Le projet de remise en service de l’aéroport René-Moawad de Qlayaat, dans le Akkar, entre dans une nouvelle phase. Sky Lounge Services, chargée des travaux de développement et d’exploitation, annonce viser un début d’exploitation partielle à la fin d’octobre 2026. Le terminal a été agrandi de 2 000 à 4 700 mètres carrés et sa structure principale est désormais achevée. Les travaux intérieurs, les équipements électromécaniques et la préparation de la piste doivent encore progresser avant l’accueil des premiers passagers.
La réactivation de l’aéroport de Qlayaat commence à prendre une forme concrète dans le nord du Liban. Dans un état d’avancement publié le 19 août, Sky Lounge Services fait état de progrès simultanés sur le terminal, les équipements techniques et la préparation des travaux concernant la piste.
L’entreprise maintient surtout un objectif qui permettra de mesurer rapidement l’avancement réel du projet : une exploitation partielle à la fin du mois d’octobre. L’ouverture complète interviendrait ultérieurement, après l’achèvement des travaux et des exigences opérationnelles restantes. Aucune date précise n’est encore annoncée pour cette seconde étape.
Le calendrier reste donc serré. En un peu plus de deux mois, il faudra poursuivre l’aménagement intérieur du terminal, installer les équipements nécessaires, avancer sur la piste et obtenir la préparation opérationnelle indispensable à l’accueil de vols. L’ouverture partielle annoncée ne doit ainsi pas être confondue avec la mise en service définitive de toutes les capacités prévues.
Le terminal de Qlayaat passe de 2 000 à 4 700 m²
Le changement le plus visible concerne le bâtiment des passagers. Sa superficie, initialement prévue à 2 000 mètres carrés, a été portée à 4 700 mètres carrés, soit une extension de 2 700 mètres carrés.
Selon Sky Lounge Services, cette modification répond notamment aux besoins exprimés par les services de sécurité et les organismes chargés de l’exploitation de l’aéroport. L’espace supplémentaire doit permettre d’installer davantage d’équipements et d’améliorer la circulation des passagers.
Le projet prévoit notamment une augmentation du nombre d’appareils de contrôle à rayons X. Le nouveau dimensionnement doit aussi permettre de traiter simultanément davantage de voyageurs et de réduire les contraintes liées aux contrôles et aux différentes étapes précédant l’embarquement.
Cette extension est significative pour un projet initialement conçu autour d’une infrastructure relativement réduite. Elle montre que les besoins opérationnels ont été réévalués au fur et à mesure de la préparation de la remise en service.
Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, de déterminer la capacité annuelle future de l’aéroport. Sky Lounge Services ne communique dans son annonce ni prévision de trafic annuel, ni nombre de mouvements quotidiens, ni liste de compagnies aériennes appelées à utiliser Qlayaat.
Ces données seront déterminantes pour mesurer l’importance réelle du deuxième point d’entrée aérien envisagé pour le pays.
La structure principale du bâtiment est achevée
Sur le chantier, le terminal a désormais atteint sa forme structurelle finale. La charpente métallique latérale et celle de la toiture ont été installées.
Cette étape ne signifie pas que le bâtiment est terminé. Les travaux doivent maintenant porter sur sa fermeture complète, les sols et les différentes finitions nécessaires avant son utilisation.
Les travaux électromécaniques ont également été attribués. Ils comprennent les installations indispensables au fonctionnement d’un terminal, même si l’entreprise n’a pas fourni dans son communiqué le détail des équipements concernés ni leur calendrier d’installation.
L’avancement simultané de ces différents lots doit permettre de préparer l’ouverture partielle annoncée pour octobre. À cette échéance, seules les infrastructures et fonctions nécessaires à cette première phase devront être opérationnelles. Les travaux pourront continuer parallèlement jusqu’à la mise en service complète.
Cette organisation par étapes permet d’accélérer le retour d’une activité aérienne à Qlayaat sans attendre nécessairement l’achèvement de l’ensemble du projet.
