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Sud-Liban : Salam accélère le retour dans six villages

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Le Premier ministre Nawaf Salam a demandé jeudi 20 août d’accélérer l’achat de logements préfabriqués et la réparation des habitations partiellement endommagées dans six localités du Liban-Sud. Le gouvernement cherche à permettre le retour des habitants à Froun, Qallawiyé, Srifa, Borj Qallawiyé, Zawtar al-Gharbiyé et Ghandouriyé, tout en rétablissant les services essentiels. Une aide financière destinée à couvrir les loyers doit également accompagner les familles concernées.

Le gouvernement libanais tente d’accélérer le passage de l’urgence au retour des habitants dans plusieurs villages du Sud. Nawaf Salam a présidé jeudi une réunion consacrée aux opérations de retour et de relèvement dans six localités affectées par les destructions et les déplacements de population.

La réunion s’est tenue en présence du président du Conseil du Sud, Hachem Haidar, du secrétaire général de la Haute Commission de secours, le général Bassam Nabulsi, et du directeur de la salle centrale des opérations de la présidence du Conseil, Zahi Chahine.

Les discussions ont porté sur Froun, Qallawiyé, Srifa, Borj Qallawiyé, Zawtar al-Gharbiyé et Ghandouriyé. Les autorités veulent y accélérer simultanément le retour des habitants et la remise en état des services essentiels.

La décision prise jeudi distingue plusieurs situations : les familles dont le logement est encore réparable, celles qui ont besoin d’une solution d’hébergement temporaire et celles qui doivent encore louer un logement en attendant de pouvoir regagner leur domicile. Cette approche montre aussi l’ampleur du défi : permettre le retour ne consiste pas seulement à reconstruire les bâtiments entièrement détruits.

Six villages au centre du dispositif de retour

Nawaf Salam a demandé aux organismes concernés d’accélérer les mesures nécessaires dans les six localités examinées lors de la réunion. L’objectif immédiat est de créer les conditions matérielles permettant aux habitants de revenir et de retrouver un minimum de services.

Le gouvernement ne fournit pas, à ce stade, de calendrier précis pour le retour de l’ensemble des familles. Il ne communique pas davantage de bilan détaillé du nombre de logements concernés dans chacune des six localités. La réunion fixe cependant plusieurs mesures opérationnelles qui doivent être engagées ou accélérées.

La première concerne les logements préfabriqués. Nawaf Salam a demandé au Conseil du Sud et à la Haute Commission de secours d’accélérer les procédures nécessaires à leur acquisition.

Ces unités doivent fournir une solution aux familles qui ne peuvent pas immédiatement réintégrer leur habitation. Elles ne constituent pas une reconstruction définitive des villages. Leur fonction est de réduire la durée du déplacement lorsque les maisons ont subi des dommages empêchant leur occupation à court terme.

Cette distinction est importante. Une unité préfabriquée répond à l’urgence du retour. La reconstruction définitive suppose ensuite des travaux plus lourds, des financements et une planification adaptée aux destructions constatées dans chaque village.

Les maisons réparables deviennent une priorité

Le Premier ministre a également demandé au Conseil du Sud de commencer les réparations dans les habitations qui n’ont pas été entièrement détruites.

Cette décision peut permettre d’accélérer le retour d’une partie des habitants sans attendre le lancement de programmes de reconstruction plus lourds. Une maison dont la structure demeure utilisable peut nécessiter des interventions sur les ouvertures, les installations électriques, la plomberie, les murs ou d’autres éléments endommagés avant d’être de nouveau habitable.

La logique consiste donc à traiter en priorité les logements susceptibles d’être remis en service rapidement.

Pour les pouvoirs publics, cette approche permet aussi de distinguer la phase de relèvement de la reconstruction complète. Les bâtiments entièrement détruits nécessitent des procédures, des moyens financiers et des délais différents. Les maisons partiellement endommagées peuvent, dans certains cas, permettre un retour plus rapide si les travaux sont engagés sans attendre.

Aucun montant global destiné à ces réparations n’a été annoncé à l’issue de la réunion. Le gouvernement n’a pas davantage précisé le nombre de logements qui pourraient bénéficier immédiatement de cette mesure.

La rapidité d’exécution dépendra donc des évaluations réalisées sur le terrain, des moyens du Conseil du Sud et de la capacité des organismes publics à engager les travaux dans les localités concernées.

Des aides au loyer pour accompagner les familles

Le troisième volet concerne les habitants qui ne peuvent pas encore retrouver leur logement. Nawaf Salam a demandé une coordination avec le ministère des Affaires sociales afin de fournir une aide financière destinée à couvrir les loyers des familles concernées.

Cette mesure répond à une difficulté immédiate du retour. Certaines familles peuvent souhaiter regagner leur village sans disposer encore d’une habitation utilisable. D’autres restent contraintes de louer ailleurs en attendant la réparation ou la reconstruction de leur maison.

Le soutien au paiement des loyers doit donc servir de mécanisme transitoire.

Le communiqué ne précise toutefois ni le montant des allocations, ni leur durée, ni les critères permettant d’en bénéficier. Ces éléments devront être définis par les administrations concernées avant que l’impact réel de la mesure puisse être évalué.

