À moins d’un mois d’une échéance fixée pour le 1er décembre 2026, Anjar revient dans le calendrier du patrimoine libanais. Le Liban doit transmettre un rapport actualisé sur la conservation de la cité omeyyade de la Békaa. Cette demande figure dans une décision adoptée en 2025. Elle invite à regarder le site au-delà de ses colonnades : entretien des vestiges, protection du paysage et examen des projets forment un même dossier.
Ce rendez-vous concerne un ensemble inscrit au patrimoine mondial depuis 1984. Il ne correspond ni à une nouvelle inscription ni à l’annonce d’un chantier achevé. À Anjar, la prochaine étape documentaire doit permettre de préciser l’état du bien et les mesures prises pour le conserver. Les documents antérieurs offrent un point de comparaison, à condition de respecter leur date.
Anjar : un rapport attendu le 1er décembre
La décision de 2025 demande aux autorités libanaises de poursuivre leurs efforts avec leurs partenaires locaux et internationaux. Elle rappelle aussi que les projets susceptibles d’affecter la valeur patrimoniale du site doivent être présentés pour examen. Cette démarche intervient avant toute décision pouvant produire des effets irréversibles.
Le même texte prend acte de l’assurance donnée par le Liban selon laquelle les hostilités de 2024 n’avaient pas endommagé le bien. Ce constat concerne cette période précise. Il ne constitue pas une expertise sur place datée de novembre 2026. Le bilan demandé doit justement apporter des informations actualisées, plutôt que prolonger automatiquement une appréciation ancienne.
Une ville dont le plan est lui-même un patrimoine
Fondée sous le califat de Walid Ier, au début du VIIIe siècle, Anjar occupait un carrefour commercial intérieur. Les routes de Beyrouth à Damas et de Homs à Tibériade se croisaient dans cette partie de la Békaa. La cité conserve un plan organisé autour de deux axes qui divisent l’espace en quatre secteurs.
Le grand palais et la mosquée occupent le secteur sud-est. Les bains et les petits palais se trouvent au nord-est. L’enceinte, ponctuée de quarante tours, encadre cette organisation. Les vestiges montrent aussi le réemploi d’éléments antiques dans une architecture de l’époque omeyyade.
L’intérêt du site tient donc aux relations entre ses constructions autant qu’à chaque monument. Une rue, une porte ou un réseau d’évacuation participe à la compréhension de la ville. Préserver cet ensemble demande de conserver les parcours et les perspectives qui rendent son organisation lisible.
La protection se joue aussi autour des murailles
Le résumé du rapport libanais transmis en 2025 mentionne la coopération avec la Direction générale de l’urbanisme. Il renvoie à des règles de zonage établies en 2004 pour encadrer les abords de l’ancienne ville. Cette dimension urbaine est essentielle : une intervention extérieure peut modifier la manière dont on perçoit les vestiges.
Le document présente également les protections nationales applicables au bien. À la date de sa rédaction, il ne signalait pas de grands travaux de restauration dans le site ou ses zones de protection. Cette indication décrit la situation déclarée alors. Elle ne permet pas d’affirmer qu’aucune opération n’a été engagée depuis.
Pour le lecteur, cette distinction évite une confusion fréquente entre le statut d’un lieu et son état matériel. La reconnaissance patrimoniale établit son importance. Le suivi de conservation renseigne sur les interventions, les besoins et l’évolution de son environnement.
La pluie, le gel et l’entretien des maçonneries
Le rapport périodique du troisième cycle décrit un travail moins spectaculaire que la restauration d’une grande colonnade. La protection des parties supérieures des murs vise à limiter l’infiltration de pluie. Elle doit aussi réduire la dégradation des pierres liée au gel et aux variations de température.
Ce document ancien évoque également la consolidation des structures fragiles et la préparation du personnel à des interventions rapides. Documentation et mise en sécurité des éléments du site figurent dans ces orientations. Ces indications éclairent les méthodes envisagées ; elles ne prouvent pas leur réalisation complète en 2026.
Le même exercice relevait des besoins de formation, de recherche et d’accueil des visiteurs. Il constitue un état de référence utile pour mesurer des progrès. Une comparaison sérieuse doit cependant s’appuyer sur de nouvelles données, et non présenter ses réponses comme une photographie de la situation actuelle.
Ce que le prochain bilan permettra de préciser
Le dossier public d’Anjar rassemble des informations de nature différente : description du bien, rapports nationaux et décisions de suivi. Leur lecture croisée montre pourquoi la date d’un document compte autant que son contenu. Un projet annoncé, une règle d’urbanisme et une intervention exécutée ne décrivent pas le même résultat.
Le rapport attendu pourra notamment éclairer les suites données aux mesures de conservation et la gestion du cadre paysager. Pour cette cité de la Békaa, l’échéance du 1er décembre 2026 doit apporter un point actualisé sur la préservation des vestiges et les projets qui les concernent.
Sources et références
- Comité du patrimoine mondial, décision adoptée 47 COM 7B.173, 2025.
- Centre du patrimoine mondial, Anjar : présentation et valeur universelle exceptionnelle.
- Liban, résumé du rapport sur l’état de conservation transmis en 2025.
- Rapport périodique du troisième cycle, section II : Anjar, document de référence antérieur à 2026.
- Photographie d’archives : François El Bacha pour Libnanews.com, axes de la cité d’Anjar. Couverture éditoriale réalisée à partir de cette photographie ; elle ne constitue pas un constat de l’état du site en novembre 2026.


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