Elle impose cependant une coordination étroite entre chantier et exploitation afin que les travaux restant à réaliser ne perturbent pas les opérations déjà ouvertes aux passagers.
Les travaux sur la piste constituent la prochaine étape
Le terminal n’est qu’une partie des infrastructures nécessaires au fonctionnement d’un aéroport. Sky Lounge Services annonce désormais le début des préparatifs concernant les travaux d’équipement de la piste.
Ce volet sera particulièrement important pour déterminer la nature des opérations pouvant être accueillies à Qlayaat.
Une piste destinée à recevoir des vols commerciaux doit répondre à des exigences techniques et de sécurité concernant notamment son état, son balisage, les équipements nécessaires aux mouvements des appareils et les procédures permettant leur exploitation.
Le communiqué ne fournit pas encore de détail sur l’ampleur des interventions prévues ni sur leur calendrier précis. Il indique seulement que les préparatifs commencent afin de renforcer la disponibilité opérationnelle de l’aéroport.
La progression de ces travaux devra donc être suivie séparément de celle du terminal. Un bâtiment passagers peut être prêt sans que l’ensemble des infrastructures aéronautiques soit encore autorisé à fonctionner à pleine capacité.
C’est aussi pour cette raison que la compagnie parle d’abord d’une exploitation partielle.
Plusieurs administrations impliquées dans la remise en service
La réactivation de Qlayaat nécessite également une coordination entre plusieurs institutions publiques. Sky Lounge Services indique travailler avec le ministère des Travaux publics et des Transports, le ministère de l’Intérieur et des Municipalités, la Direction générale de l’aviation civile et les services de sécurité concernés.
Cette coordination est indispensable pour organiser les différentes fonctions d’un aéroport international : aviation civile, sûreté, contrôles des passagers et gestion des flux.
Le développement physique de l’infrastructure ne constitue donc qu’une partie du processus. Les autorités doivent parallèlement préparer les personnels, les procédures et les équipements nécessaires au fonctionnement du site.
L’augmentation de la superficie du terminal en réponse aux besoins des organismes sécuritaires illustre déjà cette interaction entre construction et exploitation.
Le véritable test de la date annoncée pour octobre ne sera ainsi pas uniquement l’achèvement visible des bâtiments. Il sera la capacité de toutes les administrations concernées à fonctionner simultanément dès l’arrivée des premiers vols.
Qlayaat doit créer une deuxième porte aérienne pour le Liban
La remise en service de l’aéroport René-Moawad possède une portée qui dépasse le seul Akkar. Le Liban dépend actuellement de l’aéroport international Rafic-Hariri de Beyrouth pour l’essentiel de son trafic aérien commercial.
La réactivation de Qlayaat doit introduire une deuxième infrastructure capable d’accueillir une partie de cette activité.
Cette diversification possède un intérêt économique. Un aéroport dans le nord peut améliorer l’accès au Akkar, à Tripoli et plus largement au Liban-Nord. Il peut également créer de nouvelles possibilités pour le transport de passagers et, selon les capacités qui seront développées ultérieurement, pour d’autres activités aériennes.
Elle possède aussi une dimension stratégique. La dépendance envers un seul grand aéroport rend l’ensemble du trafic aérien libanais vulnérable à toute perturbation affectant Beyrouth. Les différentes crises sécuritaires traversées par le pays ont régulièrement rappelé cette faiblesse.
Qlayaat ne pourra toutefois jouer ce rôle qu’en fonction de ses capacités réelles, des certifications obtenues, des compagnies qui accepteront de le desservir et de la fréquence des vols proposés.
L’ouverture d’un terminal ne suffit pas à créer un deuxième pôle aérien. Celui-ci doit disposer d’un trafic suffisamment régulier pour devenir économiquement et opérationnellement durable.