La combinaison entre logements préfabriqués, réparations et aides au loyer dessine néanmoins une politique à plusieurs niveaux. Elle reconnaît que toutes les familles déplacées ne se trouvent pas dans la même situation et qu’une réponse unique ne permettrait pas d’organiser leur retour.

Le retour dépend aussi des services essentiels

La réunion ne s’est pas limitée au logement. Les participants ont également examiné le rétablissement des services essentiels dans les six villages.

Ce volet est indispensable. Une habitation réparée ne suffit pas à permettre un retour durable si l’eau, l’électricité, les routes, les télécommunications ou les services publics restent fortement perturbés.

Le relèvement d’un village suppose donc plusieurs interventions parallèles. Il faut rendre les logements habitables, rétablir les réseaux, garantir l’accès routier et permettre aux commerces et services locaux de reprendre leur activité.

La question devient particulièrement importante lorsque les déplacements ont duré longtemps. Le retour d’une population ne dépend pas uniquement de la possibilité physique de dormir dans une maison. Il suppose également que les familles puissent retrouver une vie quotidienne, accéder aux écoles, aux soins et aux activités économiques.

C’est pourquoi la réunion présidée par Nawaf Salam a porté à la fois sur l’habitat et sur les infrastructures nécessaires à la reprise de la vie locale.

Du retour d’urgence à la reconstruction du Sud

Les mesures annoncées jeudi appartiennent encore principalement à la phase de retour et de relèvement. Elles ne constituent pas un programme global de reconstruction du Liban-Sud.

Cette différence permet de mesurer les priorités actuelles. Face à l’ampleur des besoins, les autorités cherchent d’abord à rendre habitables les structures qui peuvent l’être, à fournir une solution temporaire lorsque ce n’est pas possible et à soutenir financièrement les familles qui restent contraintes de louer.

La reconstruction complète intervient sur une autre échelle. Elle concerne les bâtiments totalement détruits, les infrastructures lourdes, les équipements publics et la remise en état durable des zones les plus touchées.

Elle nécessite également des ressources financières plus importantes. Le Liban cherche depuis plusieurs mois à mobiliser des soutiens internationaux et arabes pour accompagner cette phase, alors que ses propres finances publiques restent fortement contraintes.

La réussite des premières opérations de retour peut aussi influencer cette mobilisation. Des procédures capables d’identifier les bénéficiaires, d’attribuer les aides et de documenter les travaux constituent des éléments importants pour les bailleurs susceptibles de financer ultérieurement des programmes plus importants.

La sécurité reste la condition du retour durable

L’autre inconnue dépasse les capacités du Conseil du Sud ou de la Haute Commission de secours. La reconstruction et le retour restent liés à l’évolution de la situation sécuritaire.

Les opérations israéliennes continuent dans le Liban-Sud malgré les efforts diplomatiques engagés par Beyrouth pour obtenir leur arrêt et un retrait des secteurs encore occupés. Cette situation maintient une incertitude pour les populations qui souhaitent regagner durablement leurs villages.

La question est particulièrement sensible pour les investissements dans la reconstruction. Réparer une maison ou installer une infrastructure suppose que les travaux puissent être effectués sans interruption et que les équipements nouvellement installés ne soient pas de nouveau exposés à des destructions.

Le président Joseph Aoun a encore insisté jeudi, lors de ses rencontres au Vatican, sur ce lien entre sécurité et reconstruction. Il a demandé au pape Léon XIV et aux responsables du Saint-Siège de soutenir les demandes libanaises concernant l’arrêt des attaques israéliennes et un retrait complet des territoires libanais occupés.

Pour les autorités libanaises, le retrait doit permettre la reconstruction et le retour des déplacés. La réunion présidée par Nawaf Salam montre toutefois que le gouvernement tente de commencer certaines opérations sans attendre un règlement complet du dossier sécuritaire.

Six villages comme premier test

Froun, Qallawiyé, Srifa, Borj Qallawiyé, Zawtar al-Gharbiyé et Ghandouriyé deviennent ainsi un test concret de la capacité de l’État à organiser le retour.

Le premier indicateur sera la vitesse d’acquisition et d’installation des logements préfabriqués. Le deuxième concernera le nombre de maisons partiellement endommagées effectivement réparées. Le troisième sera le versement des aides au loyer annoncées pour les familles qui en ont besoin.

Il faudra également mesurer le rétablissement des services essentiels et surtout le nombre d’habitants capables de revenir durablement.

Ces critères permettront de distinguer les annonces administratives des résultats obtenus sur le terrain. Le gouvernement a fixé jeudi les tâches aux organismes concernés. Leur exécution déterminera si les premières opérations peuvent ensuite être étendues à d’autres localités du Sud.

Pour les habitants, l’enjeu reste beaucoup plus immédiat : disposer d’un toit, retrouver les services indispensables et pouvoir revenir dans leur village sans devoir repartir quelques semaines plus tard. C’est désormais sur la rapidité des achats, des réparations et du versement des aides que la décision prise à Beyrouth devra se traduire dans les six localités concernées.

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Newsdesk Libnanews
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