Les coupures EDL touchent désormais les télécommunications. Ogero a annoncé, lundi 2 novembre au soir, que plusieurs centres téléphoniques avaient perdu leur alimentation électrique publique. L’opérateur a averti d’un risque d’interruption du téléphone fixe et d’Internet, alors que le ministère des Télécommunications affirme avoir transmis des millions de dollars de factures aux Finances pour règlement.
Le bras de fer sur les impayés des administrations franchit ainsi une nouvelle étape. Il ne concerne plus seulement les relations comptables entre organismes publics : il menace un service utilisé quotidiennement par les ménages et les entreprises. Il faut toutefois distinguer deux situations. Ogero a confirmé la coupure de l’alimentation fournie par Électricité du Liban, pas une interruption générale des communications dans toutes les zones citées.
Coupures EDL : dix-sept localités citées par Ogero
La liste communiquée par Ogero comprend Antélias, Bikfaya, Mazraat Yachouh, Aarabniyé, Sin el-Fil, Dora, Baskinta, Bteghrine, Saïda, Sofar, Hammana, Aley, Zouk, Jounieh, Batroun, Abrine et Kfarhelda. Ces dix-sept noms désignent les zones où se trouvent les centres concernés. Ils ne constituent ni un bilan des abonnés privés de connexion ni le décompte de pannes Internet constatées.
Selon l’opérateur, les installations touchées fonctionnent entièrement sur groupes électrogènes. Cette solution permet de maintenir les services, mais Ogero prévient que leur continuité pourrait être affectée. Il indique que ses équipes techniques cherchent à préserver le fonctionnement du réseau, tandis que le ministère des Télécommunications intervient auprès du ministère de l’Énergie et d’EDL pour rétablir l’alimentation.
L’alerte porte donc sur la fragilité du fonctionnement de secours. Le communiqué ne fournit pas de durée d’autonomie, de stock de carburant ni de nombre d’abonnés exposés. Aucun de ces éléments ne permet, à ce stade, d’annoncer une heure à laquelle les connexions cesseraient de fonctionner.
Des factures transmises, pas une preuve de paiement reçu
Dans un communiqué diffusé le 2 novembre, le ministère des Télécommunications affirme avoir adressé aux Finances les factures reçues, vérifiées et liquidées selon les procédures, pour 5,199 millions de dollars. Il mentionne séparément 1,275 million de dollars de factures à régler au moyen d’une avance du Trésor prévue par le décret 12816.
Le ministère précise que certaines factures de 2023 et 2024 restent liées à une demande de transfert de crédits présentée aux Finances le 13 juillet 2026. Il invoque l’insuffisance des crédits prévus dans les budgets antérieurs. Il assure également qu’Alfa, Touch et Ogero règlent régulièrement leurs factures, sans retard.
Cette réponse met en évidence un désaccord qu’il reste à documenter abonnement par abonnement. Les montants annoncés concernent les dossiers évoqués par le ministère : ils ne peuvent pas être présentés comme la dette d’Ogero. Surtout, transmettre une facture aux Finances ne prouve pas que le paiement correspondant a été exécuté puis enregistré par EDL.
La continuité du service au milieu du conflit comptable
EDL avait annoncé le lancement, le 2 novembre, des coupures visant les administrations et municipalités n’ayant pas réglé leurs consommations. Le premier communiqué ne détaillait pas les sites effectivement privés d’électricité. L’annonce d’Ogero apporte désormais une identification concrète d’installations touchées et de services potentiellement exposés.
Deux exigences se retrouvent face à face : le recouvrement des recettes d’un fournisseur public et la continuité d’un autre service public. Faire fonctionner les centraux sur des générateurs ne règle pas le différend financier. Cela déplace provisoirement la contrainte vers une alimentation de secours, dont Ogero lui-même souligne les limites possibles.
Pour les abonnés, la clarification attendue est pratique : quels centres ont retrouvé l’électricité, lesquels restent sur générateurs et où des perturbations ont-elles effectivement été constatées ? Les éléments consultés pour cet article ne permettent pas d’établir un bilan de rétablissement ni de quantifier des interruptions de téléphone ou d’Internet. L’avertissement d’Ogero ne doit pas être transformé en annonce d’une panne généralisée.
Couverture : siège d’Électricité du Liban à Beyrouth, archive du 17 août 2008. Photo : Philippe48 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0. Recadrage, redimensionnement et habillage Libnanews ; composition sous la même licence. Il s’agit du siège d’EDL, pas d’un centre Ogero ni d’une photographie des coupures actuelles.


Commentaires