Une infrastructure particulièrement attendue dans le Nord
Pour le Akkar et Tripoli, la réouverture possède une autre dimension. Le Nord réclame depuis longtemps une meilleure intégration aux grandes infrastructures nationales et une réduction de la concentration des activités autour de Beyrouth.
Un aéroport opérationnel peut générer une activité directe autour du transport, de la maintenance, de la sécurité et des services aux voyageurs. Il peut également favoriser les activités commerciales situées autour de l’infrastructure.
Ces effets restent toutefois à mesurer. Aucun chiffre officiel n’est fourni dans l’annonce du 19 août concernant le nombre d’emplois attendus, les investissements privés susceptibles d’accompagner l’ouverture ou les retombées économiques prévues pour le Akkar.
Il serait donc prématuré de quantifier l’impact régional.
La première conséquence concrète sera plus simple : permettre à des passagers de partir ou d’arriver directement dans le nord du pays sans passer systématiquement par l’aéroport de Beyrouth.
L’ampleur de cet avantage dépendra ensuite du réseau de destinations proposé.
Les compagnies et les destinations restent l’inconnue principale
Les compagnies aériennes deviennent le prochain test
La remise en service de Qlayaat ne repose pas seulement sur l’achèvement du terminal et de la piste. Elle dépend désormais de la capacité du nouvel aéroport à attirer des compagnies capables d’y installer des liaisons régulières.
Une première compagnie s’est déjà publiquement positionnée. Mada Airways a indiqué en juin vouloir figurer parmi les premiers transporteurs à commencer leurs opérations depuis Qlayaat. Son directeur général, Imad Raad, avait affiché cet engagement lors du lancement de la phase exécutive du projet.
Le gouvernement a parallèlement préparé le cadre réglementaire. Le 9 juillet, le Conseil des ministres a approuvé une demande du ministère des Travaux publics et des Transports concernant l’octroi de licences pour des services réguliers de transport aérien à l’aéroport René-Moawad.
Le ministre Fayez Rasamny a également indiqué que son ministère travaillait à attirer plusieurs compagnies à bas coûts, avec l’objectif de relier Qlayaat à des destinations régionales et internationales. Aucun ensemble définitif de transporteurs ni de destinations n’a cependant encore été officiellement annoncé.
Cette nuance est essentielle. L’intérêt de Mada Airways et les contacts avec des compagnies low-cost montrent que la préparation commerciale de Qlayaat a commencé. Ils ne permettent pas encore de considérer qu’un réseau aérien complet est constitué.
Le prochain indicateur sera donc la publication des premières lignes régulières : compagnies retenues, destinations, fréquences, horaires et date effective de commercialisation des billets.
Fayez Rasamny a annoncé en juillet que le premier appareil devait décoller de Qlayaat en octobre. Sky Lounge Services vise désormais une exploitation partielle à la fin de ce même mois. Si ce calendrier est tenu, les prochaines semaines devront nécessairement apporter des précisions sur les transporteurs qui inaugureront réellement la nouvelle plateforme.
Fin octobre devient le premier test
Les prochaines semaines permettront de mesurer si le calendrier annoncé peut être tenu. Plusieurs indicateurs seront particulièrement importants : fermeture complète du terminal, progression des sols et finitions, installation des équipements électromécaniques, mise en place des dispositifs de sûreté et avancement des travaux liés à la piste.
Il faudra ensuite connaître les autorisations opérationnelles obtenues et surtout les premières compagnies prêtes à desservir l’aéroport.
Sky Lounge Services affirme poursuivre les travaux sur l’ensemble de ces axes avec l’objectif de lancer l’exploitation partielle à la fin octobre tout en continuant les interventions nécessaires à l’ouverture complète.
La réactivation de Qlayaat passe ainsi d’un projet longtemps discuté à une échéance désormais mesurable. Le chantier a un terminal agrandi et une structure achevée ; il lui reste à transformer ces bâtiments en aéroport effectivement capable d’accueillir des avions et des passagers dans un peu plus de deux mois.



