaine.